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 Longue histoire

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Gaspard
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MessageSujet: Longue histoire   Dim 30 Juin 2013, 00:01

C'est long comme histoire.

J'ai déjà pensé à l'abréger. Mais si je l'avais fait je ne serais plus là pour en parler, alors je laisse perdurer.

Dans cette histoire qui traîne il y a encore, traînant, toutes ces sortes de choses qui laissent à penser qu'on peut la rallonger, l'histoire. Ces sortes de choses se déplacent à vélo, sur les routes, dans la tête, dans les souvenirs et parfois même dans une perspective d'avenir. Avoir un vélo dans la tête, il arrive que ça aide à vivre, même si l'on n'en fait plus.

On rêve qu'on en fait. On se réveille, matin ; par réflexe, par flemme ou pour un insupportable quotidien on referme les yeux, on rebranche la pensée qui de la nuit ne s'est pas un instant posée, on remonte le fil du rêve, et là, miracle, on roule à vélo. On flotte pendant ce court instant de liberté qu'on s'accorde, entre rêve et matinée. On roule. On rejoint les équipées de jeunesse, ou bien les échappées solitaires. Des trucs alambiqués qui n'appartiennent qu'au rêve, mais on ouvre les yeux et on roule encore en fond de conscience quand on s'arrache à la tiédeur horizontale. L'élan se tarit quand monte de la verticalité de ces maux qui nous rappellent pourquoi le vélo s'empoussière. Mais il y a des relances, des envies.

Des envies.

Vivre sans envie est à la seule portée des sages. Pour tous les autres, avoir envie c'est être en vie, c'est un bel auxiliaire. Mais c'était une envie de partage, et cette notion nécessitait d'être au moins deux. C'était devenu très compliqué. Déjà que tout seul ça n'était pas simple...

Si vous saviez comme j'ai rêvé de vélo. D'envols, de descentes à vous lever le cœur, de chemins inconcevables, d'à pics et puis encore d'envolées. Et tout ça dans une enveloppe qui s'alourdit un peu plus à chaque année qui passe, avec des articulations comme de vieilles breloques qui ne trouvent plus un horloger pour les remettre à l'heure. Sans doute d'un métal qui n'a plus cours, à l'heure des plus fins alliages, moi qui suis brute, bien qu'ayant réussi à ne jamais me faire coffrer.

Elle est pour toi cette introspection, toi l'Auvergnat qui sans façon, m'a invité pour une Pâque alors que j'étais tout patraque. Je n'ai qu'une envie, te rejoindre, et tous ces autres que j'imagine caracolant sur des trucs idiots qui ressemblent à tout sauf à un honnête vélo. Quel attrait pour le malandrin tard-venu que je n'ai cessé d'être ! La subversion est la forme la plus aboutie de la contestation (voyez les Femen). Pédaler sans douleur serait presque aussi révolutionnaire qu'accoucher sans douleur, si notre époque n'avait banni trop de notions de base au profit de la seule méritocratie et du seul droit à...

Au nom du droit à, que d'inepties, que de dégâts !..

Mais pédaler...

Si je savais pouvoir le faire sans crier de la jambe, ou d'un os avec un nom à la mord-moi-le-noeud !..

Je pourrais crier mon droit à pédaler, assigner en justice ces jocrisses de toubibs et autres chirurgiens qui jugent inutile de m'opérer, puisque pendant ce temps mes plus féroces démons se chargent de restreindre mon espérance de vie en élargissant la taille de mes pantalons.

Pédaler...

J'en aurai des strates de sédiments à gratter, avant de remettre en route la belle mécanique à deux roues, à trois roues, qui fait qu'on se rencontre, qui fait qu'on va : loin, ou ensemble, ou quelque part, bref qu'on est dans le mouvement. Marinier, quand tu me reverras tu t’esclafferas encore, et ça me fera plaisir, quoi que tu penses : j'aurai poussé la vie jusque là, et peut-être aussi une gonzesse à trois roues, un chirurgien médico-légal ou un élagueur de syndrome patellaire, bref de ces petits riens qui font que d'un coup l'envie de chatouiller l'horizon redevient possible.

Nous autres, on a une particularité amusante : on chatouille l'horizon avec nos pieds.
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grand pierre
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MessageSujet: Re: Longue histoire   Dim 30 Juin 2013, 07:36

Ta prose me plait  , que dire de plus ? Je suis certain que nous devons avoir quelques points communs Wink 

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