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 Histoire sans faim...

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pascalambic
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MessageSujet: Histoire sans faim...   Mar 06 Jan 2009, 03:54

Les p’tites bicyclettes à cervelle.


   L’air lui brisait le corps ce matin ! Était-ce le froid ? En fait, il lui était à ce moment impossible de savoir lequel des deux, de l’air ou du froid, prenait un malin plaisir à le transformer en passoire ! Il marchait ainsi depuis une bonne demi-heure à la lueur du dernier syndicat de distribution d’électricité encore en droit d’exercer à l’époque ! C’était ainsi, on ne distribuait plus par ici, on vendait ! Pardon, on échangeait ! On échangeait contre ce truc que l’on vous cède avec peine chaque fois que vous daignez perdre un peu de votre vie pour l’autre ! L’autre ! L’autre tournait dans sa tête depuis un bon moment déjà ! Que dirait-il en ne le voyant pas amener ses quelques forces ce matin ? Cela importait-il à présent ? L’autre, pour lui, c’était son tôlier ! Il ne pouvait même plus l’appeler par son nom, tant il ne pouvait concevoir qu’un tel être fussent en droit d’avoir un nom ! Ses pas se faisaient plus vif maintenant. Le départ fut difficile ! Presque impossible ! Il n’aimait pas les voyages ! Ça aussi il faudra qu’il le lui disent ! Pas à l’autre, à elle…

   Un léger frottement l’avait fait se redresser instinctivement sur son lit ! Qu’est-ce que c’était ? Du papier ? Oui ! C’est ça ! Un bout de papier qui frotterait, glisserait sur un bout de bois ! Un fichu bout de papier qui glissait sur une fichu latte de parquet, il le savait à présent ! Il chercha longtemps les godillots qui lui servaient de pantoufle. Il n’avait jamais comprit ces gens qui s’obstinaient à acheter ces chaussures fragilisées tout exprès afin d’être remplacé le plus souvent possible et que l’on appelait : chaussons ! Une bonne paire de godasse classique, c’est peut-être moins douillet, mais on ne passe pas son temps à faire des aller et retour entre le chaussier et chez soit pour ne pas emruber ces pieds ! Il ne fallut pas longtemps à ses godillots pour l’amener devant sa porte d’entrée. Derrière, devrait-il penser ! Vu qu’il était dedans… la maison ! Enfin bref, ça n’avait pas d’importance non plus et encore moins quand il eu pris connaissance de ce fichu bout de papier plié en quatre qui gisait presque inconscient sur le parquet. « Je t’aime » était-il écrit simplement ! Vulgairement ! C’était-il dit dans la première seconde. Sèchement ! La seconde. Brièvement ! La troisième. Et puis joliment, doucettement, violemment, bêtement, agacettement, arnaquettement, mais quand même dansettement ! Ses doigts s’étaient instinctivement repliés sur le pauvre fichu bout de papier qui en profita pour se froisser amèrement…

   Je t’aime, trottait maintenant dans sa tête pendant qu’il trottait vers son destin. Je t’aime, ne cessait-il de se répéter ! On n’écrit pas des trucs pareils, on ne les dit même pas ! Il s’en était bien gardé, trop dangereux...

   Qui avait bien pu lui glisser un machin comme ça sous sa porte à lui ! Il se souvenait bien d’une signature fébrile sur le bas du fichu bout de papier mais ses doigts s’étaient refermés dessus avant qu’il n’ai eu le temps de la lire ! Et là, tout lui est revenu ! Les yeux noires, les mains tremblantes qui lui rendait son portefeuille laissé vaillamment sur la banquette du train, et elle, qui avait perdu son train pour lui rendre à lui son portefeuille. Et lui qui c’était entendu lui répondre, en souriant tout de même : « Merci, c’est sympa ! ». C’était à l’autre bout du monde. Ça fera long à pied, mais il sentait bien qu’il avait besoin de se remettre les idées au clair ! Il le ferait en chemin. Peut importe qui avait signé ce truc en fait, car son porte-cœur était resté devant cette gare ! C’est donc elle qu’il avait décidé d’aller rejoindre…


   La suite est pour toi ! Si tu y trouves des choses qui cloches, trouve en une raison et poursuit son chemin…Une page chacun, plus de mille forumeurs ! Y’as de quoi tenir l’année non ? J’ai hâte de connaitre ta suite…


Dernière édition par pascalambic le Mer 11 Mar 2009, 05:58, édité 1 fois
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pascalambic
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MessageSujet: Histoire sans faim...   Jeu 05 Fév 2009, 01:22

Bon allez ! Je vous trace le chemin un peu plus loin ! Venez vous perdre que diable !

   Le vent lui caressait les bajoues depuis peu lui semblait-il. Les bajoues ? Ça se dit plus d’un chien que d’un homme par convention ou autre, mais là, affalé dans le fossé, qu’avait-il de l’homme ? Et qu’avait-il du chien ? En fait, il pensait que même le chien épuisé par quelques soupières de marche aurait eu là l’épuisement plus digne ! D’où les bajoues ! Car dès lors, n’est ce pas au chien d’emprunter ce dont on qualifie plus volontiers l’homme ? Vu sous cet éclairage, il pensa qu’un pourcentage non négligeable de l’humanité devrait être requalifié !

   L’auréole bleutée d’une machine infernale gifla sa carcasse ainsi terrassée par la fatigue, le sortant de sa douce folie. Les bruits de la nuit tout à coup s’estompèrent pour laisser la place à ce tintamarre caractéristique de cette drogue à quatre pattes caoutchouteuses ! Il ne devait pas y en avoir plus de trois ou quatre à s’être ainsi imposé, tel un colonisateur, aux battements de cœur de sa nuit pour le coup ! Mais elles suffirent à lui fragmenter son repos forcé au-delà de l’entendement. Il préférait la nuit par-dessus tout ! C’était son opium, sa compagne, sa campagne, son harmonium… Elle lui distillait une musique enivrante à souhait, même (et surtout), quand il l’était lui-même ! Et « aunuitd’hui », elle lui révélait une fois de plus la dur réalité, celle qui lui était impossible de voir, entendre ou comprendre à la lueur de ce satané soleil. Là, dans son berceau d’herbe grasse, il lui était à présent évident que ces machines devenu tant indispensable aux cavaliers du jour, le tueraient purement et simplement à force de dépendance ! Lui et l’humanité. L’humanité et lui. Les chiens, lui et l’humanité. Mais pour le moment, elles se contentaient de lui ôter toute possibilité de récupération à lui qui en avait plus que jamais un besoin vital, face au chemin lui restant à parcourir. Est-ce à dire que ces quelques heures dans les bras de la terre ne lui avait servi à rien ? Évidemment non ! Mais il ne pouvait pour le moment saisir ce qui l’avait attrapé l’espace d’une minute, juste après qu’un bolide ne lui est arraché le sommeil pour la deuxième fois, et qui l’avait hypnotisé par la grâce d’un chuintement, l’apaisant enfin pour soixante secondes, et qui allait se répandre dans son huile cérébrale, presque à son insu.

   Maintenant, tout à fait éveillé, à peine réveillé, surtout émerveillé d’avoir enfin tiré les rênes de sa vie, il décida de repousser avec force la planète sur son dos afin d’en reprendre le contrôle et rétablir l’équilibre de son corps si durement acquis il y un peu plus d’une quarantaine d’années, du moins autant que le lui permettait son oreille interne. La planète ne broncha pas, ne pipa mot non plus, et ça le fit sourire ! Pour peu qu’il se le persuadait, il en était le maître à présent ! Après tout ! N’est-ce pas ce que cherchait l’homme depuis l’aube : Se persuader qu’il maîtrisait la situation ? Et pour celui qui l’eu cru, n’était-ce pas apaisant de se trouver de fait en harmonie avec ce putain d’environnement franchement hostile à lui, l’humain ? Apaisant de trouver chaque jour une raison de bien verrouiller sa porte, ses volets, sa liberté, sa vie, sa mort de fait… Ah oui ! Sa mort, parlons-en ! Quoi de plus apaisant que d’être tout à fait certains d’avoir droit à, tout comme on offre au condamné une dernière cigarette : une dernière bière… Peu importe, il balaya ceci d’une poussiéreuse pensée, de celle qu’il avait toujours prit soin de garder près de lui, quand il lui arrivait de douter sur le sens du cliquetis que produisait le peu de vie que lui autorisait cette société qu’il avait lui-même autorisé à gérer sa vie par un simple bout de papier jeté négligemment dans une presque bouteille à peine à la mer. A présent, il savait que ce genre de « pansée » ne le guérissait pas, ne le guérissait plus, ne le guérirait plus, tout juste l’aliénerait à l’infini, et il décida que mieux valait devenir fou, plutôt que fou… Mieux valait tenter quelque chose pour aucun résultat, que ne rien tenter ou plutôt tout tenter mais uniquement pour ne pas contredire le diagnostique initial, la maladie incurable, l’humain dans sa boite, conforme, tamponné, étiqueté, cellophané, code barré, rangé, bien rangé, admirablement classé, enchristé dans sa poussière, le plus sûr moyen de ne pas se faire peur, le plus sûr moyen de n’avoir que peur…

   Ça y était, il remarchait à nouveau, il revivait, il retrouvait le but simple qui lui suffirait pour remplir cette journée, et finirait par emplir maintenant et demain, ce qu’il s’autorisait dès lors définitivement à appeler sa vie !


Liez vos doigts suffisamment pour que ces fourmis travailleuses vous viennent en aide, et relâchez les alors pour vous aidez à faire voyager notre maigre homme à travers les méandres de son destin…


Dernière édition par pascalambic le Mar 10 Mar 2009, 02:05, édité 1 fois
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pascalambic
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MessageSujet: Histoire sans faim...   Mar 10 Mar 2009, 02:04

Bon je sais, comme me disait un compagnons de forum, c’est ben compliqué tout ça !* C’est pas grave, ce soir je rentre du cinoche et l’histoire s’est déroulée à nouveau :

   S’il n’y avait ce sifflement persistant dans l’oreille droite, il y resterait bien le restant de ses jours pensait-il ! A part un siège un peu plus large et affublé d’accoudoirs, il n’avait rien à redire côté confort. Comme si une entité quelque part l’avait entendu, le paysage se mit à fuir vers la gauche et le sifflement s’estompa presque instantanément. Le dieu du vent n’en faisant toujours qu’à sa tête, mieux valait s’en accommoder et prendre la même route que lui ! Sauf que là, l’avoir dans le dos, signifiait aller contre lui ! Quel tour de force !
   - Moi, ça me va comme ça ce zèph ! Mais j’ai l’impression que vous êtes du genre contrariant ! Lança-t-il vers les cieux.
   - Tiens ! Il parle ! Reçut-t-il aussi rêche.

   Pas du genre à perdre son temps avec l’inutile la donzelle se dit-il, pas trop fort pour ne pas réalimenter le foyer. Il partirait bien une fois de plus dans ses pensées, mais un type entouré d’un mammifère roulant testait depuis cinq bonnes minutes ses projecteurs aux goût marin dans ses regards et c’est bien parce que cela lui paressait peu commode qu’il décida de ne pas prendre la tangente illico ! Il constata alors que ce bidule tarabiscoté de prime abord, devait être diablement efficace pour que monsieur far-west daigne se retenir de montrer ses capacités mentales à la dame qui pilotait (mais le savait-il, qu’il se faisait damer à la course ?), en la dépassant d’un coup de talon pointe rageur sur sa pédale fixe ! Le passage éclair d’un de ces giratoire pullulant, le débarrassa de ce zozo bouffeur de mirettes.

   Le type qui à inventé cet engin a forcément dû ce poser des questions existentielles sérieuses, se dit-il tout à coup en regardant le paysage s’enfuir indéfiniment vers la ligne d’horizon. Le problème, c’est qu’il lui fallait absolument trouver un acolyte pour travailler sa crise au plus profond ! De voir ainsi les choses se précipiter vers l’oubli, d’être bien incapable d’arriver à en discerner les contours même sans myopies avant qu’elles ne vous atteignent. N’y avait-il pas là une franche similitude avec la vie dont l’avenir est à jamais inconnu et le passé fatalement appelé à s’étioler ?
   - On vous à plâtré ou quoi ? Entra mélodieusement dans son crâne ! Le deal : n’était-il pas que vous fournissiez un minimum d’effort ?
   - Je vous rappelle que c’est vous qui m’avez gentiment proposé de vous aidez contre l’assurance de m’intoxiquer les jambes à force de se perdre à tourner en rond !
   - Vous en avez de bonne vous ! Je vous sauve la mise en vous faisant gagner du temps et c’est tout ce que vous trouvez à me répondre ?
   Gonflé mais marrante la damoizelle se dit-il.
   - Dites plutôt que vous aviez besoin d’une bonne raison supplémentaire pour mettre la barre à fond !

   Il attendit un moment, mais la réponse ne vint pas ! Il s’attendait à un : « vous également », ou bien quelque chose d’approchant, mais non ! Il sentit des soubresaut, des vagues à lame sans manche à l’autre bout… Que pouvait-il bien y faire ? Le monde en chantier depuis des milliards d’années, traînait ses ouvriers de formations en requalifications, de stages en reconversions, laissant s’échouer ça et là ses meilleures chances de survie ! Le truc c’est que ses meilleures chances de survie, se rencontraient forcément tôt ou tard, de part leurs couleurs tellement plus vives ! Ils se reconnaissaient, s’apprivoisaient l’un l’autre avec facilitées, mais sans jamais se posséder, manquaient fatalement d’outils pour une juste guérison et ne gardaient que trop rarement la pose, de peur de se fossiliser dans une super nova finale. Au prochain arrêt, il larguera les amarres ! Allez plus loin ici le détournerait de son but initial, la détournerait dans sa chance originelle. Il ne pouvait se permettre cette double peine !

   Pour la deuxième minute seulement, il se trouvait à présent face à sa bienfaitrice.
   - Eh bien, fit-il un peu désorienté par les yeux rougies de la damoizelle. On a chacun nos routes à parcourir. Ne traînez plus d’acariâtre plein de courant d’air sous prétexte d’être une chic personne, vous pourriez vous faire plus de mal qu’a lui !
   - La prochaine fois, je vous laisserai peut-être la place du capitaine si vous êtes moins grincheux !
   - Surtout pas ! Je détesterai connaître mon avenir…
   Le pale sourire de la damoiselle à double bicyclette lui rappela que l’on a tout de même tout à gagner à croiser quelques contemporains et que c’est bidirectionnel.
   - Il a un nom le voyageur ! Ajouta-t-elle finalement.
   - Non. Il essaye d’y échapper pour le moment ! Trop de feu mal allumé lui pourrisse le buvard !

   La pédale s’encliqueta sous la chaussure de la chic personne, son dossier vint se lover sous son dos, puis, doucement, le pédalier entraîna ses jambes dans un mouvement perpétuel qui provoqua à nouveau la vidange du sablier du temps. Il regarda longuement le siège arrière qui lui faisait à présent face, rétrécir jusqu’à disparaître de sa vie dans un chuintement à peine audible, mais pourtant maintenant familier…

*Ou quelque chose d’équivalent.
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