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 Brevet Alpin Cyclotouriste en trike QNT

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rouedevelo
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MessageSujet: Brevet Alpin Cyclotouriste en trike QNT   Sam 25 Juil 2009, 12:48

L’épreuve du Brevet Alpin Cyclotouriste, je l’ai inscrite sur le calendrier sous réserve de réaliser en 2009 la série des Brevets Randonneurs Mondiaux qualificatifs d’un Paris Brest Paris (en attendant 2011 pour démystifier et apprendre).
Le programme est réussi - 15/20 en tactique, 20/20 en santé, et 18/20 en tourisme … voir mon coach pour plus de détails si ce n’est pas ‘clair’. Début juillet je m’y inscris.
N’habitant pas loin de Vizille, mon frère Pascal et ma belle sœur Delphine m’ont fait avaler sans aucune difficulté un super plat de pâtes fraiches avec des champignons la veille au soir.
Je suis donc un participant super ému en laissant mon frère (un lève tôt) sur la ligne de départ de Vizille (ce BAC vous l’aurez compris est une occasion de passer une partie de la semaine en famille et de faire un retour aux sources).
6h40 : 10 minutes de retard tout de même (mais ce n’est pas ma faute, un petit café offert par l’organisation ne se refuse pas) le but de cette aventure est de passer le Galibier avant 18h et ma feuille de route m’indique 42 minutes pour les aléas donc je peux espérer y parvenir.
C’est parti, devant j’aperçois 2 vélos, c’est frais humide mais c’est la fête dans ma tête.
Je roule depuis 15 minutes et la pluie fait son apparition … depuis un an c’est la première fois que je vais rouler vraiment mouillé ! (baraqua ou poisse ?)…
Donc je me change complètement … tout nu sous des vêtements à séchage rapide (pantalon chemise) avec des sur-sandalettes ultra légères et la super veste de pluie de la Fédération Française de Cyclo Tourisme … la question du jour : vais-je avoir froid ?
Je constate que la trombe d’eau est chaude et puis j’ai trop l’envie de faire le passage Lautaret Galibier, vous savez ce bout de route qui garde mes souvenirs d’il y a 40 ans avec les copains (euh j’commence une psychanalyse ou quoi ?)
En partant tôt je sais que je vais me faire dépasser toute la journée et effectivement c’est magique de voir les vélos arriver dans les rétros puis de les voir passer devant après un petit échange amical pour la plus part d’entre eux.
Première montée en prenant la direction de Bons en Oisans, là c’est la pluie qui s’efface et laisse place à la forêt, à quelques lacets et à de bons raidillons … Que c’est bon aussi d’avoir quitté la grande route sur laquelle je me suis pris des paquets d’eau à chaque passage de véhicule … énorme contraste de bruit, de couleurs et d’odeurs …
Super, les premiers cyclos debout sur les pédales qui remplissent mes rétros et me rattrapent dont une silhouette orange qui m’dit quelque chose : mais oui c’est bien « la crevette » du club Association Cyclotouriste Hérouvillaise (14), Véronique ! toujours facile qui me dépose après nous être souhaités mutuellement une bonne journée … (habituellement j’essaie de la suivre mais ici la côte n’a pas de fin et puis j’suis à 4kms/h, Véro a tenu 300m à cette vitesse, bravo)
Cinq cent mètres plus loin je constate une perte de rendement, zut une crevaison roue arrière dans une forte pente, le tricycle veut redescendre sans moi, donc je le place en travers de la route étroite et change la chambre à air avec l’aide du motard xxx BRE 59 … merci ce fut plus facile … puis je recharge les sacoches et bien sur ce qui doit arriver arrive : les deux seules voitures viennent se croiser ici … ce qui va agacer à juste titre un ‘BAChelier’ dans l’obligation de mettre pied à terre (à la réflexion il aurait pu faire du sur place mais parait que c’est pas si simple … en tricycle oui … je plaisante mais pas toujours facile de décliquer une pédale dans l’urgence … ouf il est trop fort pas de chute) … s’ensuit une remarque polie/désobligeante de sa part … et si je suis resté cool c’est parce que … (euh j’poursuis une psychanalyse ou quoi ?)
L’épreuve est bien lancée, 1ère descente très rapide jusqu’au lac de Chambon, coût de tampon puis ravitaillement, sympa le thé chaud et aussi retrouver et papoter avec Véronique qui égale à elle-même pratique la photographie à ses moments perdus (une info des bénévoles qui caillent, le contrôle suivant est au col du Lautaret car le Galibier est fermé, on parle d’une navette en bus pour basculer sur Valloire)
Ma feuille de route prévoit 30 minutes aux ravitos mais moins de 15 vont suffirent à me refroidir donc c’est reparti … zut la route est de nouveau encombrée de véhicules et dans les deux sens.
Par bonheur cette ‘autoroute’ monte (va bien y avoir une descente hein) et si je suis resté cool c’est que c’est la seule voie proposée aux organisateurs (mon éducation m’impose d’être compréhensif).
Quelques motards jouent avec leurs pots dans les tunnels et si je reste cool c’est que je veux voir le Galibier sous la neige (fini la psychanalyse maintenant il n’y a plus aucun doute dans mon esprit)
Vers La Grave le ciel se déchire, vue superbe côté rive gauche de la tumultueuse Romanche, vue bouchée côté rive droite, les nuages me tombent sur la tête et j’aperçois la neige et la Meije.
Jusqu’au Lautaret le spectacle est dans la nature avec toutes ces bicyclettes dans ce panorama.
Il va de soi que j’ai déjà englouti plus d’un paquet de figolus et beaucoup d’eau donc j’adapte mes arrêts à ma physiologie plutôt qu’à ma feuille de route. Je suis surpris de l’avance importante acquise au Lautaret (2h), l’explication c’est la force du vent considérable en côte que j’ai dans le dos depuis le départ et des arrêts très courts pour ne pas refroidir.
Ravitaillement à l’abri du vent dans le campement de l’organisation, j’ai tout mon temps et j’ai la dalle et toujours du thé chaud (super sympa). Au final le chasse neige a pu passer et le Galibier est ouvert ! Le ciel est devenu clément, nuages et soleil se battent et je trouve la température correcte (j’suis frigoriste). Je ne m’approche pas du tricycle pour éviter l’avalanche de questions (il y a du monde) et je regarde émerveillé les lacets et les champs enneigés, jusqu’en haut j’aperçois des cyclistes, j’me dis que je vais y aller, que j’dois y aller, j’y vais … ma feuille de route prévoit 2 heures pour 8kms … il m’en reste 3h15 (quel bonheur, vive le tricycle, je suis en pleine forme).
J’y suis, je roule à 4kms/h et même 3,5 parfois, des cyclos devant, derrière, à côté … on me dépasse à peine plus vite maintenant mais je fournis toujours le minimum c’est carrément grisant de suivre les petits murs de neige laissés par le chasse neige. Je la touche des doigts.
Le visage est rafraichi par les grains de neige soulevés par le vent, plus agréable que les grains de sable sur mes plages. Le paysage est grandiose, je suis complètement à l’aise calfeutré derrière mon siège en coque et les sacoches qui font office de pare-vent. J’ai une pensée pour les cyclistes qui doivent avoir froid avec ce vent violent et glacial dans le dos.
Ah un cycliste que je dépasse, en fait il n’utilise pas son plus court rapport, il le passe et me suit : environ 5 minutes de discussion sympa, dans les rétros je vois que ça tourne carré. Pas de problème il reste 2kms de montée et même à pied je pense qu’il le réussira le BAC.
C’est aussi peu après que je suis la cible d’un photographe sur la gauche et d’un fun club sur la droite, j’entends que l’on me parle mais il y a un tel vent de face (et oui ça arrive) que je comprends rien mais je ressens de la déception dans l’intonation ce qui provoque en plus d’une envie de chocolat l’arrêt 20m plus haut (après avoir indiqué bien sur ma manœuvre au groupe de cycliste sur le point de me doubler).
Le temps de descendre de mon véhicule et les présentations sont faites. Nous sommes membres de l’Association Française de Bent (oui je sais le mot ne l’est pas). Excellent, et comme je suis en avance nous allons pouvoir discuter et faire connaissance !
‘ChriChri’ accompagnée de Mimi85 sont frigorifiés. Debout la température ressentie est franchement négative, je me cache derrière Michel (qui tremble) tout en discutant de de de … vélos, le thème du jour le ‘Baron’ que nous avons en commun. Michel pense à un ‘lynx’ pour Christine et je n’ai pas pu m’empêcher de lui recommander un tricycle, allez donc savoir pourquoi ?
N’empêche que si je ne veux refroidir plus, va falloir repartir, à bientôt. Dernière séance de photos et d’encouragements (merci c’est agréable) et départ avec les cyclistes qui roulent debout plein vent … j’ai oublié de manger du chocolat dans tout ça.
M’y voilà, je me trouve dans le passage où des excellents souvenirs sont accrochés, j’ai les yeux mouillés par l’émotion, je n’éprouve pas le besoin de faire un arrêt. A ce stade le projet est une complète réussite (psychanalyse off).
Le tunnel est en vue, la dernière fois que j’ai passé le Galibier à vélo les lacets n’existaient pas. D’ailleurs ils sont fermés pour raison climatique. Encore un gain de 30 minutes gratis sur la feuille de route. Je dépasse la file de voiture et même les cyclistes en attente. Feu vert pour le franchissement du tunnel … et me voilà dedans … et je tire une bourre … et de la neige sur la route juste à la sortie … et je ne perds pas l’équilibre (facile) … et je débouche côté Maurienne … et je dévale les pentes du Galibier avec des dépassements sans interruption ou presque des enfilades de cyclistes multicolores … et c’est que du pilotage … et c’est sans effort aucun et la vue est géniale … et le virage de Plan Lachat, des applaudissements de cyclos qui doivent halluciner et un grand cri ‘YES’ de joie intense qui m’échappe sans contrôle tout en contrôlant la sortie de la courbe. La suite moins pentue donc un peu moins rapide et des groupes de cyclos qui arrivent dans leurs hôtels.
Valloire, la température est remontée. Je remplace ma chemise par une sèche, j’enfile mon collant de jogger sous le pantalon, je garde ma chaleur sous la polaire, je mange la tablette de chocolat, je bois un maximum, j’entends frapper ? qui c’est ? Au-dessus de moi des personnes qui montent par la télécabine et qui frappent aux carreaux pour m’indiquer sans doute que faire pipi ici c’est … ?
Un coup de fil à mon frère d’Albane pour tenter un contact visuel, s’ensuit ce message :
« Samedi 18 à 16h57 » (que me dit une dame)
« T’es en train de passer devant le transformateur dans la montée du col du télégraphe, on est en train avec Marie-Pierre de te regarder aux jumelles, on a bien vu ton fanion, on a attendu un bon moment, il y a des voitures qui sont en train de te passer devant, y a un groupe qui te rattrape, continue bien et à ce soir. » (que me dit mon frère)
Citation : Frérot a dit : ‘on a attendu un bon moment’
Explication : effectivement 2ème crevaison un peu avant la vue directe d’Albane, ce coup-ci au soleil et avec toute la place sur le bas côté.
Le groupe qui me rattrape se fait avaler dans la descente dès les 1ers 500m, ensuite c’est de nouveau du pilotage fun, des dépassements … Même plusieurs voitures, bref une routine.
Arrivée 17h30 chez ma sœur et mon beau-frère de ST Michel, juste le temps de changer de chaussures et remplir une gourde et hop je suis en voiture. But : accompagner Guy qui va chercher Noëlle à St Julien. Une petite tranche de vie !
De super retrouvailles, une bonne soirée, une bonne nuit, le tricycle quant à lui dort dans le salon … c’est vrai qu’il a eu froid toute la journée.
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jeanpba
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MessageSujet: Re: Brevet Alpin Cyclotouriste en trike QNT   Sam 25 Juil 2009, 14:27

salut rouedevelo

superbe récit, mais tu ne vas pas nous laisser en plan à Saint Jean de Maurienne ! Raconte nous la suite !
a+
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MessageSujet: Re: Brevet Alpin Cyclotouriste en trike QNT   Sam 25 Juil 2009, 22:33

Serge !!!

Mon genou fumant ne me permettant plus "d'efforts forts", mais réclamant du moulinage sur de bonnes distances pour garder la musculature qui le soulage efficacement, si tout va bien attends toi à revoir bientôt ma trogne dans ton rétro
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Roger 17
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MessageSujet: Re: Brevet Alpin Cyclotouriste en trike QNT   Sam 25 Juil 2009, 23:14

Merci pour ce super compte rendu poético /technique, s’am fais rêver (et j’adore rêver)

Mais dis donc ce qu’un QNT peut faire un Speed le peut surement aussi

Bonne route
Roger
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MessageSujet: Re: Brevet Alpin Cyclotouriste en trike QNT   Dim 26 Juil 2009, 00:56

Salut Roger ! On change de trottoir et comm' on s'retrouve...

Bien sûr qu'un Speed le peut si le manipulateur le veut.

Et puis quand tu vois des cyclos chargés comme des baudets mouliner leur 28 (ou 26 )x32 dans des montées comme le col Agnel, et avec le sourire, no problème
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Mimi85
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MessageSujet: Re: Brevet Alpin Cyclotouriste en trike QNT   Dim 26 Juil 2009, 09:49

Salut,

Je suis rentré des Alpes cette nuit et m'empresse de mettre les photos prises le 18 juillet dans la montée du Galibier. Je n'étais que spectateur après m'être dégonflé!

Grâce à rouedevélo, simon et bentoline j'ai partagé un peu de leur émotion dans ce paysage dantesque le matin et si beau lorsque le soleil est revenu.

Heureux également d'avoir faire la connaissance de Jean-Louis le lendemain du BRA au Lautaret.

Bravo à ceux qui ont bravé le froid du Galibier!

Michel

http://picasaweb.google.fr/MichelVC85/BRA2009?authkey=Gv1sRgCLj_ia_4md2Q7AE#
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rouedevelo
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MessageSujet: Re: Brevet Alpin Cyclotouriste en trike QNT   Dim 26 Juil 2009, 16:09

4h30 un réveil identique à la veille, complètement excité dans le cerveau, habituellement le boulot ne me fait pas cet effet. Je patiente sagement au lit parce que Guy Noëlle font des bruits bizarres et je sais que Guy se réveil spontanément vers 5h00. Je revois les plus belles images et temps forts de la veille. Guy bouge dans la cuisine, il se réveil à 04h57 … un ancien cheminot … la précision de son horloge biologique est impressionnante. Et déjà que de la bonne humeur chez nous trois.
Je dois commencer par de la grosse mécanique : mettre des rustines à mes 2 chambres à air devenues secours, parce que lorsque le taux de crevaison augmente c’est que les pneus commencent à user, je m’attends à devoir les utiliser (j’ai aussi un pneu neuf dans les sacoches, à la prochaine crevaison arrière je vais l’utiliser). Hop c’est fait, 2 petits trous réparés pendant que le petit déjeuner se prépare. Une autre tranche de vie avant de nous séparer. But du jour, pique niquer au col du Glandons avec ma fratrie, leurs famille, bref un fun club adorable.
6h45 : 60 minutes d’avance sur ma feuille de route pour profiter de tout au maximum, je vais pouvoir rouler moins chaud et puis plus il y a de vélos qui me dépassent et plus il y a d’ivresse.
Je pense pouvoir dire que je suis le premier sur le parcours, montée du Bochet, et les jambes sont impeccables, montée de Villargondran je passe devant chez une de mes nièces, un peu plus haut dans le village je fais le plein à la fontaine d’eau potable (oui 1h de route déjà et j’ai bien l’intention de ne pas me déshydrater) …. Pas encore vu d’autre cycliste, ni de voiture.
Je suis dans les lacets de la montée d’Albiez le jeune, 10°c, pas de vent, temps couvert, le silence perturbé par le fond de vallée qui se réveille. Et hop un vélo qui est parti tôt de son camping, nous discutons et il me parle d’un autre Vélo Couché de la Roche sur Yon … point rapide, il s’agit de MIMI85 qui cette année n’a choisi ni son Vélo Droit, ni son Vélo Couché et que je connais de la veille.
Bien sur je me fais larguer rapidement et puis la magie reprend, des tâches de couleurs qui me suivent dans les rétros, qui me dépassent, des petits saluts respectueux et d’autres joviaux.
Dans chaque épingle je penche la tête pour regarder tous ces athlètes qui je suppose montent vers La Croix de Fer.
Et puis une silhouette blanche qui m’dit quelque chose : mais oui c’est bien « la crevette » du club Association Cyclotouriste Hérouvillaise (14), Véronique ! toujours facile qui me dépose après nous être souhaités mutuellement une bonne journée … elle est splendide dans son nouveau maillot BRA ! nous sommes pas très loin du sommet de la côte et je la dépasse pendant qu’à ses temps perdus elle pratique toujours la photographie.
Je fais une pause pendant laquelle Bentoline sur son Métaphysique me rejoint. Euh pas de pancarte, pas de béquille, un tricycle fera l’affaire, et nous pouvons parler en grignotant. Sacré personnage, Pourquoi je me suis arrêté à l’ombre ? Montée à 11kms/h … des jambes qui font mal. Une autre planète vient de me percuter. Des cyclistes la veille m’ont indiqué l’avoir vu grimper à une vitesse impressionnante. J’suis carrément hébété devant ce genre de choix. Bon mais le temps passe et l’escargot reprend sa route, Gabriel attaque son croissant … le ciel est maintenant tout bleu, température 13°c.
Juste avant Albiez le vieux, Noëlle et Guy me dépassent, forcément les encouragements ne manquent pas, c’est qu’ils veulent profiter de la montagne et de la fête du vélo.
Traversée d’Albiez et ‘le vieux’ frime sans le vouloir, des signes amicaux de partout.
Je suis dans la montée du Mollard et je me fais déposer par des cyclos à droite, à gauche, ouf personne ne crache.
Dans une des courbes, une vue majestueuse des Aiguilles d’Arve, on ne peut pas la rater à moins d’avoir la tête dans le guidon. Que c’est beau. Et puis les gentils organisateurs qui placent un contrôle secret au sommet du Mollard, tamponnage, Thé chaud oh oui ! Remplissage de bidon, un bénévole qui s’assoit sur le tricycle, plein de gens avec leur vélo,
Des conseils pour la descente car la route est défoncée. Quelle descente, une vitesse et des sensations fortes, des dépassements permanents, des courbes faites pour un tricycle un jour de randonnée cycliste de masse. Je m’y suis très bien amusé et puis sur les faux plats montants vers St Sorlin d’Arves, ces droitistes m’ont tous dépassé. La remarque d’un d’entre eux « c’est chaud les descentes » sur quoi j’ai répondu « non c’est fun » ou bien celle d’un autre « ca y est il s’est rendormi » celle-ci m’a fait plaisir … sur quoi pas de réponse, je ne parle pas en dormant, mais j’ai accéléré pour demander qui a osé me réveiller ? La fête j’vous dis.
Passage de ST Sorlin, le dénivelé est très sérieux, je roule peinard 3kms/h, mon compteur n’affiche pas toujours c’est dans la foule que je fais mon chemin et je ne passe pas inaperçu, mais ça j’ai l’habitude. Coup de sonnette pour les enfants admiratifs, sourires de tous ces gens qui positivent assez facilement et m’encouragent.
Et puis c’est la petite famille d’Albane qui me rattrape à 200m de la sortie du village et qui stoppe à l’épingle du haut. L’arrêt est pile poil au bon moment et où il faut, Roland mon frère doit se souvenir aussi de ce passage très difficile en vélo droit lors de nos chevauchées aux Arves. En tout cas j’arrête de mouliner pour passer aux retrouvailles chaleureuses, l’occasion de manger, de changer de paquet de figolu sur le rétro, de faire de l’eau. Nous regardons passer la fête du vélo qui elle est ininterrompue, il y a de tout, des monteurs, des descendeurs, des assis, des debout sur les pédales, des grimaces, de la sueur, des faciles, des énervés, des zens (majoritaires).
Cette montée est verdoyante, le soleil parfois caché par des nuages inoffensifs est généreux.
L’ambiance sur la route est maintenant au chacun pour soi dans le bon sens du terme. On me dépasse pas trop vite, on cause beaucoup moins, on gère.
Roland a fait plusieurs arrêts et prend des photos pendant que mon neveu et nièce et Hélène m’encouragent. Marie Pierre me pousse sur quelques mètres, que voulez-vous on ne maitrise pas toujours son fun club.
Vous regardez vers le bas et la route est jonchée de tâches multicolores jusqu’à perte de vue.
Puis à moins d’1 km du sommet le contact se fait avec l’organisation qui tamponne et vous livre un repas préparé dans les moindres détails. Sur le coup cela ressemble à un simple contrôle ravitaillement, mais à mieux y regarder, c’est un banquet champêtre avec une impressionnante logistique.
Pour ce qui me concerne, en vrai sauvage, je file vers le sommet avec mon plateau repas dans une main et les commandes de l’autre. Je file le paquet cadeau à Roland qui doit saturer sa carte mémoire, et je poursuis l’ascension de cette montagne, pas très loin du sommet 24°c, la roche réverbère à souhait la chaleur du soleil.
Je glisse à La Croix de Fer vers notre pique nique familial, de nouveau une survitesse facile.
Je dépasse une voiture qui visiblement n’est pas à l’aise ici, je fonce en taillant les trajectoires et je vois une personne s’avancer vers le centre de la route pour immortaliser le fanion au carrefour du Col du Glandon. Pas de pose svp, je prends la montée comme un toboggan et je viens m’évanouir au sommet du Glandon … euh c’est un immense parking de voitures.
Demi-tour, ma famille (Vizille, St Jean, St Michel, Albane, Caen) s’est réunie après le café du Glandon dans un virage fait pour un pique nique inondé de soleil et face à une cascade magnifique. J’apprends que le photographe au carrefour ‘Glandon’ est ma fille ! (bon avec la vitesse on ne voit pas tout de la nature). Un petit coucou à Véronique qui a fait un arrêt ici. J’ai tout mon temps …. Autre tranche de vie. A ce stade le projet est une complète réussite. J’ai garé le vélo bien en vue sur le bord de la route, immanquable, beaucoup de participants le montrent du doigt, avec un peu de chance va passer des ‘rubans blancs’. Un seul s’est arrêté, un gars hors forum (mais qui lit), avec un petit accent du sud, qui connaît le monde du Vélo Horizontale, qui le pratique presque jamais (c’est possible ça ?). En tout cas petit bavardage sur les rassemblements de Sault et de Normandie aussi.
C’est reparti, toute la famille décide de se séparer au barrage de Grand Maison. Larguée rapidement mais j’ai été repris à la faveur d’un plat qui monte. Et toujours des vélos qui eux aussi ont largement augmenté leur vitesse de croisière. Dernières photos de famille avant le super dénivelé du barrage. Je quitte mes frères, mes sœurs, mes neveux et nièces, mes beaux-frères, mes belles-sœurs et ma fille.
La descente est super pentue, les freins restent efficaces mais va falloir anticiper pour assurer.
Je suis super concentré, je recommande la dernière ligne droite avant le pont pour tenter un record. Ensuite montée sévère mais courte. De nouveau 3,5 peut-être 2kms/h, mais qu’elle importance, je me dis que dans l’autre sens, dans 2 ans, je changerai la cassette 9*32 par une 9*34, parce que pour la première fois depuis Vizille je fournis un effort musculaire comme je n’aime pas. Ensuite c’est bonnard jusque Vizille, je rattrape énormément de vélos à 70kms/h jusqu’au barrage du Verney avec une facilité déconcertante. Je roule maintenant derrière des files très longues car le vent dans la vallée est violent. Faux plats descendants, ce n’est pas désagréable de dépasser des cyclistes à mon tour. La vitesse ne mollie pas en dessous de 45kms/h. Le cyclotourisme n’a plus sa place, dès que le pourcentage est encore plus favorable ma formule 1 accélère à la limite de rotation de mes jambes. Faut dire que la grande route Rochetaillée Vizille n’a rien d’exceptionnelle mais c’est ainsi. Dans les files impressionnantes dès qu’un espace se fait je dépasse pour arriver au devant et aller chercher la file suivante, (j’ai compris la règle : c’est écrémage par l’arrière). Dernière pointe de vitesse dans Rioupérou et je dépasse un Vélo couché. A l’entrée de Vizille causette avec ce retraité Grenoblois qui rentre d’une ballade. Puis tamponnage, brevetage, abreuvage, tombolage, papotages, écoutage du protocole très sympa.
Merci à tous ces organisateurs qui m’ont permis de réaliser ce super BAC. Merci pour leur efficacité et abnégation dans le froid. Merci pour leur sympathie.
Merci à toute ma famille pour cette superbe semaine.
Je compte maintenant entretenir ma santé pour repasser le prochain BAC en sens inverse. J’espère vous avoir fait rêvé et surtout bonnes routes !
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cyclochica
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MessageSujet: Re: Brevet Alpin Cyclotouriste en trike QNT   Dim 26 Juil 2009, 19:59

Génial Serge, merci pour le CR, visiblement tu t'es bien éclaté dans cette épreuve. Ca avait l'air vraiment super!
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Roger 17
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MessageSujet: Re: Brevet Alpin Cyclotouriste en trike QNT   Dim 26 Juil 2009, 22:58

Mission réussie Serge, du concentré de rêve et écrit aux p'tits oignons.


Salut Jean Louis, alors tu t’couches ? Very Happy
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Simon
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MessageSujet: Re: Brevet Alpin Cyclotouriste en trike QNT   Lun 27 Juil 2009, 10:12

Super récit ! Merci.
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MiCA
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MessageSujet: BRA   Mer 05 Aoû 2009, 18:37

Rouedevelo a dit:

"A l’entrée de Vizille causette avec ce retraité Grenoblois qui rentre d’une ballade."

Maintenant j'ai un nom à mettre sur le gars qui m'a doublé à toute allure sur son trike après Séchilienne et que j'ai suivi jusqu'à Vizille.

Merci pour ce récit. Ça donne envie, mais je ne pense pas être encore à la hauteur...
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MessageSujet: Re: Brevet Alpin Cyclotouriste en trike QNT   

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Brevet Alpin Cyclotouriste en trike QNT
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