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 CYCLOCAMPING EN FRANCE

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MessageSujet: CYCLOCAMPING EN FRANCE   Mar 08 Nov 2011, 14:39

Après avoir effectué plusieurs diagonales, quelques transversales (genre Haute Route Pyrénéenne à Vélo*), des tours régionaux, est ce que je suis enfin prêt pour partir trois mois faire un tour de France de 6000 kilomètres, voire plus ? Est ce que je vais supporter les conditions climatiques en cyclo-camping avec un vélo chargé comme un mulet ? J’ai déjà trouvé la liste de matériel à emporter, )
Le parcours définitif alterne le mode cyclosportif et touristique, de sorte que ce voyage soit un plaisir, de vraies vacances en perspective avec du temps de libre pour faire des rencontres, voir ou revoir des paysages. Pour cela, je me suis aidé de forums de discussion, de cartes, de guides, de mon expérience.
Entre ceux qui me disent qu’il fait encore trop froid en avril, ceux qui n’envisagent pas le voyage dans la même optique que moi, et ceux qui se désistent à la dernière minute, je décide de partir seul (Grand Pédaleur Libre) . De toute façon, je préfère voyager seul que de mal accompagner un cyclo qui n’aurait pas le même rythme…Je vais éviter les gîtes d’étape (même si il pleut) car certains se plaignent des insectes indésirables (punaises de lits, puces…) de toute façon, il suffit d’un seul qui ronfle pour semer la zizanie dans le refuge. Au moins, en pratiquant le camping, on peut s’isoler des autres et dormir plus facilement…sauf quand il y a des intempéries. Lors de ce voyage, j’ai pris des photos…plus de 500 et donc je ne peux pas les diffuser par Internet car vous passeriez votre nuit à télécharger le tout ..donc le texte est moins lourd et peux vous donner une idée de mon voyage…en espérant que cela vous inspire un futur projet…qui sait !
Mon idée est de partir de la cathédrale de Bayonne en empruntant le chemin de halage de l’Adour, les Barthes, et la réserve ornithologique dans laquelle on y aperçoit des cigognes, des aigrettes, des huppes, des grues…
J’initialise le compteur kilométrique à partir de la cathédrale de Bayonne. Je quitte la ville par le port du Boucau pour rejoindre la piste cyclable de Tarnos plage. Celle ci est très agréable en cette période (avril) ; Ondres, Labenne-Océan, « la piste des allemands « puis Capbreton où et les gens affluent sur la promenade du front de mer. Les bateaux sortent en mer malgré le vent du large qui fait tinter l’accastillage des voiliers car ils n’ont pas encore déployé leurs voiles. Capbreton et Hossegor se touchent… La rue principale d’Hossegor est bordée de boutiques dont la plupart des vitrines représentent les plus grandes marques de vêtements de sport et plus particulièrement de surf. Le lac d‘Hossegor est à marée montante et laisse découvrir une plage jonchée d’algues et de branchages. Me voici sur la piste cyclable rectiligne et plate qui longe la route de Seignosse à Moliets, certes un peu monotone.
Je prolonge cette piste ou je m’oriente vers le lac blanc et l’étang noir ? C’est déjà le début de l’après midi et donc prend le chemin le plus court, c’est à dire, l’ancienne voie ferrée transformée en piste cyclable et ce, jusqu’à Léon. A la sortie du village, je la retrouve sur le côté gauche de la route qui mène à Vielle, puis elle bifurque sur le lac et se rapproche de la mer en passant par la dune primaire. C’est à cet endroit que l’on trouvait, il y a trente ans, des aragonites en forme de croix, de couleur rouge…mais le gisement a été pillé depuis.. En me lavant les mains à la fontaine miraculeuse de Yons, je rencontre le garde de la maison de la Jaougue qui interpelle un forestier dans son abâteuse. Il y a du travail en perspectives sur plusieurs années et quand on voir les aires de stockage de bois, on se rend compte de l’étendue des dégâts.
La côte d’Argent s’étend ainsi de Capbreton à Biscarosse. Essentiellement plantée de pin maritime, à l’exception de la portion Cap de l’Homy à Contis semée de chênes liège, forêt privée appartenant au Comte de Lurce-Saluce, famille propriétaire de plusieurs belles demeures landaises et bordelaises de caractère. C’est d’ailleurs en partie grâce à cette famille que le littoral landais a été en partie préservé.
Enfin voilà le phare de Contis, zébré de noir et de blanc et la piste qu’il cache derrière permet d’arriver à Mimizan par la forêt de lespecier.
Mimizan est une ville pionnière dans le développement du réseau des pistes cyclables. Pour finir ma première étape, je passe par la lette de dunes primaires située dans une réserve ornithologique ZPS (zone de protection spéciale), piste plus sauvage et qui me permet de prendre plus facilement une ancienne voie ferrée réaménagée qui me conduit à Pontenx-les-Forges, reconnaissable à sa place principale décorée d’arcades et d’un petit bassin bordé de plantes aquatiques.
Nicole m’accueille pour planter ma tente dans son jardin. C’est une personne retraitée dont la passion est la peinture et le jardinage. Ces tableaux sortent de l’ordinaire : superbes, avec beaucoup de poésie et d’imagination. Les tons sont souvent de couleurs « pastelles » et les traits soignés. Un visage me saisit …on dirait le portrait de ma fille. Pas un nuage à l’horizon ! Je récupère la piste de Mimizan à Biscarosse par Sainte Eulalie en Born, où je croise les deux cyclottes avec qui j’avais fait connaissance et qui finissent leur vacances. Leur voyage se termine à Arcachon en passant par Biscarosse plage tandis que moi, c’est vers Sanguinet et Lège Cap Ferret. Il fait une chaleur orageuse, elles ont le courage de maintenir leur cadence jusqu’à Parentis où je les rejoins sur la place de l’église. On discute un peu sous un arbre dans le square de l’église. Celle-ci , comme beaucoup de constructions du Born, est construite en garluche, une pierre formée d’agglomérat sableux ferritique de couleur marron ou rouge. Cela donne un aspect particulier aux façades de maison. Les landes sont pourtant généralement formées de calcaires de la fin du crétacé recouverts d’une épaisseur de 20 mètres de sables « éoliens » avec éventuellement une couche dite d’ »alios », un agglomérat de gré siliceux à particules ferrugineuses. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs, les sources sont potables mais l’eau a le plus souvent un goût désagréable. A sanguinet, j’accélère le mouvement pour arriver avant la nuit au camping de lège Cap Ferret, sur la piste du bord du bassin d’Arcachon. A Audenge, je fais un détour sur le parc ornithologique du Tech, une ZICO (zone d’importante communautaire pour les oiseaux) Une gamine qui rentre du collège à bicyclette, préoccupée par son téléphone, manque de me rentrer dedans. Une petite halte à Cassy pour mettre un petit mot dans une boite aux lettres, et me voilà déjà à Andernos. Je fais mes emplettes avant la fermeture de l’épicerie, et arrive à 21 heures au camping, isolé et calme.
Au petit matin, réveillé par un coucou et des tourterelles, engourdi par le froid, j’enjambe ma décapotable à deux roues pour Le Porge Océan. Le pont enjambe le courant canalisé qui va se jeter dans la mer.
J’adore me promener sur cette piste, isolée, rectiligne, où je m’amuse régulièrement à battre des records de vitesse. …c’est d’ailleurs la piste d’essai des vélos couchés Optima Sport.
je ferai mieux avec l’autre vélo couché, qui lui, est plus aérodynamique et beaucoup plus léger. Il se met à pleuvoir mais cela ne contrarie pas vraiment mon parcours puisque j’arrive à Lacanau, en passant juste derrière la dune qui longe l’Océan. Des surfers s’entraînent sur de grosses vagues qui déferlent violemment sur la plage et malgré leur combinaisons intégrales d’hiver, ils ont bien du courage d’affronter une eau qui ne doit guère dépasser 12°C. Le vent polaire maritime se lève et les gens, couverts, flânent sur l’estacade du front de mer. Les commerçants préparent la saison et rangent leur boutique. Le vent devient franchement gênant pour la progression de la journée, surtout lorsque je parviens à la maison forestière « Alexandre » qui mène à Carcans, car en plus de la mauvaise météo, les dalles sont disjointes, parsemées de trous et cela devient dangereux…je change de parcours au niveau du Hourtin, et à hauteur des fûts de résiniers de l’ancien quai de chargement, j’utilise la piste du Hourtin à Soulac (pointe du Médoc), plus rapide et j’arrive au camping des sables d’argent à 21 heures. Situé au bord de la mer, je mange sur le la plage. Je ne profite du mobil home voisin pour regarder à travers la fenêtre le film du soir auquel je ne comprends rien, vu que je n’entend pas les dialogues. Vite lassé, je m’endors profondément Avant de quitter le camping, un jeune essaie le vélo couché. La position est particulière, le début un peu chaotique Il persévère et parvient à se diriger correctement. La promenade du front de mer est parsemée de blockhaus de la dernière guerre. J’arrive à l’embarcadère pour le bac du Verdon qui me permet d’aller à Royan. La traversée dure 20 minutes, le vent et la pluie s’invitent et la vue panoramique sur Royan n’est pas surprenante. Royan ayant beaucoup souffert pendant la dernière guerre des bombardements britanniques pour faire tomber l’occupation allemande, l’architecture de la ville a été entièrement refaite après la guerre.
Arrivé à Royan, je me dirige le long de la côte où je pique nique devant l’esplanade du casino. J’y aperçoit Daniel, cyclosportif et marathonien, d’Agen, parti la veille pour rejoindre Nantes en cinq jours, programme ambitieux qu’il réalisera . Je suis toujours mon régime, à savoir : des aliments gras le matin, qui se transforment en sucre dans le reste de la journée, des protéines le midi, et le soir vers 18 heures, des aliments sucrés. Normalement, cela devrait m’aider à tenir bon pour les 100 jours à venir. Le camping de Maremme est agréable. J’y rencontre de nouveau Daniel et on décide de faire route

pour deux jours ensembles, vu que l’on a décidé de faire le même parcours. Visite des ports de plaisance et de pêche de la Tremblade et route à travers les marécages de la réserve de Brouage. Visite de la citadelle qui connut des émeutes en 1792 par les citoyens car on transforme leur ville en prison. En effet, à cette époque, l’estuaire de la Charente sert de mouillage aux navires négriers lorsque ceux ci ne peuvent pas descendre la Gironde pour se rendre à Bordeaux. Et puis, il y a aussi le clergé qui y est enfermé, puisque beaucoup de prêtres et de religieuses ont été emprisonnés plusieurs mois à Brouage dans des conditions précaires. Curieusement, une église a tout de même été construite dans l’enceinte de cette prison. On sort par la porte Nord de cette citadelle pour se rendre à Rochefort, ancienne place forte royale avec bâtiments de la Marine Royale, corderies…et même des passionnés reconstruisent à l’identique un navire de l’époque . Il nous faut arriver rapidement à La Rochelle, par la piste cyclable jusqu’à ce que celle ci soit interrompue : le pont s’est brisé avec la tempête Cynthia. On arrive à un cimetière de voitures endommagées et de mobil home fracassés par les flots. La corniche qui surplombe la falaise de Châteaulaillant est superbe. On part le l’Houmeau pour faire le tour de l’île de Ré
On emprunte le pont de l’île de Ré en longeant la corniche de Rivedoux plage, le fort de la Flotte joli et tout en longueur puis on se dirige vers la Prée, ancienne abbaye près de Saint Martin de Ré, que l’on traverse par les ports de plaisance en forme de croissant et la citadelle fortifiée Vauban. La porte de Thorras et la Couarde en Ré où on déjeune tranquillement, vu que le soleil s’est enfin montrée. On achète le dessert à la boulangerie du coin puis on mange le plat du jour dans un restaurant, histoire de faire des économies et de bien manger quand même. On se promène dans les marais salants et on va au phare des baleines, sa vieille tour de 1632 et on retourne par Saint Clément et par la forêt domaniale de Ars en Ré
le bois de Sainte Marie en Ré. Le soleil se couche et on arrive juste à temps au camping.
Ce matin, la brume sur la mer est épaisse et lorsque je traverse les marais, j’y aperçois des bécasseaux, des aigrettes. Je finis l’étape par la forêt domaniale de chênes verts de Longueville, fatigué par ce vent (le dahu) Françoise arrive à ma rencontre (providentielle) pour alléger mon chargement et m’escorter jusqu’à la maison. On passe une très bonne soirée et la fatigue s’estompe peu à peu. Je profite de ma journée de repos pour la passer en leur compagnie. Bien requinqué, me voici prêt pour prolonger mon périple. Je quitte Longueville et mes amis à travers la campagne, ses fleurs, sa faune ses dolmens, ses châteaux. La route passe par l’abbaye Notre Dame de Lieu Dieu sur la D108 par Port Bourgeney puis la corniche de l’anse, l’abbaye de Saint Jean d’Orbestieu et la station balnéaire des Sables d’Olonne. Il fait 25°C et les gens se baignent. Charme et sa corniche sauvage est un très bel endroit. Je suis sur un sentier de randonnée bien balisé mais en terre battue et celui ci mène à Olonne sur Mer par la forêt, la plage de Sauveterre, puis Bremme sur Mer, Brétignolles sur mer. C’est un vrai plaisir de traverser le boccage en bord de mer. Le sentier me mène à Saint Gilles Croix de Vie, puis Commerquiers où je trouve en soirée un camping calme et loin de tout.
Je vais à Saint Jean de Mont par Soullans, route avec des paysages magnifiques, je m’arrête devant un moulin à vent, traverse un joli bois, puis parviens à la plage de la tonnelle. Me voici sur le pont de Guois passage à gué obligé pour se rendre sur l’île de Noirmoutier à vélo, aujourd’hui bien ventée.
Je fais rapidement le tour de l’île par la plage des sables d’or pour rejoindre la terre ferme par la côte de Jade jusqu’au port de conchyliculteurs et pêcheurs de Port du Bec. Cinq éoliennes disgracieuses tournent à plein régime. Je passe par Bourganeuf et Moustiers en Retz ou je décide de m’arrêter pour la nuit après avoir flâné dans le boccage de la baie de Bourgneuf le camping étant situé en bord de mer, j’en profite pour faire la promenade du front de mer et y croise les riverains qui font leur footing et la pêche aux coquillages. Beaucoup de détritus ont été laissés par la dernière tempête Cynthia De plus, la plage est jonchée d’algues vertes et rouges échouées par les marées d’équinoxe.
La falaise de la plage de la Boutinardière n’a pas résistée à l’assaut des vagues. Je déguste un craquelet aux pommes, une spécialité du pays. Muni d’un trident et d’un grand couteau, une personne âgée recherche des spicules, des praires pétoncles et les met dans un panier grillagé.
A la sortie de la Bennerie en Retz au niveau de l’ancien moulin à vent, je bifurque sur la vélo route « vélocéan » route partagée balisée par une flèche verte (marquage au sol) jusqu’à Saint Nazaire. Au niveau de la ferme viticole, je traverse la propriété pour accéder au quartier de la Josselière, où le sentier abrupte descend jusqu’à un autre moulin à vent. Arrivé à Pornic par le château bordé par le petit
port de plaisance et gros port de pêche avec quelques répliques de vielles embarcations à voile, je m’arrête pour la pause pique nique. Le long des canaux, sont alignées des cabanes tchanquées avec des « carrés » pour la pêche. Je vais jusqu’à la pointe de Gildas entre l’anse de le pré et le poteau aux goths de Préfailles. Je retourne par le port de Gravette, port Giraud d’où j’aperçois de loin de pont de Saint Nazaire. Je connais bien cette région car j’avais déjà fait une diagonale « Pau- Saint Nazaire » accueilli par une cyclotte avec laquelle on avait passé la semaine à chercher des fossiles dans les falaises pour trouver des ammonites pyritisées, des oursins, des empreintes de pattes d’animaux préhistoriques.
Sur la plage, des sportifs s’entraînent au char à voile, d’autres au sky surf. St Brévin sur Océan est une petite ville balnéaire encore épargnée par les promoteurs immobiliers et le front de mer est décoré de jolis bosquets et prairies bien entretenues. Un blockhaus mais aussi un dolmen et un moulin à vent dominent la plage. Ici, le vent est permanent et les habitants y sont habitués. Je traverse sans encombre Saint Nazaire par la base maritime, le mémorial américain et le sémaphore de la pointe de Themoulin et enfin le Pornichet, petite cille balnéaire très soignée. Entre le vent et la pluie, je démarre de la station balnéaire du Pornichet pour me rendre dans le parc naturel de la Brière par Saint André des Eaux, Mussilac, Herbignac, la chapelle aux marais. Le parc ornithologique est en ZNEFF (zone naturelle intérêt écologique faunistique et floristique). Les chaumières sont faites de toit de 20 centimètres d’épaisseur d’ajoncs. Je prends la piste cyclable de Questembert, qui passe par La Rochefort En Terre, où un château est bâti sur une ancienne motte féodale. J’admire les petites routes pittoresques campagnardes très peu habitées avec des étendues de pâturages sur un relief vallonné offrant un paysage varié et typique. Je prolonge la piste jusqu’à Malestroit je séjourne pendant plusieurs jours pour sillonner la Bretagne sans mes bagages. Le premier jour je longe le canal de Nantes à Brest. Il est partagé en 3 parties. L’une va de Nantes à Redon par l’Erdre et l’Isac, soit 95 kilomètres. L’autre partie, de Redon à Pontivy par l’Oust d’une distance de 11O kilomètres et la dernière de Pontivy à Port Launay par le Blavet et l’Aulne soit 159 kilomètres Les écluses sont larges de 4.70 m et la largeur du canal avoisine les 14 m. Par contre, la profondeur ne dépasse pas 1.60m, ce qui en fait une voie navigable agréable et sécurisée par des écluses automatiques. Merveilleuse journée malgré le vent et la pluie. La deuxième journée se fait à La Roche Bernard et Rochefort en Terre. Les maisons sont faites de granit, de pierres schisteuses. Le petit port de La Roche Bernard vaut le détour. De vieux gréements s’y amarrent…aux lampadaires du port. Rochefort en Terre, est une cité médiévale remarquable.
Le lendemain, je me rends à Rennes. Le troisième jour, je fais un tour du côté du Cap Fréhel. Le jour suivant, il pleut et j’en profite pour visiter la « perle de l’Oust ». L’Oust est paraît-il navigable depuis le IV° siècle. Cité millénaire, elle abrite une ancienne léproserie située dans l’ancienne chapelle dans laquelle d’ailleurs fur signée les trêves de la guerre de cent ans :
Aujourd’hui, l’objectif est d’atteindre les abords du Mont Saint Michel. :
J’emprunte donc la piste cyclable jusqu’à Mauron, située sur l’ancienne voie ferrée, puis je longe la vallée de la Rance à Caro. Une multitude ruines de châteaux, de manoirs. J’y trouve une ancienne borne milliaire dédicacée pour Carus Piu Esuvus Tétriais donc du 3 ème siècle. Elle se trouve dans l’ancien cimetière (c’est en allant capter le l’eau…) Dinant est bien jolie ville que je traverse pour regarder la plus ancienne maison de la ville, à colombage, un peu « destroy », soutenue par les maisons d’à côté. On se demande bien comment elle ne s’est pas encore affaissée. Depuis la Richardais, je me dirige vers Saint Malo par le barrage de la marée motrice de la Rance. Visite de Saint Malo. J’en profite pour regarder les répliques de vieux navires qui servent de bâteaux-promenade pour touristes...fortunés. L’ancienne ville vaut la peine de s’attarder une bonne heure.
Me voici maintenant sur la route du bord de mer par Cancale, puis Beauvoir sur mer par le GR34, sur la côte d’Emeraude. La visite du Mont Saint Michel est saisissante. Tout a commencé en 708…Commment ont-il fait pour monter cet édifice ? Il y a certes un monte charge, de l’eau douce mais tout de même avoir bâti quelque chose d’aussi imposant sur de la vase me laisse perplexe. Je démarre la visite à 7 heures du matin…à la « fraîche » et quitte les lieux dès 12 heures, les touristes commencent à envahir le site.
Il se met à pleuvoir et je me réfugie dans ma tente avant de la déplacer sous le préau après avoir déplacé la table de ping pong et autres jeux avec l’aide du gérant du camping. A noter que il y a 30ans, on avait trouvé sur les marnes grises de la baie du Mont saint Michel des empreintes de pattes de dinosaures et autres mammifères
Un dédale de chemins vicinaux me conduisent sur Ducey charmante bourgade construite autour d’une grosse battisse transformée en mairie. Delà, je vais vers Saint Quentin sur l’Homme, Saint Ovin, le lieu dit « les trois croix », célèbre dans la chouannerie. Je traverse Brécey par une hêtraie qui me rappelle la Soule ou les vallées Basques de Iraty. Le relief est vallonné, verdoyant. Le lait des vaches sert à faire le camembert. Les prés sont délimités par les haies de noisetiers et si les granges ne sont pas toujours construites en torchis (paille et boue et branches de noisetiers) elles le sont en pierres sèches. Je suis sur une voie romaine et cela ressemble aux attractions dites des « montagnes russes ». Bien calé dans mon fauteuil, je tire un grand développement pour atteindre rapidement 80 km/h dans la descente et mini 30 km/h en haut des montées. J’arrive ainsi à Saint Lô, avec ses remparts et une place immense pour accueillir la gare. Je me dirige vers la route de Bayeux par une jolie forêt Je demande un renseignement dans une ferme et la femme m’invite à boire son cidre fait maison…mais où sont les pommiers ? En effet, ils proposent souvent du cidre, mais je n’ai pas encore vu de pommiers…ici, c’est vraiment rural…et pauvre. J’arrive à Bayeux, connue pour sa cathédrale et ses tapisseries
Départ pour Arromanches. Ici tout est fait pour perpétuer le souvenir du débarquement. Déjà l’accès se fait par la voie de la liberté (qui est une ancienne voie romaine) par laquelle les alliés canadiens, américains, anglais sont passés pour délivrer Paris. Des dépôts de chars, d’engins de guerre. La côte de Nacre foisonne de vieux bunkers, de blockhaus et le seul point positif dans cela est que la baie este entièrement épargnée par les promoteurs qui ont certainement eu quelques scrupules à construire sur un lieu mythique. Courseuilles sur Mer, Luc sur mer, c’est là que je traverse le port de plaisance où le tintement de l’accastillage sur les mâts des voiliers et enfin la piste Ouistreham Caen –Cabourg –Merville, Franceville qui passe par le pont Pegasus empruntée par la 6 ème division aéroportée britannique dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. Je connais bien cette région pour y avoir cherché des fossiles il y a trente ans avec des amis.
Je rejoins Cabourg et j’en apprécie la campagne aux alentours. Les valons sont beaux, verdoyants, mais un peu ventés. Houlgate est une belle station balnéaire, que je préfère à Deauville. La plage est immenses les demeures sont de style du début du XX° ou fin XIX ° et j’en prend quelques photographies.
La traversée du pont de Normandie ne peut se faire à vélo que le dimanche entre 12 heures et 14 heures et cela est bien vrai…il n’y a personne.
Je suis l’itinéraire que m’a indiqué Gérard, un cyclo du coin, et je traverse Le Havre sans stress. Passé le port autonome, je m’oriente vers Etretat en suivant scrupuleusement le trajet indiqué jusqu’au phare d’Autefert puis Etretat. La plage est faite de gros galets (de gros sables comme ils disent ici…). Un cycliste est sur le bord de la route en détresse. Une grosse panne : l’axe du pédalier est desserré. Je démonte la manivelle avec la clé adéquate puis il me donne un coup de main pour resserrer le moyeu de pédalier qui en fait est une cassette dont j’ai aussi la clé. Bon, il n’y a plus de jeu, on remonte le tout mais cela prend du temps car il faut être sûr que cela sera autobloquant par la suite. Le parc de Brotonne est une forêt composée de hêtres, de chênes et de charmes. Je quitte la « vélocéan » pour rejoindre rapidement un endroit pour dormir.
Il est maintenant 20 heures et il n’y a pas de campings ouverts à Etretat. Je sollicite l’hospitalité dans une ferme où le propriétaire est bouilleur de cru…il fait des liqueurs de cerises, de poires, de pommes…des mélanges avec de la limonade ou avec du sucre de canne. Je me garde bien de boire ses breuvages mais hume volontiers les parfums qu’il s’en dégage. La Normandie est une belle région vallonnée et verdoyante.
Réveillé par le froid et par la « galerne » le vent d’ici, je tente de démonter ma tente mais heureusement, le propriétaire vient me donner un coup de main car le vent est si fort que l’un des piquets en polyester s’est brisé. Je remplace le piquet par un de rechange. Je range tout mon matériel et il m’invite à boire du lait…de jument et du vrai beurre normand fait maison. La maison est faite de silex taillé soigneusement alignés le tout formant un appareil homogène et esthétique. Il m’explique que les chauve souris sont protégées dans la ferme car elles sont utiles. J’arrive à Fécamp au creux d’un vallon couronné par des éoliennes. La ville possède un joli port de pêche encore actif et je longe le littoral par Veulette sur Mer, St Valery en Caux, Veules les Roses. La vélo route ou route partagée , domine la falaise et du côté droit, les champs de colza, de blés, d’orges, sont nourris par des terres peu
fertiles d’origine calcaires et crayeuses. Les fleurs foisonnent dans les fossés et annoncent les prémices du printemps. Ici, il y a de belles demeures de luxe, bien protégées des regards, habitées en principe par des gens de la région parisienne. A Biville sur Mer, je déploie ma tente toute mouillée de la veille. Dans le champ d’à côté, deux chevaux se grattent mutuellement le museau pour peut-être chasser les mouches. Je quitte la côte d’Albâtre pour la côted’Opale
Mon but aujourd’hui est d’aller sur la route d’Abbeville puis Amiens par le long du chemin de halage de la Somme, appelé aussi chemin de Patis. Je passe beaucoup de temps dans le parc ornithologique de Marquenterre. Situé à Saint Quentin en Tourmont. Ici, 360 espèces ont été recensées. Des postes d’observation permettent de contempler cet espace privilégié. Les oiseaux fréquentent la baie de Somme.
La Camargue du Nord est constituée de Polders entourés de digues. On y aperçoit des vanneaux, des hérons, des barges à queue jaune avec une livrée rousse juchées sur de longues pattes. IL y a aussi des canards marrons et blancs avec une tête noire appelés la tadorne de Belon, le courlis cendré, les cigognes, des goélands, des avocettes, des spatules et plein d’autres espèces d’oiseaux dont je ne me souviens plus du nom. C’est stupéfiant de voir un endroit avec autant d’espèces d’oiseaux différentes en totale liberté… d’autant plus qu’il y a aussi ,tous leurs prédateurs comme les renards, les visons, les ragondins et autres …
Le printemps est la période idéale pour voir certaines espèces. J’accélère la cadence entre Abbeville et Amiens. Je passe par le château féodal de Rambures : cela vaut le détour car la roseraie du château compte plus de 400 variétés de roses différentes. Le Moulin Saint Maxent pour enfin rejoindre en fin de soirée Amiens Je contacte Hélène qui me fait visiter la ville
Le lendemain, je visite les environs avec le quartier Saint-Leu. On visite la cathédrale, le beffroi, le temple romain, les maisons renaissance. Je passe un très bon moment et suis très heureux de pouvoir partager mes premières impressions de voyage avec elle. Au quartier Saint Leu, les façades de maisons prennent des couleurs du midi, très colorées, et puis, il y a les jardins flottants maraîchers le long de la Somme

Je quitte Amiens sous une pluie battante. J’ai repéré la D 11 qui doit me conduire jusqu’à Pas en Artois. Je mange à Doullens, une bourgade qui autrefois était protégée par une citadelle. Ensuite je bifurque sur la D5 pour me rendre à Avesne et enfin l’ancienne voie romaine pour arriver à Aubigny en Artois. La route descend tranquillement et je réussis à garder ma cadence de 35 Km/h pendant plus deux bonnes heures pour arriver avec un jour d’avance à Lorgies, accueilli chaleureusement par la famille. Le lendemain, je nettoie la bicyclette, effectue quelques réglages et visite Lens. Le jour suivant, on part à Lille. Ensuite, j’effectue une promenade le long du canal près de Givenchy à Seclin puis retour par Béthune. D’un naturel écologue (et non écologiste) je prends le temps de lire les panneaux d’information ornithologiques. Je flâne le long du canal et regarde les péniches naviguer. Je profite des jours suivants pour gambader à bicyclette au musée de la mine de Lewarde. La visite de ce musée est passionnante d’autant plus qu’elle est commentée par un ancien mineur d’origine polonaise qui nous explique bien l’atmosphère et le mode de vie des mineurs. Il nous explique comment est arrivé le drame de la mine de Courrières où plus de 1000 mineurs ont été ensevelis. Ensuite, dans une réplique de galerie, il nous montre comment un mineur manipulait des outils et ustensiles. La visite du musée se poursuit par une exposition des fossiles trouvés dans les mines Je consacre une autre journée pour voir Notre Dame de Lorette et le mémorial de la crête de Vimy. Le lieu historique du Canada de la crête de Vimy se veut être un hommage à la mémoire de tous les canadiens et canadiennes qui ont risqués leur vie au nom de la paix et de la liberté au cours de la première guerre mondiale sur une ligne de front de 14 kilomètres faite de tranchées, souterrains. A l’aube du 09 avril 1917 les quatre divisions du corps d’armée canadien réussirent à s’emparer de leur objectif en début d’après midi on dénombrait 3598 canadiens tués dans la bataille.
Je quitte les « chtis » par le canal la Deûle jusqu’à Auby puis par le canal de la Scarpe jusqu’à Douai. Je visite la ville : beffroi, hôtel de ville et vieilles bâtisses puis file sur Cambrai. Les pavés du nord sont une torture pour le cadre du vélo déjà mené à mal par le poids qu’il supporte.

Le long du canal, des péniches sont amarrées. Je retrouve l’ancienne voie romaine qui s’oriente plein est vers Saint Quentin. La route est rectiligne, vallonnée et face au vent…les romains n’avaient pas pensé à tout… Je monte à Laon, située sur un promontoire crayeux entouré d’une muraille fortifiée par Vauban sur le flan est, et par un château féodal sur le flan droit. Le palais épiscopal au
pied de la cathédrale est fabuleux. La cathédrale, quant à elle, malgré la révolution nous dévoile de belles sculptures sur le tympan du porche. Je dévale la pente à vive allure pour rejoindre Reims car il se fait déjà tard. (Reims a été détruit pendant la dernière guerre par les bombardements alliés mais la cathédrale, elle, est restée intacte.) Depuis Laon, il y a trois possibilités de parcours : le chemin des Dames- l’ancienne voie romaine- le canal de l’Aisne-
En passant par le tunnel de Rinqueval long de 6 kilomètres construit sous la période de Napoléon 1er sur le canal de l’Oise. Enfin, en soirée, j’arrive à Reims et entame la montagne de Reims, qui fait partie du parc régional naturel avec une chênaie remarquable, du gibier dense. Le sol, quant à lui est composé de strates de roches sédimentaires dans lesquelles on trouve des oursins fossiles ainsi que des poissons fossiles. Dans la partie sud de la montagne, le sol est davantage composé de calcites…sans grand intérêt géologique. J’arrive enfin à Epernay au camping municipal vers 21 h30.
Après avoir visité Epernay où tout est fait pour la promotion du « Champagne », le canal de la Marne au Rhin me conduit direction Dixy puis Ay. A midi j’arrive à Vitry le François. Je glisse ma baguette de pain au frais dans mon tapis de sol (qui se trouve enroulé et accroché aux sangles des sacoches). Je fais le détour par Nettancourt pour arriver à Bar le Duc en fin de soirée sous une pluie battante. La cité haute de Bar le Duc est pourvue de belles demeures de style renaissance avec fontaines décorées de statues. Une bien jolie ville.

En cours de nuit je me réveille car le duvet et toutes les affaires qui sont dans la tente sont trempés. L’orage est de plus en plus menaçant Je m’engouffre sous le préau du château de Bar le Duc qui jouxte le camping pour mettre à l’abri les affaires et déménage ma tente (autoportée) pour éviter l’inondation. Les campeurs, eux, ont squattés les lavabos. Il faut dire qu’avec la grêle, le vent, la pluie et la foudre, on n’est pas en sécurité sous la tente.
« La pluie du matin n’arrête pas le pèlerin »
J


Dernière édition par Vindwa le Mar 08 Nov 2011, 17:45, édité 2 fois (Raison : Messages regroupés; 1 seul fil par sujet, svp. Merci)
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MessageSujet: CYCLOCAMPING EN FRANCE/ DEUXIEME PARTIE   Mar 08 Nov 2011, 14:41

« La pluie du matin n’arrête pas le pèlerin »
Je range tout le matériel mouillé dans les sacoches avec dépit en direction de la piste cyclable qui longe le canal qui doit me conduire à Ligny en Barrois. C’est une jolie promenade bordée de prés verts. Dans un champ, des sangliers se prélassent alors que dans l’autre partie du champ, les vaches paissent en toute tranquillité.
Un renard, surpris par ma présence rebrousse chemin avec une proie dans la gueule. Avant d’arriver à Gondecourt, le chemin se dégrade et je prends la route parallèle (la D166) qui me conduit à Doremy la Pucelle, ville natale de Jeanne d’Arc. En cours de route, à Vouthon, je fais la connaissance de Marguerite, professeur à la retraite, gardienne et bénévole pour entretenir, fleurir le mémorial qui se dresse sur le bord de la route consacré à Jeanne d’Arc. Ce mémorial représente Isabelle de Vouthon, dite Romée, mère de Sainte Jeanne d’Arc, mère modèle dans sa volonté, sa noblesse, un exemple de courage. Celui-ci est dédié A toutes les mères du Monde. Construit en 1961 par l’Abbé Vivenot, il a été visité par des personnes politiques, mais discrètement. Ce monument rappelle que « quoique l’homme forme peut-être les grandes époques, une nation s’élève ou tombe par ses femmes ».
La grêle et la pluie tombent drus et je me réfugie dans sa voiture le temps que l’orage passe. …Elle m’indique une cabane de chasse située quelques kilomètres en aval afin d’y passer la nuit en toute tranquillité. En effet, dans un sentier à droite, je trouve le chalet en bois, confortable et pourvu d’une cheminée. L’accès y est libre.

Aujourd’hui, je ne sais pas où aller…Besançon ou Vesoul ? De Neufchâteau je longe le Mouzon, une rivière qui fait des méandres (pas franchement le chemin le plus rapide…).me voici dans les Vosges. Le portail de l’église de Pompierre du XII° siècle me permet de m’abriter un moment. A la Mothe, une ancienne ville fortifiée située sur la D1, je prends à travers les forêts denses et vallons verdoyants la route qui mène au lac de Morimond. Ouf, l’averse s’est arrêtée. Les libellules sont écloses et voltigent dans les airs. Des chasseurs sont à l’affût pour le gibier d’eau (bécasses, canards). Je passe dans le département de la Haute Marne, et à Jussey, (située dans la Haute Saône) charmante bourgade avec plusieurs jolies fontaines. A port de Saône, je longe en direction de Vesoul, la départementale étant trop dangereuse. Je m’invite par surprise dans la famille qui m’accueille très chaleureusement.

François, mon oncle, m’aide à récupérer mon linge et ma tente étendue dans le jardin et décide de m’accompagner sur l’ancienne voie ferrée transformée en piste cyclable qui doit me conduire le long du Doubs, itinéraire idéal pour rejoindre Besançon. Je parviens à Quincey, Fontenoy-les-Montbusson, Avilley, Ollans Cendrey, la Tour de Chayce. Ensuite, j’emprunte le vélo route qui longe le Doubs jusqu’à Besançon. Jean Claude m’y attend pour la fête du vélo. Cette fête est aussi une revendication pour l’Association Vélo Besançon : le projet du nouveau pont ne comporte pas de pistes ou voies cyclables…ceci dit Besançon est une rare ville de cette région a être dotée d’un réseau aussi important.
Jean Claude est un ami qui m’avait soutenu et soigné, restauré, lors du retour du dernier voyage épique en Roumanie. Il fait partie du réseau « Cyclo Accueil Cyclo« et je dois dire que l’hospitalité est chez lui, c’est un tout : il est plein d’attentions, de patience, et le repas est à la carte. C’est vraiment un régal que de sséjourner chez lui. Je profite pour prendre quelques photos des vieux monuments de Besançon

Malgré la pluie diluvienne, Jean Claude m’accompagne une partie du chemin jusqu’au départ de l’EV06. (Itinéraire cyclable de Nantes à l’embouchure du Danube) J’arrive rapidement à Dôle.
Je prends le temps de visiter la maison de Pasteur, l’église Notre Dame du XVI°, les maisons du Moyen Age, les portails blasonnés, la médiathèque, le temple protestant transformé en chambre de commerce et d’industrie. La piste de Dôle à Tavaux est en mauvais état et je crève aux deux pneus : j’en profite pour rengraisser la roue libre, pour changer le roulement, resserrer les rayons…cela prend du temps. La forêt de Aumur n’est pas très loin et en passant par Abergement, la Ronce Saint Aubin, je devrai parvenir au camping de Seurre où il y a deux campings. Je coupe par le bois de Bauche, près de Grosbois les ichey sur la D110 et en effet, un des deux campings de Seurre est ouvert ! Les montagnes se reflètent dans le lac de Seurre… les grenouilles croassent, ce qui franchement n’est pas une musique agréable pour s’endormir… Mais cela fait aussi partie du charme du camping.

Les gorges de l’Ain sont dominées par de hautes falaises (combes) sur près de 50 kilomètres dont la cime est encore enneigée.
Je m’oriente vers les monts de Seurre par la route des sapins du Haut Bugey, en passant par la D503 qui passe par Cluse, Longe Pierre, Lays sur le Doubs, Louhans…la météo est plus clémente aujourd’hui, il ne pleut pas. Les maisons ici sont trapues, à colombages garnis de briques. Les pâturages sont légèrement vallonnés et les champs sont fleuris de fleurs de lin, de coquelicots, de fleurs jaunes. Ne trouvant pas de camping, je déploie ma tente à la tombée au milieu du village de Journans, le long d’un chemin muletier, près d’une source. La route est très raide à 17%, sinueuse jusqu’à Moisnand, Meyracq sur la D81 ; Je gravis rapidement le col de Berthiand qui culmine à 780 mètres d’altitude, pour arriver à Nantua en début d’après midi. J’étale mon linge mouillé sur la haie qui délimite l’emplacement du camping. Je demande à la gardienne du camping un ouvre boite car la capsule pour ouvrir la boite s’est brisée et elle me propose un saladier pour mélanger le tout. La ville de Nantua est bordée de cluses, perpendiculaires à la montagne, et de moraines, témoins d’une période glaciaire. Le lac est en fait une doline qui s’est remplie par les ruisseaux dont l’eau est maintenue par une digue située en aval du lac. Je flâne le long du lac et fais un tour en ville pour visiter l’abbatiale Saint Michel, pillée de sa piéta du XIV ° siècle et d’autres vestiges religieux date du XI° siècle mais le clocher, lui, date de 1850. On remarque que le tympan a été détruit pendant la révolution puisque les statues ont été cassées au pied. Un tableau d’Eugène Delacroix reste encore l’abside de l’église. Cette toile exposée dans le chœur a été peinte en 1836 et s’intitule « le martyr de Saint Sébastien »
L’orgue, d’une facture intéressante a été réalisé par Nicolas Antoine Lété de Mirecourt, ville des Vosges réputée pour ses artisans luthiers. IL ne reste dans le monde que 3 orgues de ce type et celui de Nantua lui, possède 2883 tuyaux d’étain et de bois de 1 centimètre à 5 mètre de hauteur. C4est donc le plus important.
Sur la liste des menus des restaurants les quenelles de brochet sont la spécialité gastronomique incontournable.
Pour cette étape, je décide de laisser mes affaires au camping pour voyager léger. La route des sapins du Haut Bugey est sur un parc naturel de 180 000 hectares, de terres de paysages forestiers dominées par le sapin pectiné utilisé pour l’industrie du meuble et la charpente. On y retrouve des lynx, des renards et autres animaux. Sur un terrain karstique, donc d’origine glaciaire, les grottes, concrétions sont nombreuses. Pour me rendre à Oyonnax, j’utilise la D74 par le lac Genin, superbe, dans un écrin de verdure et de feuillus. La descente sur Oyonnax n’est pas véloce car pleine de trous, dus certainement à la neige …guère mieux que les pavés dans le Nord. Oyonnax est une ville industrielle avec son pôle de plasturgie, métallurgie (c’est là où on fabrique des tables et chaises de jardin). La seule curiosité à mon goût est un vestige d’anciennes publicités du siècle dernier sur les façades des maisons
Je monte un col pour aller à Izernore où il subsiste quelques traces d’un temple gallo romain vraisemblablement dédié à Mercure. Les fondations ont été arasées par les invasions du 1 er siècle après JC. Au retour de ma balade, la gérante du camping m’invite à manger chaud et équilibré ; Cela me change car avec l’ancien gérant de ce camping, j’avais été reçu comme un chien dans un jeu de quilles
Je suis très bien choyé dans ce camping. Les gens sont attentionnés.
Me voilà parti vers Saint germain de Joux sur la D1206, et sur les bas côtés je scrute du regard des coraux, des lys de mer fossiles, signe que l’on a changé de terrain. La route monte régulièrement jusqu’à Bellegarde sur Valserine et une descente est amorcée avant d’arriver à Vanzy où je frise un excès de vitesse…le radar limite la vitesse à 70 Km/h. Pour me rendre à Thonon les Bains en évitant Genève, je passe par le col qui domine St Julien en Genevois et Annemasse. C’est en haut du col que m’attend Stephen, un casque pour moi à la main (en Suisse, c’est obligatoire) et des sacoches vides dans lesquelles on transvase une partie de mon chargement. Je me laisse guidé pendant une semaine par cet ami cyclo qui connaît les petites routes et les itinéraires de mémoire sans jeter un coup d’œil sur les cartes. On contourne ainsi les routes fréquentées pour rejoindre Sciez sur Léman où Stephen connaît un camping confortable, près de la plage (du lac Léman) et pas cher.. ce qui est perle rare en Suisse. Après avoir passé une semaine en suisse à travers les Diablerets, le glacier du Rhône, la vallée de Gruyère, le tour du Lac Léman et ses châteaux, Evian, je me repose au camping deux jours. Les oiseaux gazouillent, le coq claironne, les cloches des vaches teintent au loin…il est temps de me lever ! J’utilise la vélo route du bas chablais qui longe le rivage du lac Léman, le long des champs de lin, de blé et d’épeautre. Je visite le château de Ripaille du XV° siècle, et monte à bord du funiculaire Evian pour effectuer le dénivelle de 250 mètres. Au retour de la balade, je longe la piste cyclable d’Anthy puis Sechex pour revenir à Yvoire que Stephen m’a fait visiter il y a trois jours maintenant. Je flâne dans le village médiéval d’Yvoire,
Le lendemain, j’assiste à une kermesse pastorale avec Stephen annonçant les estives et les premières fenaisons. On visite le musée de la préhistoire et de paléontologie
Stephen vient me chercher pour aller faire un tour dans les Diablerets et voir le glacier du Rhône. La route monte vers Sion et se prolonge par une route sinueuse étroite et raide. J’ai la chance de pouvoir être guidé par ce cyclotouriste de bon niveau et qui connaît bien son pays. J’en profite pour faire cette excursion pendant une semaine puisqu’il me conduit dans un parc naturel près de la frontière Hongroise et Slovène. Je reviens à Sciez sur Léman.

Je passe de nouveau au col au dessus d’Annemasse, par la Roche sur Forn, Thorens, Glières et j’arrive à Annecy. Je connais déjà Annecy mais j’en profite pour faire une pause car j’ai souvenir qu’ un camping se trouve le long de la piste cyclable et que je peux y arriver tard…Annecy est dominée par un vieux château. La particularité de Annecy est que le vieux bourg est parcouru par de vieux canaux et que le façades des maisons sont belles. Annecy fait partie des villes candidates pour l’organisation des jeux d’hiver olympiques de 2018.
Après 34 kilomètres de pistes cyclables le long du lac d’Annecy puis le long d’une rivière, je contourne Albertville escorté par Stéphane, un jeune cyclosportif qui m’indique le chemin idéal par la D 201 Jusqu’à Tournon puis en longeant les combes d’un dénivelé de 1700m. Je suis donc la route de crête pour aller à Montmélian puis Pontcharra. Arrivé à Gresy sur Isère, j’essaie d’apercevoir le glacier le plus bas d’Europe qui est en fait un cône de déjection d’avalanches du mont Percloz (2197 m) et de la pointe des Arces (2076m). Le parc Régional du massif des Bauges est doté d’un paysage magnifique. La route est vallonnée avec de beaux châteaux perchés sur la falaise,
dont les châteaux de Miolans, Rubaud, Arbin, Saint Pierre de Soucy…depuis Montmélian, je traverse l’Isère pour m’orienter vers Pontcharra par la D923 et la D523, celles étant pourvues de voies cyclables récemment aménagées . Les vergers de noyers sont nombreux et la spécialité culinaire est un gâteau savoureux…mais un peu lourd avec de la pâte de noix. Je parviens au camping en fin d’après midi à Tencin

Je regarde attentivement la barre rocheuse du côté droit de l’Isère, la chaîne de belle donne dont j’aperçois dans la brume son plus haut sommet culminant à 2978 mètres et dans la neige aussi le Rocher Blanc, un peu plus petit (2928 m). Je prolonge la route d’hier après midi qui doit joindre Grenoble. Une déviation à Eybens me fait perdre du temps et me fait gravir un coteau à 15 % que je n’avais pas prévu au programme. Je fais la pause dans le parc du château de Vizille du duc de Lesdiguières du XVII° siècle. Cela me donne l’opportunité de voir la forteresse Villeneuve au lieu les « quatre sonnant seigneurs », je longe la zone industrielle jusqu’à champ sur Drac. Je m’apprête à monter le col de la Mûre à 855 mètres en longeant la corniche du Drac. Très beau décor verdoyant de charmes, de noyers et de noisetiers. L’approvisionnement en eau semble être problématique dans le pays puisqu’ils utilisent de gros moyens pour l’acheminer avec notamment le canal des moines du XIV ° siècle, qui part de la source de Champehauzat (Le Perrier) et se termine à Vallonnas. Les rigoles sont ainsi alimentées par un système de pierres plates qui obstruent ou pas l’entrée.
La pente est régulière à 8% environ jusqu’à Saint Georges de Commiers. Les adeptes de sensations fortes s’exercent au saut à l’élastique. La pente s’arrête à Monteynard d’où un joli panorama m’est offert. Le barrage de la Drac avec vue sur le cirque d’Archiane au loin, enneigé, et à ma gauche le grand Veymont (2341 m). A ma droite, l’Orbiou du haut de ses 2798 m pavoise fièrement. Je descend à la Mure (altitude 880 m), et m’arrête devant la gare du petit train minier qui est le terminus et aussi un musée de l’histoire de la mine, puis fais la pause au beffroi devant lequel il y a un carré magique très curieux :
R O T A S
O P E R A
T E N E T
A P E R O
S A T O R
Traduction : le semeur d’Apéro tient avec soin les roues.
A la Mure, il ya de vieux fours à pain, des vieilles fontaines et un bassin ou plutôt un lavoir puisqu’il y a une pierre inclinée. Un camping à la sortie de la ville aux Eygats à 840 m. De là, je contemple le massif des Ecrins. Ici on cultive la vigne malgré la haute altitude.
Ici, la montagne s’érode et de grands filets retiennent les éboulis. Je remonte sur le barrage de Sautet, retenue artificielle qui capte aussi les sources des Guillaudes qui descendent de l’Orbiou (2789 m), de la crête de Samaroux. Je remonte donc le col de Fistreaux à 1033 m puis un détour par le col du Noyer à 1694 m. La pente est abrupte et en mauvais état, très étroite. Aujourd’hui, je n’ai pas de problème d’approvisionnement en eau…ici, il y a partout des petites sources. Je descends sur Poligny par un décor bucolique. Encore une crevaison… et il s remet à pleuvoir ! Et en plus je casse ma pompe en m’acharnant à donner encore plus de pression… décidément…je cherche dans mes bagages la deuxième pompe de rechange et remplace le tout en échangeant les chambres à air car j’ai vraiment pas envie de perdre du temps à réparer.
Je monte rapidement au col Bayard (1246m) pour parvenir à Gap, et utilise une route très dangereuse car la pente est très raide et les virages très prononcés. Ouf, j’ai le temps de prolonger mon parcours. Je longe la Durance et passe devant les demoiselles coiffées de Romollons. De là, je bifurque vers le petit sur les hauteurs de Gigors. Il pleut violemment et je demande la permission de m’installer sous un auvent d’une caravane inhabitée…la nuit est mouvementée puisque vers 2 heures du matin, je suis réveillé en sursaut par des blaireaux qui ratissent le sol.
Après avoir longuement discuté avec les gérants du camping et annoncé la présence de ces chers animaux, je descend sur la Mouthe du Caire, à travers les vergers de pommes recouverts de voile protecteur contre la grêle, je passe devant l’office du tourisme qui gère l’entrée de la via ferrata . Il s’agit de la via ferrata de la grande Fistoire) qui propose une excursion de 250 m de dénivelé avec une longueur de 930 m comportant 3 tyroliennes dont une de 220 m, des passerelles dont un pont népalais des échelles…que des sensations fortes !...mais j’ai le vertige et ai peur depuis quelques temps de ce genre d’acrobaties.
La responsable me donne toutes les informations que je souhaitais et me donne la possibilité de consulter ma messagerie informatique. Je vais sur Clamensane, le long de la Sasse, petite rivière de montagne quia alimente en aval la Durance. Je grimpe à Valavoire, pour voir le panorama, cela vaut le détour malgré les 8 kilomètres de montée. En montant, je vois des vignes et des vergers…le village a subit l’isolement cet hiver avec de grosse chutes de neige. Plusieurs toitures se sont effondrées sous le poids de la neige. Je redescends sur Salignac où le camping est connu pour être calme.

Cette nuit, j’ai été l’hôte privilégié de la famille des fourmis. Elles m’ont chatouillé toute la nuit. En pleine nuit, j’ai dû enfiler mes vêtements de pluie, mes chaussettes pour ne pas être importuné. Arnaud m’attend devant la tente et m’aide à démonter le matériel et préparer mon chargement. Il doit me conduire au col d’Allos, et au col de Restefond, cime de la Bonnette.
Nous commençons la balade par la clue de Javie pour voir la dalle aux ammonites et les empreintes d’un animal fossile du Jurassique. Les quinze premiers kilomètres, paradoxalement, on descend de 100 m de dénivellé…cela commence bien ! ensuite, à partir de Digne les Bains, une pente régulière à 5% seulement pendant trente kilomètres où on parvient à une altitude de 800m. Là, on progresse avec des passages entre 7 et 10% de pente …jusque là rien d’extraordinaire…et puis, cela se complique car la pente est encore plus raide, entre 10 et 15% lorsqu’on approche du col de d’Allos car il culmine tout de même à 2248m. Ouf ? on redescend sur Barcelonnette. C’est le grand jour pour franchir le col mythique des cyclos. Il est long mais moins difficile que certains cols pyrénéens (genre le col du Pourtalet ou celui du Tourmalet), mais il est long. car contrairement à ce qui est écrit sur le panneau lumineux en cours de route, il est ouvert me confirme-t-il. Le col de Restefond ( la cime de la Bonnette) est une voie impériale réalisée sous Napoléon III pour des raisons stratégiques…d’où les casernes en haute altitude et son nivellement parfaitement équilibré. Les virages sont bien larges et permettent même de faire la pause. Le paysage est superbe et la route certes est longue et raide mais d’une pente régulière très agréable à gravir car le décor est vraiment surprenant. Partis de 1200 m, l’altitude est régulièrement mentionnée ce qui est motivant et puis il paraît moins difficile que d’autres cols des Pyrénées car il est vraiment très régulier et que l’on peut s’arrêter dans les virages La dernière partie, moins raide nous permet de récupérer avant le sommet, dégagé, et laissant dévoiler un panorama sublime à 180°. Les Alpes, le massif des Ecrins… exceptionnel !
se fait entre deux murs de neige et sur une route boueuse mais de toute façon, on ne dépasse pas les 12 Km/h. L’un et l’autre avons le même niveau et il nous faudra plus de 4 heures pour parvenir au col. On s’arrête pour prendre des photos, boire, grignoter, se reposer. Le cardio fréquencemètre dépasse à trois reprises les 110 de pulsations, alors que c’est la limite que je m’étais imposée. On récupère un peu avant le col au niveau des casernes et on redescend tranquillement par le même chemin pour retourner à Barcelonnette où on a laissé le chargement. Le soir, on fête notre ascension avec un bon repas tiré du sac.
Retour sur Digne les Bains par le col du Labouret, sans difficulté, dans la Clue de Javie.
Avant de partir Arnaud m’indique sur la carte les gisements de fossiles pour, dit-il, me distraire pendant la montée du col. Je passe par la route Napoléon pendant quelques kilomètres. Un premier col, un deuxième où en effet, je trouve des oursins fossiles, des ammonites, des coquillages et d’autres dont je ne connais pas le nom. C’est un lieu protégé et de toute façon, ils sont top lourds donc je prends des photos. Je passe par les clues de Chabrières
Castellane : jolie petite bourgade où je trouve de quoi manger au marché. Les ruelles sont typiques des villages du midi. On ressent déjà l’ambiance de Provence. Les façades sont colorées, les clochers sont typiques avec leur décoration en fer forgé. On m’indique la route pour aller à Comps sur Aubry, mais avant de gravir les deux coteaux je reprends des forces en grappillant des fruits (enfin de fruits de saison…) de la tapenade d’olives noires, des mendiants faits de pâte sablée recouverts d’amandes et de noix.
A Le Bourguet, des «anciens » discutent au bord de la fontaine…m’apprêtant à remplir mes bidons, je suis surpris en voyant le pennonceau « eau non potable ». Je retourne à mon vélo quand l’un d’eux me dit : j’ai plus de cent ans et j’ai toujours bu de cette eau…alors, vous pouvez en boire ! C’est de l’eau de source captée dans le Jabron. J’arrive au camping un peu fatigué car cette chaleur est humide et orageuse.
Aujourd’hui, j’ai comme objectif le tour des gorges du Verdon…
Je prends donc la D71 pour passer sur la corniche par le bois de Sioumet à 800 m où des petits chênes verts abritent des hermines, renards, chevreuils. Le balcon de la Mescla : à ma gauche, la barre de « l’escales», à ma droite la barre de « colle de Breis ». Des combes et des Dombes d’origine glaciaires sur un sol karstique. Le pont d’Artuby à 813 m offrent à des fanatiques du saut à l’élastique la possibilité de se jeter dans le vide…Je franchis le tunnel de Fayet à 940 m puis la route culmine à 1240m pour redescendre sur la source de Vaunalle à 1180m dans la descente sur Aiguines à 500 m. La descente est limitée en vitesse par les éboulis qui se déversent sur la route et les trous dus à la neige.



Le lac de Sainte Croix est long de quinze kilomètres environ. Le village de Moustiers, ville de potiers, d’artisans d’art, de confection de produits du terroir, de santonniers, ouvre la porte aux premiers touristes. Avant de franchir le col de l’olivier et donc passer sur l’autre rive du Verdon, je me pose un peu dans ce village provençal typique et bien soigné. Estampillé « les plus beaux villages de France « les habitants y sont accueillants et flâner dans les ruelles est un vrai plaisir, mais le temps tourne à l’orage et il est temps de remonter vite au camping, qui est à 50 kilomètres de là. La route est étroite et sinueuse, régulièrement pentue ce qui me donne la possibilité de gravir le col d’ayen à 1031m avec 17km/h pour redescendre sur La palud du Verdon. Les gorges du Verdon ne sont pas fréquentées en cette période de l’année et passé le collet Baris, le panorama est exceptionnel. La foudre tonne, la pluie est diluvienne et je me suis abrité sous une falaise en hauteur de la route qui devient un torrent de boue et de cailloux. Je profite de cette intempérie pour sortir de mes sacoches de quoi manger, histoire de passer le temps, mes outils pour bichonner mon vélo mené à mal ces derniers temps… de petits réglages sont nécessaires. Au bout de deux heures, je profite d’une accalmie pour sortir de ma cachette, sec (pas pour longtemps) et restauré. Les eaux du Verdon ont changées de couleur, monté de niveau, charrient des branchages, des cailloux et de la boue. La falaise s’est éboulée et les cailloux parsèment la route. Les gendarmes dégagent les plus grosses pierres à la main pour permettrent aux véhicules de se frayer un chemin. Des sirènes retentissent, signe que le barrage en Amont situé à Castellane va déverser de l’eau dans le Verdon. Les gendarmes prennent la fuite après avoir mis des panneaux avertissant le danger d’éboulement. En effet, dix minutes après le Verdon monte encore de niveau, ce qui n’arrange pas les choses. Pour remonter à Comps sur Artuby, je prends par la clue de Carrejuan, après le château de Rouzon et enjambe le vieux pont pour arriver à Jabron, situé en hauteur et où le risque est limité. Vers 21 h j’arrive au camping, sinistré lui aussi…la pluie tombe toute la nuit, toutes mes affaires sont mouillées, et le propriétaire du camping reçoit la visite des gendarmes pour faire le point sur la situation. L’alerte orange de Météo France est maintenue jusqu’à demain midi. Des cyclos canadiens m’invitent dans le mobil home que le gérant du camping leur a proposé pour un prix dérisoire (10€)…le gérant est tout content car il sait tout le monde en sécurité maintenant. Il nous ajoute un appareil de chauffage, histoire de sécher nos affaires et est particulièrement attentionné, puisqu’il nous rajoute sous la pluie battante une antenne parabolique pour regarder la télévision…il paraît qu’il y a la coupe du monde de foot. J’en profite pour récupérer du sommeil. Eux passent leur temps à planifier leur itinéraire, discuter et bouquiner. C’est le 16 juin, il grêle, il pleut et l’orage ne cesse pas. Ce n’est que le surlendemain en début d’après midi, que l’on reprend les vélos, ensemble, en direction de Moustiers Sainte Marie par la corniche. Je téléphone pour rassurer la famille en apprenant les inondations de Draguignan, d’autant plus que deux jours avant j’avais signalé que je redescendais sur Grasse et Draguignan.. mais les routes étant en mauvais état, je suis resté en « hauteur ». La seule route praticable est celle de la corniche du Verdon. Je commence à connaître la route. Trois heures après on plante la tente à Moustiers. On mange ensemble et un prêtre jésuite vient à notre rencontre : la discutions dure une bonne partie de la soirée
De nouveau, des pluies diluviennes viennent gâcher la nuit. Je transporte par tente (autoportée) sous le préau situé à côté de l’accueil. Je laisse mes sacoches sur les tables de pique nique, et me réveille tardivement. La gérante du camping est pleine de petites attentions et cela ne la dérange pas que j’ai squatté le préau. Elle a mis le vélo à l’accueil au cas où…Je visite avec David et Sylvie Moustier. On part chacun de notre côté puisqu’ils vont sur Valensole et que je connais déjà cette route…moi, j’opte pour Riez où je visite l’ancien temple gallo romain, puis le château de Allemagne En Provence. La route monte les cinq premiers kilomètres jusqu’à 700 mètres pour redescendre en continue pendant trente kilomètres, ce qui fait que une heure après j’ai déjà parcouru 35 kilomètres.
En traversant Saint Martin de Bromes, j’esquive une boule de pétanque qui passe sur la route…ouf ! quelle stupeur. Gréoux est une station thermale dominée par les ruines d’un vieux château…et ce n’est que là que la cote à 10% fait un dénivelé de 200 mètres.. et encore, pour redescendre tranquillement jusqu’à Manosque.

Vers 16h30, j’arrive devant le camping municipal m’attendant à voir débarquer les cyclos de ce matin, vu qu’il n’y en a pas d’autre dans la région. Je mange mon repas du soir, fait de touron, fruits, riz au lait, pain et chocolat…puis me dirige vers l’accueil. J’indique que, éventuellement deux cyclos peuvent partager l’emplacement avec moi, pour diminuer, certes, dérisoire. Vers 18 h en effet, ils sont étonnés de me voir là…
Mon parcours est établi pour le Lubéron… cette fois ci, par le versant gauche. Je range le linge qui est maintenant sec, la toile de tente aussi. La météo est clémente et je décide donc de prendre la vélo route indiquée sur le site qui relie Manosque à Cavaillon, sauf qu’au lieu d’aller à Cavaillon, je passe par Apt et Robion, route que je connais avec des petites routes sinueuses et pleines de verdure.

Manosque est un haut lieu de paléontologie puisque qu’on y a découvert des poissons fossiles, et des ossements d’animaux. De l’oligocène (25 millions d’années) il sont bien conservés dans des lignites et schistes bitumineux ou encore dans des plaques de sédiments calcaires ou de diatomite.
A Bastide des Jourdans, je photographie la fontaine du village, puis passe à Cucuron, village perché, puis Vaugines et Lourmarin
.Midi où tout le monde est en quête d’un restaurant pas cher, j’en profite pour revoir les petites ruelles de Ménerbes et visiter les abords du château.
Ensuite, je traverse la combe de Ménerbes où la fraîcheur est la bienvenue. A Gap, je rejoins Antoine, un cyclosportif de haute volée avec lequel je vais faire une petite balade demain. On s’installe au camping de Robion.
De Robion, on se dirige vers Cavaillon (connu pour ses melons…), puis Orgon et Eygalières. On visite Saint Remy de Provence et les ruines de Glanum, les Antiques, les Baux de Provence, l’acqueduc romain de Fontvieille, l’abbaye de Marmajour, et Arles. On s’attarde longtemps à Arles car il y a beaucoup de vestiges gallo romains et Antoine est un passionné d’histoire… et de vélo. La traversée de Arles est délicate, mais il connaît l’itinéraire pour en sortir sans encombre. Comme il le dit, rien n’est conçu pour les vélos. La seule piste cyclable existante mène au pont Van Gogh. Pour éviter la départementale, les petites routes nous mènent au camping de Saint Gilles où on s’installe sous un préau Zut ! je me suis fait voler mon faux porte monnaie à Arles ! Comment ont-ils fait ? Bof, c’est pas grave…je ne sais pas comment il va faire avec toutes ces pièces étrangères qui ne valent rien du tout maintenant qu’ils sont tous passés à l’€uro. Avant d’arriver à Saint Remy de Provence,on passe par un aqueduc qui projète un gros débit d’eau avec deux belles chutes. On en profite pour visiter longuement Glanum, ancienne cité romaine avec autour un mausolée et un arc de triomphe très bien conservé. Glanum était habité déjà 7 siècles avant JC. La cité était établie près de la voie romaine des Alpilles, en pierres sèches. A cette époque, la ville est gauloise jusqu’à ce que les romains l’envahissent et transforment Glanum en une riche cité, qui ne résistera pas aux invasions alémaniques vers 260 après JC. C’est une ville raffinée munie d’un forum, de plusieurs édifices religieux, de latrines publiques, de thermes chauffés par hypocauste, d’un marché, d’une source et de maisons d’hôtes, d’un amphithéâtre. Les rues sont équipées de tout à l’égout, avec des parements de marbre. La ville était entourée de remparts…une ville moderne ! On file sur la Grande Motte, et sur la piste cyclable qui longe les rizières et les marais vers Pallavas les Flots. Au menu, du saucisson de taureau…On va sur Sète où on assiste à une bataille de joutes et ensuite le long du rivage jusqu’à Marseillan
Départ de Marseillan en direction de Agde où on prend le canal du Midi jusqu’à Capestang. De là, on trouve une petite route pour nous conduire à Narbonne. Arrivée à Gruissan en fin d’après midi sous la canicule et le vent de tramontane très violent et qui nous ralenti sérieusement.
Encore un camping qui est nettoyé par le vent, la pluie et les mouettes…
Un petit tour au gouffre de l’œil doux en attendant que les producteurs d’un film veuillent bien nous laisser passer…ah enfin ! Antoine, lui, n’a pas eu la patience d’attendre et est rentré chez lui à Apt. Le marais de l’île Saint Martin est enfin dégagé.. ou presque. On n’imagine pas tout le matériel et le personnel mobilisé pour faire un tournage d’un film ! Je passe par le canal de la Roubine entre l’étang de Bages et de l’Ayrolle. Cette piste est en terre battue et cailloutis. Sur le bord du chemin, des « cap blanc » très odorants commencent à fleurir.
A l’écluse Sainte Lucie, je me dirige vers les marais salants pour rejoindre le cap Romarin, Leucate, Bacares, Salses et son château qu’il insiste pour que j’en fasse le détour. Le parking est payant, mais voyant ma bicyclette, le vigile me fait un sourire et me laisse passer gratuitement.
Pour rejoindre la côte, je suis les indications laissées par Antoine : Saint Laurent de Salanque, Claira, l’étang de Canet où plus de 300 espèces d’oiseaux sont présents sur le site protégé. Les jours suivants, On visite en famille la cathédrale et le cloître de Elne, et promenade jusqu’à Collioure sur le bateau des cousins. On passe la soirée à manger des Tapas sur les remblas de Figeras.
Nano, dans son esprit fédérateur, doyenne des cousines contacte mes autres cousins en vue de passer le week end ensemble.
St Cyprien où je suis attendu par ma cousine qui passe ses vacances au bord de l’eau. Dans la famille, on connaît bien Saint Cyprien Port Bou mais pas pour des raisons touristiques…en effet, le grand père maternel, républicain catalan, a été exilé avec sa famille et 100 000 autres espagnols, fuyant le franquisme. C’est en quelques sortes, les premières victimes de la deuxième guerre mondiale.
Départ en fin d’après midi en direction de Saint Estève par la piste cyclable qui passe par Bompas.
Départ escorté par ma tante Caroline jusqu’à Baixa. J’arrive à Tautavel, site préhistorique où on a retrouvé le plus vieil homme d’Europe, puis le château d’Aguilar, Tuchan, Paderm et Cucugnan où je m’arrête avant de monter à Quéribus, château Cathare. Visite du château de Queribus construit sur un éperon rocheux. Ce château est mentionné dès le XI° siècle et c’est le dernier bastion à tomber aux mains des français en 1255. Situé à 728 m d’altitude, il y a une vue surprenante sur toues les Corbières. Un véritable sentinelle qui a défendu la frontière jusqu’au 17 ième siècle. Le château était équipé d’un puits, de citernes en cas d’incendie, de cheminées, canonnières, et une salle gothique supportée par un pilier cylindrique d’où partent 4 croisées d’ogives.
Retour sur Cucugnan puis gorges de Calamus, jusqu’à Caudies de Fenouillèdes.

Me voici en train de tremper mes pieds dans les bains d’Ax Les Thermes…trente après ! C’est une jolie ville où je fais le plein de nourriture. J’arrive à Quillan et prend la direction du Sud pour me rendre à Castelnaudary…Esperaza, connu pour ses empreintes et oeufs de dinosaures…mais aussi pour ses confection de chapeaux, et enfin Alet…idéal pour remplir les gourdes d’eau de source.
Alet est réputé pour les ruines de son ancienne abbaye, son pont médiéval et ses couverts à colombages.
En longeant l’Aude, me voici à Limoux. De Limoux, j’emprunte la petite route qui conduit à Loupia, bastide circulaire médiévale. Sur le mur d’une ancienne boutique, on peut lire : « chapellerie » ou « mercerie »… A la sortie du village, une belle montée m’y attend : route sinueuse et pente à 7 % pour arriver au camping municipal de Mirepoix en soirée

Mirepoix, ses couverts du XI° siècle dont certains sont sculptés, son église, son vieux bourg.
Je pars à Castelnaudary en passant par Fanjeaux, me promène autour du bassin et me dirige vers le camping municipal en compagnie de Alain. Je passe ma soirée en famille. Alain est déjà parti….moi, je déjeune avec des galettes Ines Rosales parfumées à l’huile d’olive, un sandwich de touron de jijona, des rousquilles et du riz au lait…
Pour me rendre à Toulouse, j’utilise la route de crête puis le canal du midi pour parvenir dans le centre ville de Toulouse sans difficulté avant la canicule. L’après midi est consacré au shopping et le soir à un concert donné sur une péniche

Aujourd’hui, Jean Claude m’accompagne jusqu’à la sortie de Toulouse et dans la bonne direction pour Saint lys., Rieumes, Les Fousseret, Cazeres, Sainte Croix Volvestre, Saint Girons. Là, je fais une pause avant d’attaquer le col de Portet d’aspet 1069 m, pour redescendre sur le col des Ares à 797 m et arriver tard au camping à Saint Béat, dégoulinant de sueur.
Je ne peux pas être si près de Saint Bertrand de Comminges sans aller y jeter un coup d’œil. Je connais bien l’itinéraire de la haute route Pyrénéenne à vélo pour l’avoir fait plusieurs fois, mais là je n’en ai pas le courage. De Bagnères de Luchon, je gravis sans problème le col de Peyressoudes à 1569m puis le col d’Aspin à 1488 m et enfin le col du Tourmalet. Quelle galère, il pleut et en plus par ce flan de montagne, c’est encore plus difficile à mon goût que par Luz St Sauveur… enfin Pau n’est plus bien loin. Je monte péniblement les derniers coteaux après Lourdes…et à Pau, un skate à moteur électrique me double même sur la route de Bizanos à Pau…c’est pour dire ! il était temps que je m’arrête.
La dernière étape pour arriver au bercail .
Ouf ! joli voyage dont je garderai un très bon souvenir
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MessageSujet: FLANNERIE DANS LE MEDOC   Mar 08 Nov 2011, 14:43

J’examine une dernière fois ma liste et contrôle le chargement sur le vélo couché. Top départ en direction du sud de Léognan vers le quartier Mignoy afin de prolonger le chemin de Saint Jacques de Compostelle pour éviter d’emprunter l’ancienne N10 de Bordeaux à Labouheyre . Nous passons près de la communauté hippie qui vit en totale autarcie depuis des années, en rase campagne. Nous rencontrons des pèlerins à hauteur de la réserve de chasse du Peyron, harassés de fatigue, sur le chemin du retour à proximité de l’intersection avec la départementale D211 de Jauge à Saucats.
La traversée des Landes est particulièrement monotone pour en avoir fait l’expérience avec ma mère l’année dernière. On traverse les champs par un chemin vicinal qui nous conduit à Lavignolle, à proximité du Barp, 35 kilomètres au sud de Bordeaux. Ce village est connu pour avoir abrité les pèlerins dans un ancien hôpital du XIII° siècle situé à l’emplacement actuel de l’église. Quelques difficultés pour traverser la N10 très fréquentée à cette heure-ci. Enfin nous voilà arrivés pour l’étape du soir au camping du Bilos isolé à 4 kilomètres de Salles, le village le plus proche où on ne tarde pas à s’y rendre à pied afin de grignoter. Nous enjambons l’Eyre par un vieux pont où en période estivale des canoës s’élancent sur la rivière jusqu’à Mios. Chemin faisant, nous découvrons un sanglier escortant deux petits marcassins suivi de la laie qui ferme le cortège . Après cette longue marche, on récupère les affaires laissées au chaud dans les douches et on se couche. IL est encore tôt mais il fait déjà nuit et on s’endort toujours plus difficilement sous une tente sans le petit confort quotidien. Le coq nous réveille, les oiseaux chantent et nous sortons péniblement de la tente ruisselante de rosée.
Nous traversons le marché pour atteindre la piste cyclable Bazas Mios construite sur l’ancienne voie ferrée construite mi XIX° siècle et désaffectée depuis de nombreuses années. La Leyre faisant des méandres, nous la traversons plus tard. Ses eaux saumâtres ne donnent pas envie de s’y baigner et ce lieu est dense en moustiques et autres animaux de marécages. Nous arrivons à Facture et son grand panache blanc de l’usine de papeterie. Aux abords de cette petite ville, la circulation est dense et il nous tarde de reprendre de nouveau la piste cyclable. Cela fait défaut sur cette portion de route de seulement 4 kilomètres…Il est déjà l’heure du repas de midi et nous pique niquons sur le domaine de Certes, devant une bâtisse majestueuse du début 19 ème siècle. Sur une superficie préservée de 395 hectares auparavant sur l’île de Branne, prés salés transformés en marais salants puis en réservoirs à poissons. Nous longeons les digues des marais par le sentier du littoral d’Audenge. On aperçoit au loin les cabanes de pêcheurs tchanqués de l’île aux oiseaux. Un bateau de plaisance n’a pas trouvé le bon chenal qui relie le bassin au port et se trouve coincé en plein milieu de cette vase gluante. Il devra patienter jusqu’à la prochaine marée…
Une multitude d’oiseaux nichent dans les marais salants, des ornithologues munis de jumelles et de zooms photographiques scrutent les mouvements des oiseaux. Des enfants habitués au site cherchent des crabes. Ils passent leurs vacances dans ce site privilégié et préservé. Je flâne sur ces chemins en terre battue pour éviter de tomber, car par endroit, le sol étant imprégné d’eau, il est difficile de maintenir le vélo stable.
On parvient enfin au port de Cassy, et nous décidons de nous diriger de nouveau sur la piste cyclable. Petit arrêt pour récupérer un peu, à l’ombre, sous le préau d’une ancienne gare. Cette chaleur orageuse est désagréable et épuisante mais il ne faut pas se plaindre, nous n’avons pas eu beaucoup de pluie jusqu’à présent…encore vingt kilomètres nous séparent du camping et il est 17 heures, on a largement le temps. Un touriste s’arrête et contemple le vélo couché. Que regarde-t-il : le vélo ou le chargement ? Nos vélos s’élancent à vive allure et une petite heure plus tard on débarqua au camping : on négocie le prix : on n’a pas de voiture, on paie ce soir, on fait partie de la fédération cyclotouriste, on ne prend qu’un emplacement avec deux toutes petites tentes, on ne fait pas de bruit, et on n’a pas de monnaie, tous les prétextes sont bons pour abaisser le tarif ! La nuit est calme, et le réveil tardif. On enjambe les vélos et la première question est : par où passe-t-on ? il y a en effet
deux possibilités : soit on prend la piste Lège-Gaillan en Médoc soit la piste cyclable de Lège Hourtin, Montalivet, Soulac sur mer. Ayant déjà pratiqué la deuxième l’été dernier, on décide de choisir la voie qui conduit à Lacanau bourg quitte à bifurquer ensuite. Ouf ! nous arrivons sous la canicule à Brach. Nous faisons la pause devant l‘église, sous les platanes : il est important de s’arrêter un peu pour se remettre de cette dernière étape particulièrement dure avec un vent de face, les roues qui scotchent au goudron, sans parler d’une rencontre inattendue avec Patricia, céramiste à Bordeaux avec qui on discute pendant une heure…la pause est finie et il faut arriver à Saint Laurent du Médoc, commune dominée par son église Saint Laurent construite en 1099 particulière avec son abside d’époque romane et son clocher pur gothique. Le tympan illustre les sept pêchés capitaux. La tour carrée ressemble étrangement à la tour XIV °du château de Sémignan, vieux donjon des environs.
J’écrase sans le vouloir une vipère qui se prélasse sur la route…je le signale à Mireille qui est juste derrière moi au cas où elle se ressaisirai mais apparemment elle ne donne plus aucun signe de vie. Les derniers kilomètres qui nous mènent à Pauillac se déroulent sur une route fréquentée : pas d’ombre dans les environs. Entourés de vignobles de cabernet sauvignon, merlot, cabernet franc…, la départementale est bordée de vieilles demeures somptueuses et majestueuses de noms de châteaux évocateurs : La Tour, Comtesse de Lalande, Duhart Milon, Lafite Rothschild, Pichon Longueville, Haut Batailley, Tour Pibran, la Bécasse Rousseau de Siplian… On s’arrête pour aller voir une exposition de photographies

réalisée par Nicole Paul, de Moustey « fleur des villes, fleurs des champs ». IL est temps d’aller rejoindre le camping municipal où on est accueilli à bras ouverts. Direction le sauna (gratuit) face à la Gironde, pour faire sécher le linge, réchauffer le duvet pour le soir, et se détendre un peu les muscles. On mange les « restes » tranquillement en contemplant l’estuaire et les rares bateaux qui remontent en direction de Bordeaux. Devant notre tente, on admire les cabanes utilisées pour la pêche au carrelet. On y attrape des mules, des crevettes, des anguilles. Dans le champ voisin, un troupeau de vaches vient nous voir, meuglant et nous regardant d’un air abêti. On a rien à leur offrir et notre préoccupation est de savoir si on va devoir écouter les clarines toute la nuit. On retrouve nos duvets et nos affaires bien chaudes et on regagne la tente bien fatigués de la journée. Huit heures, c’est le départ sur la route des vins de Médoc par la D 209 bordant la Gironde avec une petite halte au port de Cussac et Macau. La ville de Bordeaux est toute proche et nous voilà maintenant dans une circulation dense. Heureusement, une piste cyclable longe les quais Bacalan


J’ai beau connaître Bordeaux mais chaque fois que je passe devant ces façades en pierre je suis en admiration. Mireille décide de s’arrêter devant la place de la bourse et son miroir au jets d’eaux pour se rafraîchir. Une nuée de jeunes enfants se ruent vers les jets qui se transforment de temps en temps brumisateur. Bordeaux est une ville qui s’est métamorphosée avec la réalisation du tramway. Tout a été fait pour dissuader l’automobiliste de circuler dans le centre ville et cela a pour effet bénéfique de pouvoir circuler plus facilement à vélo. A noter que la Gironde est un département qui possède plus de 1000 kilomètres de voie et pistes cyclables
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MessageSujet: VIREE DANS LES CAUSSES DU QUERCY    Mar 08 Nov 2011, 14:51

Je viens d’apprendre que les Causses et les Cévennes ont été distinguées et figurent maintenant au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le départ est fixé pour une balade dans cette région le samedi 11 juin 2011, vers 14 heures. Le paquetage étant le même que la dernière fois, même si la durée n’est pas de quatre mois, il me faut emmener le même matériel, à savoir : gants et mitaines, jambières, gilet en laine polaire, chaussettes, sacs plastiques pour les pieds, polos manches longues pour éviter de prendre des coups de soleil, bracelet éponges foulard, (pour les mêmes raisons) pantalon K way, duvet léger, passe montagne en laine polaire, pince à épiler, épingles à nourrice, sopalin, brosses à dents + dentifrice, savon, rasoir, bloc note et stylo, timbres postaux, carte CPAM, carte donneur de sang, accessoires et panneaux solaires, adresses et n° utiles, crème solaire, crème pour les pieds, miel de nanuka, huile essentielle d’arbre à thé, anti inflammatoires, baume pour les lèvres, boules Quies, couverture de survie argentée, longe câble avec grelots, sifflet, sandales légères, montre cardio fréquencemètre, tapis de sol pour la tente, tente, 1 piquet de tente de rechange, nécessaire de réparation pour le vélo, bougie, réchaud, briquet, couteau multifonction, nourriture sèche (goji, graines de courge, abricots, figues, pruneaux), lunettes de soleil, lunettes de vue, cartes routières, gourdes à eau, appareil photographique, carte téléphonique, passeport, carte identité + photocopies, casquette, casque.
Parti de Magescq dans les Landes, j’enfourche mon vélo attelé d’une remorque mono roue prêtée par un copain pour la circonstance en direction de Peyrehorade par le chemin de saint Jacques de Compostelle, (alors qu’habituellement j’emprunte la route de la chapelle de Gourby et saubusse par la D423. Arrivé à saint Pandelon, je m’arrête devant le château des évêques pour récupérer mon souffle (déjà 1h de trajet), la route devient sinueuse et vallonnée jusqu’à Peyrehorade (pierre trouée), ville dominée par une motte féodale couronnée d’une tour en ruines.
Changement de décors. Ici, il n’y a plus de pins maritimes. Sur le bord du gave, le château d’Aspremont (appelé aussi de Montréal des vicomtes d’Orthe) avec ses écuries en demi-cercle en face est majestueux. Je longe la D29 par la minoterie pour parvenir à Sorde l’abbaye. Cette petite bourgade abrite un monastère, une vielle église (dans laquelle on trouve dans l’abside une jolie mosaïque) des anciens thermes romains, et des vestiges préhistoriques d’époque magdalénienne.
Je quitte le chemin de St Jacques de Compostelle pour la D329 puis la D29 parallèle au gave de Pau. La route est bordée de vergers de Kiwis et de pommes à hauteur de Lahontan, cette petite route est agréable seulement en week end car il y a des carrières et le flux de camion est important. A berenx, une jolie demeure est au bord de la route surmontée d’une tourelle. Je continue cette petite route pour arriver à Salles Mongiscard Biron sapourenx, et Maslacq. Là, on change de registre : petite couronne, grand pignon et je me mets en position pour affronter la pente qui mène au village-rue de lagor, altitude de 177 mètres, construit sur une motte féodale du IX ° siècle, fief protestant jusqu’au XIX° siècle tout comme Orthez. Dans les années 1950, le village qui jusque là avait une économie essentiellement agricole, s’est transformé lors de la découverte du gisement de pétrole et de gaz. Avant d’arriver à Lagor, le panorama sur ce site industriel aujourd’hui en mutation est visible. La chaîne des Pyrénées se dégage du Pays Basque jusqu’à la Soule. Le temps devient orageux en vallée d’Aspe, l’Ossau est magnifique. J’arrive à Pau en début de soirée en ayant parcouru 120 km sur 5 h30 de trajet. Je monte au quartier du château en passant par la petite côte du moulin. Ouf ! me voilà arrivé.
Aujourd’hui, dimanche, je dois rejoindre un copain de bagnères de Bigorre qui doit me mener à Trie sur Baïse. Pour sortir de Pau, je roule le long du boulevard des Pyrénées, le parc Beaumont pour redescendre à Bizanos par le circuit de Pau. De là, Idron, Lée, Ousse, Artigueloutan, Nousty par la D213 puis par le bois de Benejacq la D212, à partir de Nay, et la D152 dans le bois de Lourdes pour finir.
Je le rencontre à la sortie de Lourdes, comme convenu, sur la piste cyclable qui est parallèle à la N21 et à la D13. Je lui indique que je souhaite prendre la route des ardoisières de saint Créac et Juncalas. Cette route est bien plus agréable que la D937 et passe par un col à 708 mètres, une petite grimpette que j’apprécie. Arrivé dans les environs de Bagnes de Bigorre, on file par la D8, le relief est plat, et moins d’une heure après, on se trouve à Tarbes, ville industrielle, connue pour ses fontaines, ses jardins (avec notamment dans le parc Massey une partie du cloître de l’abbaye de St Sever de Rustan) le haras national créé par Napoléon en 1806. Il est déjà 17h, il est grand temps de partir d’autant qu’il ya quelques coteaux à traverser. Dès la sortie de Tarbes, mon copain retourne sur Bagnères de Bigorre. Le ton est donné avec
La côte de saint Roch, Pouyastruc. De là, un joli panorama sur Tarbes et la chaîne des montagnes avec le pic du Midi de Bigorre, le Néouvielle, et le plateau vallonné de Lannemezan. Les côtes de Sarrouilles, Boulin, Lizos, annoncent les plissements géologiques du Gers, connu pour sa gastronomie pour les uns et pour les cyclos, réputée pour ses pentes raides, ses paysages verts et ses petites routes tranquilles. Arrivé à Chelle-debat j’entends tinter les cloches de l’angélus. J’arrive enfin à trie sur Baïse où je me dirige à la sortie du village sur le parc municipal arboré de chênes, platanes et sapins. Je dépose ma remorque et mon vélo dans le fond du parc à l’abri des regards et fait une visite rapide de la bastide, histoire de trouver de quoi manger. Il n’y a qu’une pizzeria mais cela me conviendra. Cette jolie bastide du XIV° est pourvue d’une halle monumentale, de plusieurs tours et de vieilles bâtisses. Cette ville comme tant d’autres dans cette région, est né d’un contrat de paréage, d’exploitation de la terre, pacte signé entre les futurs habitants et les seigneurs des alentours, lesquels se répartissaient les droits féodaux déposés par les paysans. En pleine nuit, l’orage gronde, et une pluie diluvienne se déverse sur ma tente jusqu’à l’aurore, annoncée par un coq bien matinal. Je décampe rapidement et cache mes affaires et mon vélo en contrebas dans le fossé qui longe la Baïse, le temps d’aller chercher du pain et quelques provisions. Aujourd’hui, je dois rencontrer mon co voyageur, Jean Michel, cyclo de la Gironde, au camping de Boulogne sur Gesse. J’ai le temps de flâner aux abords du lac artificiel de Puydarrieux, réserve ornithologique avec des grues cendrées, canards, oies, sarcelles, courlis cendrés, hérons, tadornes de belon, Une libellule papillonne au raz de la surface, à la recherche de nourriture. La halte s’achève et je reprends pour parvenir à Castelnau Magnoac en haut d’une colline, ce qui permet au passage d’admirer le paysage sur la vallée de la Save, et les vallons de Masseube, et l’ancienne voie romaine la « ténarèse » qui part d’aiguillon pour rejoindre la vallée d’Aure.
J’aperçois la route qui nous mènera demain dans les monts d’astarac et la vallée de la Gimone (circuit V1), mais aussi le circuit des ruisseaux, itinéraire fléché par la Fédération de cyclotourisme (V3. Castelnau Magnoac est un joli petit village perché à 385 mètres d’altitude avec une place agrémentée d’un joli bassin fontaine, d’une collégiale coiffée de deux clochers dont les toits sont de travers. Le Gers est un lieu de résistance pendant la dernière guerre comme en témoigne le monument aux morts. IL est une heure lorsque j’arrive à Boulogne sur Gesse. L’église est ouverte, ce qui me permet de regarder les fresques, et l’orgue qui est superbe. Je m’attarde auprès du lac en attendant de voir passer un cyclo voyageur, mais rien à l’horizon.
Je mange au snack avec des gens du cru qui « tartaillent » sur la dernière foire au bétail, sur la saison à venir et sur les nouvelles des gens du pays, le tout accompagné de rasades de vin et d’Armagnac. Je file au camping municipal. Jean Michel n’est pas arrivé. Il n’y a d’ailleurs personne. C’est souvent le cas dans ce camping. Je m’installe bien en vue et entame une petite sieste. Ce n’est que vers 16 h que mon co équipier débarque, retardé par les « festayres » de Vic Fezensac. Il installe sa tente sur le même emplacement pour réduire le prix de la nuitée. Le lendemain matin, il n’y a toujours personne à l’accueil et nous glissons le chèque sous la porte avant de repartir en direction de Lunax, par la D41, route de crête qui doit nous conduire à Simorre. On s’arrête en cours de route pour prendre des photos et on prend le temps de discuter. Le paysage est grandiose et la vue sur la propriété qui est sur la rive du lac de la Gimone vaut le coup d’œil. Ici, les parcelles sont délimitées par des chênes, et le paysage est coloré par les cultures de blé, orge, maïs, seigle, et tournesol. Arrivé à Lunax, une demeure dont la façade ancienne est délabrée possède à l’entrée deux énormes statues. On s’y arrête un moment. On bifurque sur la D12 pour visiter Simorre. Cette bourgade, édifiée sur le terrain d’une ancienne abbaye bénédictine, rayonne grâce à son activité marchande. L’église construite initialement au XIII° siècle a été remaniée par Viollet le Duc en forteresse est visible de loin. Nous nous installons sous la halle, et un petit tour dans les ruelles nous fait découvrir de jolies maisons anciennes (maison marre du XVI°, maison Perron du XVII°, et autres maisons avec fenêtres renaissance. On arrive sur une place bordée de « mirandes », maisons avec de grandes ouvertures orientées au sud prévues pour faire décher les grains, la laine, et le lin (il ya encore beaucoup de lin sauvage le long des routes). De simorre, on file sur Sarramon et au bord de la route, on remarque certains pigeonniers, patrimoine et tradition du cette région. A présent, la route est bordée de noyers d’Amérique. Jean Michel est largué depuis un moment et je repars à sa rencontre. Une crevaison l’a retardé d’un quart d’heure, mais on n’est pas limité dans le temps d’autant plus que le ciel est bleu et que les routes qui longent la Gimone sont tranquille.
C’est à Mauvezin que la place principale est formée de « couverts » (ce qui me rappelle Mirepoix). La D928 nous amène vers 14 heures à Beaumont de Lomagne sous une chaleur écrasante. Le camping est situé au bord de l’étang.
On fait la première lessive, les provisions, et les réparations et réglages nécessaires sur les vélos de manière à être optimum le lendemain. En fin d’après midi, on fait un tour au village de Beaumont de Lomagne, bastide royale avec en son milieu une halle gigantesque fondée au XIII° siècle, est bordée de « couverts », maisons commerçantes, et aux détours dans les ruelles on aperçoit quelques vielles maisons et hôtels particuliers. On prend des photographies. ambiante en on entre dans l’église fortifiée dont le clocher de l’église me fait pense un peu à Toulouse et le clocher de l’église St Sernin, et profitons un instant de la fraîcheur conservée par les murs très épais et par le fait que l’église est en dessous du niveau de la place, peut–être pour permettre de maintenir une température hiver. Malgré un coucou qui interpelle sa compagne toute la nuit, des grenouilles qui croassent dans l’étang jouxtant le camping, la nuit est paisible. On se dirige à contre cœur sur la D928 et à hauteur de Larrazet, on aperçoit le panache blanc de fumée de la centrale nucléaire de Golfech. Je m’arrête pour photographier un énième pigeonnier et c’est à Montech où on fait une halte au bord du canal latéral de la Garonne (que de bons souvenirs…) Après avoir traversé le Tarn, on bifurque à l’aveuglette vers l’Est en direction de saint Nauphary. Zut ! c’était un peu plus loin…on est quitte pour monter par la R1 puis VC2 sur le Fau, Poulidets, pour rejoindre la bonne route, ce qui nous épargne pas d’un petit dénivelé sur une route, certes ombragée de chênes et châtaigniers, mais suffisamment raide pour continuer à pied. Ici, on quitte le bassin de l’albigeois, composé de sédiments, de calcaires argilo sableux et des calcaires lithographiques et poudingues.
Où est Montclar du Quercy ? Il n’y a pas beacuoup d’indications sur cette route. De plus, Jean Michel se fait piquer par un frelon ! Vite, vite, un peu de miel sur la piqûre…on est déjà fatigué. Un arc-en-ciel se déploie dans le ciel et le ciel se modifie rapidement. A la Salvetat Belmontet, on fait la pause dans un bistrot le temps que la pluie cesse. Après la pluie, c’est le vent.. le pire ennemi du cyclo. Nous n’avançons plus et n’avons parcouru que 70 Kms et il nous en faut faire le double pour arriver à Cordes sur Ciel ! On parvient en haut d’une colline à Monclar du Quercy, le paysage a totalement changé. On décide de passer par la vallée de la Vère à partir de Puyceli sur la D964 pour atteindre Bruniquel, petit village médiéval perché dans la falaise. Cette falaise est formée de calcaire du Jurassique
J’y ai souvenir d’y avoir joué un concert dans la grande salle du château..mais il y abien longtemps. Le château de Bruniquel, construit en pierre jaune, daterait du XII° et a subit une guerre de religion au cours du règne de Louis XIII. Un des deux châteaux a été détruit. Au pied du village, un artisan verrier souffle le verre à « l’ancienne » avec une longue
Et si on prenait la route qui mène à la forêt de la Grésigne ? (Je ne la connais pas…) Jean Michel n’y voit pas d’inconvénient d’autant plus que cela contourne le nuage menaçant au dessus de nous. Le détour se mérite par une montée de 9 Kms sur une route pleine de gravillons. Ce qui laisse le temps de regarder les formations molassiques tertiaires de l’Eocène dans lequel on trouve généralement des fossiles. Plus loin, des carrières exploitent les sédimentations palustres de calcaires blancs et là, c’est l’endroit rêvé pour les chercheurs de cailloux (je veux dire de fossiles..) mais ceux ci n’ont pas grande valeur marchande car bien qu’en bon état, ils soient « récents » (époque tertiaire)
On traîne les vélos (pour ne pas crever…cela est une bonne excuse) et un panorama grandiose s’offre à nous entrons Saint Paul de Maniac et Ste Cécile de Cayrou.
Une immense forêt de chênes rouvre et pédonculés, de charmes, riche en faune qui domine le pays à une altitude maximum de 462m (truc de montolieu. Formée de grés triasique et permien, elle est au niveau géologique, le dôme du prolongement terminal vers le sud de la grande faille Villefranche-Najac. (En bref, c’est un prolongement du massif central.)
Etendue sur plus de 3500 ha, plus de 110 espèces d’oiseaux y ont été recensés, une soixantaine de mammifères connus. Cela valait vraiment le détour !!!
La descente sur St Beauzille se fait à petite allure car on hésite entre deux routes. ..et bien oui ! C’était la petite sente bien raide, à gauche, sur le pâturage fleuri. Mais il n’y avait pas d’indication ! Que faire ? On remonte ? Non, on se laisse glisser jusqu’à Vieux et on cherchera un camping à partir de là. Vieux est un joli petit village avec une tour gothique du XIV ° siècle, vestige de l’ancien monastère. Il est 18 heures, on a déjà parcouru 118 Kms et on peut bien aller jusqu’à Cordes, non ? On n’a plus que deux coteaux à passer. Finalement, on prend la D26, petite chaussée tranquille sur laquelle on peut circuler de front et se motiver. On arrive enfin à Cordes sur Ciel vers 19 heures mais il nous fait aller à « les cabannes » pour dénicher une aire de camping. Il se fait tard, on monte vite la tente, laissons les bagages à l’intérieur pour reprendre les cycles pour faire un tour à Cordes. On rentre à la tombée de la nuit. Le lendemain, c’est repos ! On a 3 kms à faire à pied pour se rendre à Cordes sur Ciel. Le village est situé sur une petite colline façonnée. De somptueuses maisons d’époque « gothique primitif » aux façades de grés rouges ou gris richement décorés, les pierres soigneusement assemblées, décorent la cité. Les sculptures sont originales, détaillées, et en bon état. On remarque avec Jean Michel que beaucoup de maisons sont laissées à l’abandon, ou sont à vendre. On fait le tour des remparts qui offrent une magnifique perspective sur les vallées avoisinantes. C’est superbe ! Les environs de Cordes sont connus pour les gisements fossilifères importants
On consacre notre après midi à faire des provisions, de la lessive et se reposer. Au cours du repas, un lièvre furtif apparaît mais je n’ai pas le temps de saisir mon appareil photo que le voilà déjà terré au fond du champ. Un écureuil grimpe sur le chêne et attend patiemment que l’on a fini de manger pour grignoter les miettes. Le lendemain, on ne sait pas vraiment par où passer, d’autant plus qu’à la sortie du village je casse ma chaîne, ce qui fait retarder d’une dizaine de minutes la marche. On est maintenant orientés vers le plateau calcaire de Virac,(D7) on prolonge par Labastide Gabausse, Taix (D3) on passe au-dessus de la piste cyclable d’Albi à Carmaux, réalisée sur une ancienne voie ferrée, puis la D25 PAR Valderies et son dolmen au bord de la route, routes pittoresques isolées, étroites, et bombées, ce qui accroît notre vigilance. La D903 nous conduit jusqu’à Réquista (lieu riche), ville deus fois incendiée, nous sommes privés ainsi de vestiges anciens. On aperçoit de loin sur un éperon rocheux le fort de Brousse. Un vieux pont enjambe l’alrance (et non le Tarn comme on le pensait initialement. C’est un village étape pour le chemin de Saint Jacques de Compostelle. On est sur la D902 au lieu de la D200 qui lui est parallèle…qui a la carte routière ? On retourne ? Il est trop tard pour retourner et la D150 est déjà passée. On emprunte une petite toute sinueuse et raide pour parvenir à un col qui devrait logiquement nous conduire dans la bonne direction, l’endroit est tellement isolé que nous ne parvenons pas à rencontrer personne pour nous renseigner. Les pâturages à brebis sont vallonnés et entourés de châtaigniers. On débouche sur un petit village typique et certainement très ancien de Calmes et le Viala en bordure du Dourdou, un ruisseau traversé par un pont sur lequel on s’arrête pour regarder les truites argentées. Jean Michel regrette de ne pas avoir amené sa canne à pêche ! . On interpelle un cylosportif pour nous indiquer la bonne route. On n’est pas très loin pour rejoindre le bon itinéraire. Arrivé à saint Affrique, le camping est sous les tilleuls, en zone inondable, sur une terre argileuse. Jean Michel surveille les affaires tandis que je vais faire mes emplettes, téléphoner et faire un tour à pied. Histoire de se dégourdir les jambes car après avoir parcouru 107 Kms, cela détend un peu. Le programme du jour est les gorges du Tarn. On grimpe sur Millau et passons sous le viaduc de Millau haut de 343 mètres et long de 2460 mètres. Impressionnant ! On arrive à Millau par la voie sécurisée prévue pour les cyclistes. Millau est une ville connue pour la confection de gants, on passe sur un nouveau pont, l’ancien ayant été détruit partiellement et sur lequel une » maison de l’octroi » subsiste. Un haut beffroi domine la rue commerçante. A l’extérieur de la ville, à 1 km au sud, des fouilles archéologiques ont mis au jour les fondations d’un village de potiers datant du 1er siècle de notre ère. Le sol est en effet composé d’argile, le Tarn offrant l’eau, et le bois des Causses devait alimenter le four des potiers. Le Tarn prend sa source sur le Mont Lozère à 1575 m d’altitude. Le sous-sol des causses est formé de calcaires, de marnes. Les vergers abritent des cerisiers, des abricotiers et des pruniers. Déjà apparaissent les panneaux indiquant les descentes en canoë kayak, le rafting, les via ferrata. On entre dans les gorges par le château de Peyrelade, vielle ruine perchée à côté de Le Rozier. Le cirque de saint Marcellin, à droite nichée dans la falaise du causse de Sauveterre, le château de Blanquefort, le village les vignes puis le pas du souci. Le belvédère est payant mais la montée vaut le détour. Vue imprenable sur le causse Mejean, le causse noir et le causse du Larzac. Le point Sublime, les détroits, le cirque des beaumes, le château de la Caze du XV° siècle, doté de deux tours rondes et deux tours carrées, converti en hôtel de luxe, le cirque de Pougnadoires et en face, le cirque saint Chely. Je prends beaucoup de photos de cette vallée très jolie et aux falaises impressionnantes, desquelles on aperçoit des nids d’aigles et de vautours fauves, vautours moine, buses. De très jolis villages de pierres sèches avec des toits en lauzes se fondent dans le paysage. Les ruines de Hauterives ont été remontées pierre par pierre pour donner un ensemble de maisons qui donnent l’aspect du village d’antan. Un treuil alimente le village car apparemment il n’y a pas d’accès routier.
Le temps se gâte, il est grand temps de partir sur Sainte Eminie au mini camping un peu spartiate mais pas loin du village. On y plante la tente juste à temps car l’orage éclate. Une petite visite rapide de la ville une fois la pluie calmée. Les gens du village font cuire un porc au milieu de la place, le village présente quelques belles maisons, mais rien de comparable avec Cordes. Une échelle des crues mentionne la plus haute dans les débuts des années 1900. Au petit matin, je prends un petit peu d’avance sur Jean Michel car la montée est rude pour accéder aux causses de Sauveterre. Je fais de belles photos en attendant Jean Michel en haut des gorges, et comme la route est en pente, j’ai calé la remorque avec une des chaussures. Un habitant du coin s’étonne de me voir passer sur cette portion de chemin utilisée habituellement que par des riverains. Peu après, un panneau indique de ne pas jeter de détritus (le paysage est si beau que cela ne me viendra pas à l’idée)
On parvient à 985 mètres d’altitude par une corniche étroite escarpée et sinueuse vertigineuse par endroit (D998. On est au-dessus des gorges du Tarn et le panorama est saisissant. On est dans la Lozère, paysage sauvage préservé fait d’un plateau calcaire de 55 000 ha, avec 4 habitants au kilomètre carré, de pâturages fleuris destinés aux brebis et parfois de petites cabanes de pierres sèches sont sur le bas côté, des saloirs à fromage ou des abris pour les pâtres. Laval du Tarn : Une bergerie caussenarde de caractère reconnaissable à son escalier extérieur et ses petites fenêtres encadrées de pierres et ses voûtes de portes en ogive en pierres sèches. Comment le toit tient-il ? Il n’y a pas de charpente ! Mystère….
On fait la pause avant de redescendre sur le sabot de Malepeyre, une curiosité géologique façonné par le temps, le vent et l’eau. Les buis, le genévrier sont les seuls arbustes qui subsistent dans ce milieu hostile. De loin, on y aperçoit des combes (dolines) où la terre semble plus fertile, vu que l’herbe y est verte. Il fait très froid, 6°C pour un mois de juin, ce n’est pas banal ! Une halte mécanique s’impose car les freins ont un peu chauffé dans la descente. La particularité de la Canourgue est que certaines maisons sont construites au-dessus du canal. Une belle tour ornementée d’une horloge sonne 9 heures. On a parcouru 32 kilomètres, ce qui nous laisse le temps de visiter un peu le village et faire les provisions de nourriture. L’église du village est du XIII° siècle est singulière. La source du Lot est près d’ici et on décide de côtoyer le Lot par la D45 et D202 jusqu’à Saint Saturnin de Lenne où on s’arrête pour déjeuner sur une grosse pierre plate qui fait office de table et sur des cailloux qui servent de banc. (Au moins, on ne leur volera pas le mobilier urbain…) On accède au bourg médiéval de Sainte Eulalie en Olt par un beau raidillon ( D2) C’est un village qui ne manque pas d’humour : Il y a des pantins de carnaval au pied des maisons. De beaux édifices composent le village avec notamment deux maisons de maître particulièrement riches. L’appareil photos crépite. On regagne les bicyclettes pour aller s’installer pour la nuit à Saint Côme d’Olt. Le propriétaire du camping a bien un faible pour la bouteille et nous propose de trinquer avec lui. A quatre heures de l’après midi sous une chaleur de plomb. Il est vraiment serviable, gentil et attentionné mais un verre d’eau nous comblera aisément. Le camping, d’ambiance familiale, situé en bordure du Lot, est accueillante et paisible. Les gens qui y séjournent sont en majorité étrangers. L’un d’eux arrive avec un engin à trois roues muni d’un petit moteur de mobylette. C’est bricolé ou c’est un véhicule des pays de l’Est ? Bien curieux… Aujourd’hui, c’était une petite journée de 80 Kms. Jean Michel regarde attentivement le Lot au-dessus du vieux pont et repère des truites et autres poissons dont certains, il est vrai, sont bien nourris. La visite du village se fait à pied, tranquillement. Nous n’avons pas le temps de nous rendre au site géologique de la coulée de lave situé quelques kilomètres à l’entrée du village.(Les Monts d’Aubrac ne sont pas bien loin d’ici…). Il est 7 heures, on est prêt et le convoi s’avance doucement en suivant le Lot, pénétrons dans Espalion par un vieux pont, les façades des maisons donnant sur la rivière et en bout de chaîne un vieux palais renaissance restauré par la Caisse d’Epargne. Le tout forme un ensemble architectural harmonieux et pittoresque. La voie s’élargie et nous porte vers Estaing, dominé par un majestueux château bâti sur une butte, chapeauté d’un donjon. Le village entoure le château et à la sortie du village, en se retournant, une vue magnifique avec en premier plan le vieux pont gothique qui enjambe le cours d’eau et en arrière plan, le village et son splendide château. A la sortie du village les gorges se resserrent et le paysage est ravissant jusqu’à Entraygues, au confluent du Lot et de la Truyère entre deux versants verdoyants (avec une assise de calcaires du Jurassique de l’ère secondaire et déjà un ensemble de roches métamorphiques cristallines de l’ère primaire d’où la présence de micaschistes. On est bien entre deux couches géologiques. C’est encore par un pont gothique que l’on franchit le vieux quartier du village. On s’arrête pour acheter du pain d’épices, notre carburant quotidien, quelques figues séchées et je prends de l’avance par le côté droit du village tandis que Jean Michel me rejoindra plus tard par une autre route. Après neuf kilomètres de montée par un joli paysage verdoyant et bercés par les clarines des vaches et des brebis (D904 puis D42). Beaucoup de châtaigniers et de noyers. Les champs qui ne peuvent pas être cultivés servent de pâturages pour les vaches, mais aussi pour les ruches. Ici les abeilles sont tranquilles. Les haies bocagères départagent les champs. Les cultures fourragères en pente sont importantes dans le secteur.
On cherche sur la carte l’itinéraire pour rallier Conques. On est actuellement sur la via Podiensis et on continue sur le même chemin par Senergues et Conques.
Il fait très chaud, on est fatigué et une erreur d’inattention de mon co équipier fait qu’il arrive à toute vitesse sur la remorque de mon vélo, qui, sous le choc, se plie. L’axe de roue arrière du vélo a cédé, le hauban arrière droit est plié, l’attache remorque aussi, le phare arrière, et autres accessoires explosent et Jean Michel gît sur le sol, conscient mais ensanglanté. « C’est la fin du voyage ! » ( En tout cas, cela sera un « tournant « décisif) A ce moment accourre le paysan de la ferme voisine qui nous vient en aide (quelle bonté de venir nous secourir sachant que l’on est, il est vrai, un peu isolé). On charge tout le matériel dans la fourgonnette, et on débarque chez lui. Son épouse, attentionnée, soigne les plaies mais cela n’est pas de bon augure. Il est encore un peu évasif et ne comprend pas qu’il a eu un moment d’absence. Certainement la fatigue et la chaleur. Monsieur, lui, en bon bricoleur, répare la remorque avec le matériel adéquate, on démonte certaines pièces pour les remanier. Il a le coup de main et après une heure de patience, il remonte le tout afin que nous puissions continuer notre aventure. Michel me fait remarque le passage s’appelle le « Poteau », et qu’il s’en souviendra. Ceci dit, on s’en sort bien et la chance est avec nous mais le cœur n’y ai plus après cet incident. Toujours sur le chemin de saint Jacques de Compostelle, on partage la table de pique nique avec un pèlerin allemand qui nous explique avoir déjà beaucoup marché et nous montre son carnet avec les empreintes des gîtes et refuges qui l’ont accueilli. Le village typique d’espayrac, à une altitude de 340 mètres, sur le GR65, est accolé au versant verdoyant en forme de corbeille. Ici confluent trois ruisseaux (appelés ici les trois dazes) qui se jettent dans le Lot. Espeyrac n’est pas un village connu et pourtant au lieu dit « Cabanel » il a été extrait dans les années 1950, trois tonnes d’uranium. Jadis, Espeyrac possédait deux châteaux forts dont l’un d’eux a été détruit à la place actuelle de l’église. De l’autre château il ne reste à ce jour qu’une tourelle. En cours de chemin, en remarque un vieux saloir à fromages, des ruches. C’est en fin d’après-midi que l’on descend par le site de bancarel sur Conques, une vue merveilleuse sur le village de Conques après 62 Kms seulement. A l’entrée des panneaux indiquent « un des plus beaux villages de France », « inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO », »ville étape du chemin de Saint Jacques de Compostelle » « site remarquable de la région Midi Pyrénées » On lambine dans les rues commerçantes, les ruelles étroites, les sentes rustiques et bien entretenues. C’est par la rue Charlemagne que l’on atteint le camping. Celui ci est près du Dourdou, rivière poissonneuse qui prend sa source à Lassouts et se jette à quelques kilomètres de là, à Grand Vabre dans le Lot. On installe la tente où l’emplacement bénéficie d’une table de pique nique. Ne tardent pas à s’installer deux jeunes baroudeuses qui changent de terrain effrayées par les nids de guêpes dans le sol. Jean Michel regarde le ruisseau attentivement …il y a du poisson! (au menu de ce soir ?) Non, on se contentera de nouilles chinoises, de riz au lait, de gâteau de noix, de roussolles (sorte de pâte sablée en forme de chausson aux pommes) le tout agrémenté de pruneaux et d’abricots secs. Peut-être commander une pizza pour ce soir ? On s’endort tôt, fatigué de la journée.

Le matin on visite l’abbaye sainte Foy, avec son tympan, joyau de l’art roman qui développe le thème du jugement dernier. Et puis, le cloître avec en son milieu un bassin sculpté dans de la serpentine. Nous ne verrons pas le trésor car on juge le tarif excessif…et puis on se pose tout de même la question de savoir pourquoi ils ont amassés autant d’objets d’orfèvrerie d’apparat alors que le peuple vivait à cette époque dans la misère ? Au XII° siècle, l’abbatiale a été construite, un édifice imposant d’art roman décoré de nombreuses sculptures. Conques est une ville fortifiée avec un mur d’enceinte, un emplacement stratégique, plusieurs portes défensives (porte du Barry, de Vinzelle, porte de fer, et tour d’enceinte. De nombreuses fontaines (fontaine de Fumouze, du Barry, du Palais, du Plô), un four à pain, le séchoir à châtaigne, des greniers ainsi que des champs en terrasse permettaient à la ville de supporter un assaut pendant longtemps. On retourne manger au camping. L’après midi, je remonte au village pour prendre quelques photos. Le petit déjeuner aveyronnais étant composé de charcuterie, on ne se sent pas capable d’avaler ce genre de plat en début de journée. Ce coin est comme dans la Lozère, envahi de reptiles (serpents, lézards verts) et il n’est pas rare de les rencontrer sur le bord des fossés. La descente sur grand Vabre est agréable. C’est là que l’on reprend le Lot, avec dans ses plaines alluvionnaires des champs de maraîchers. Une ancienne tannerie témoigne d’une époque industrielle dense dans la région (Decazeville est proche) Arrivé à Capdenac, j’attends Jean Michel pour lui indiquer la bonne direction mais il continue et atteint Capdenac Haut par la D210 alors que c’est une portion dangereuse. On en profite pour visiter la forteresse, les murailles d’où on aperçoit un joli point de vue sur Capdenac gare, et les vieilles bâtisses, faites de calcaires gris et blancs Il est indiqué une fontaine gauloise et une fontaine de César. Au lieu de s’orienter vers Figeac, la D21 nous fait serpenter le Lot en longeant la voie ferrée désaffectée. Les calcaires et les grés sont ici rougeâtres. A deux pas d’ici, il y a une ancienne carrière de phosphate et de chaux. A larnagol, je m’arrête sur le D662 pour prendre une photo du village fortifié. En face, le château de Genevières et en En fin d’après midi, on est à saint Circq Lapopie, estampillé « un des plus beaux villages de France », du fait de son emplacement en haut d’une falaise, situé sur le chemin des Brigands, en face d’un château avec en haut du village une église gothique colossale. On ne s’attarde pas car il nous faut trouver la route de la forêt de Monclar dans la vallée du Célé en vue de visiter la grotte de Pech Merle et d’y trouver un coin paisible pour y dormir. On s’installe à Cabrerets au pied des grottes préhistoriques. Le tonnerre gronde mais on est épargné par la pluie. Jean Michel ayant mangé à côté de la tente, un petit mulot se faufile pour manger les restes. On l’examine pendant quelques instants, perplexes, mais c’est apparemment le seul rongeur dans les environs. Voilà que débarque une colonie de vacance ou plutôt un camp de jeunes catholiques préparant leur communion solennelle. Encadrés par des prêtres en civils, des parents ils ont promis de ne pas faire tarder leur veillée après 22 heures…promesse tenue ! Dès leur arrivée, Jean Michel se précipite vers les douches avant les autres, le premier arrivé sera le premier servi. On a parcouru aujourd’hui 110 kilomètres et ce, malgré les problèmes mécaniques dûs à l’incident. Pour ma part, avec l’axe cassé (j’en ai un en stock dans la remorque) je fais souvent craquer les vitesses, sauter la chaîne, et j’ai la crainte que toutes les billes de roulement ne s’éparpillent sur la route. La visite de la grotte dure une heure et est riche de fresques et de d’objets laissés par les hommes il y a 25 000 ans. Le musée expose les différents outils utilisés à cette période, les squelettes d’animaux, et présente les circonstances de la découverte de cette grotte. On choisit des cartes postales. A la sortie de cette visite inoubliable, on passe par le château du diable pour accéder à Sauliac sur Célé par la D4…mais voilà que mon vélo tombe de nouveau en panne. La chaîne ne supporte plus des sauts et le fait que la roue libre se déplace en travers continuellement. Comble de malchance, je croise la chaîne ce qui fait qu’il faut que je pédale à l’envers pour avancer. Je pose la question à jean Michel : « c’est si fatigant que ça que de pédaler à l’envers ? » Jean Michel se marre, réfléchit et ne comprend pas le pourquoi de cette anomalie. Magique…et si tout simplement je refaisais le rivet de chaîne, que j’en rajoute cinq de la même largeur et que je remonte le tout, peut être que cela fonctionnerait normalement ? On démonte le tout, et finalement cela a l’air de nouveau d’agripper la chaîne normalement, mis à part que l’axe est toujours cassé et qu’il va bien falloir le changer. Je décide de ne rien faire tant que je n’ai pas crevé à la roue arrière. Après réflexion, j’ai bien peur que ces problèmes entravent la poursuite du voyage et cela devient vraiment un problème. Il ne faudrait pas que l’on se gâche les journées avec ça. Je suis écœuré et résigné..mais fou de rage.
Je n’ai pas amené d’attache remorque de rechange et même avec un axe changé, cela ne va pas tenir éternellement. Jean Michel et moi décidons de rentrer au bercail par le chemin le plus court.
Dans trois jours, on peut être à la maison. On file donc sur Cahors après une halte pique nique à Bouzies, pas loin du chemin de hallage creusé dans la falaise. Il est heures, et on n’a parcouru qu’une vingtaine de kilomètres. L’après midi, on file sur Cahors qui n’est qu’à une trentaine de kilomètres de là. A Cahors, encore une halte mécanique : cette fois ci c’est Jean Michel qui crève pour l’énième fois. Moi, j’en profite pour prendre des victuailles. Sorti de Cahors par la D8 puis la D653 on s’arrête au bout de 80 kilomètres dans un camping à la ferme bruyant et sale. Les poules font du bruit, un âne se penche au barbelé pour quémander de la nourriture et les chevaux font de même. Décidément…. Je ne m’habituerai pas aux campings à la ferme, sachant que l’on paie 3 fois plus cher qu’un camping municipal et qu’en plus, il faut aller dans les douches avec les semelles adaptées. Le graillou est vite plié pour un départ aux aurores le lendemain. Tôt le matin, on attaque le bitume par Tournon d’Agenais, Penne d’Agenais, Villeneuve sur Lot, Sainte Livrade, Castelmoron sur Lot sur la D26 et sur la D655 jusqu’à Damazan, le long du canal latéral de la Garonne. C’est là que l’on se sépare.
J’hésite à faire escale chez ma cousine à Agen, mais je n’ai comme pensée que de rentrer le plus vite possible avant que les ennuis mécaniques ne recommencent. J’emprunte la D655 et me revoilà dans la forêt de Capbourteil. C’est dans la montée de Durance que tout s’acharne contre moi. Les roulements sont écrasés et libèrent les anneaux et les billes sur le sol. Je suis contraint de réparer ici sur le bord de la route. Je suis étonné de ne pas m’être mis en colère…les axes de rechange ne sont pas au fond du sac et le bidon dans lequel j’ai tous les outils est à portée de main (à force, j’ai fini par m’y préparer…) je sors les clés à cônes et commence la réparation soigneusement et en évitant de trop me salir les mains…en vain. Une heure après, cela a l’air de bien résister mais le problème se pose toujours pour la remorque mono roue. Je la fixe sur les boulons prévus pour tenir les haubans arrières que j’ai l’intention de remplacer par des bâtons de ski que j’ai déjà mis de côté à la maison. Alors tampis... il faut bien rentrer. Arrivé à Houilles, je m’arrête devant l’église sur lequel il est écrit au-dessus du porche : « liberté égalité fraternité. J’ai souvenir d’un robinet d’eau potable à gauche de l’église. Je fais le plein des bidons, me lavent correctement les mains enduites de graisse usagée noire. La D154 me guide à Allons, privilégiant les petites départementales au cas où la remorque se détacherait, Losse et Vielle Soubiran, avec son église du XII° fortifiée deux siècles plus tard. Après Saint Gor, sur la D323, j’arrive rapidement à roquefort. Je ne suis plus qu’à 20 kilomètres de Labrit où il y a un camping. J’y vais sereinement car ma réparation à l’air de convenir. A Labrit, une marchande m’apprend que le camping est fermé définitivement et que les panneaux ne sont pas encore retirés. Il est 20 heures, j’ai parcouru 180 kilomètres, je voudrai bien trouver un coin pour dormir. Mais oui…il y a un joli endroit à Brocas et ce n’est qu’à 7 kilomètres d’ici. Je rebrousse chemin par la D651 et arrive au bord de l’étang de Brocas, près des anciennes forges, près d’une aire naturelle prévue pour les camping car. Les cigales chantent. Il y a des pins maritimes. Je suis bien dans les Landes. Cela me fait plaisir d’être de retour.
Après avoir installé la tente, je vais faire un tour au snack pour manger un peu. Le lendemain, bien requinqué, je décide de revenir par la côte plutôt que par Mont de Marsan, quitte à rallonger. Sur le coup de midi je parviens à Pontenx les Forges et comme c’est le jour du marché, j’en profite. Je ne suis plus qu’à 65 Kilomètres de Magescq. Les jours qui suivent je répare correctement le vélo, fais un peu d’entretien à la maison et prend des nouvelles des blessures de mon co équipier. Tout va mieux. Je repars à Pau, avec très peu de bagages, juste avec les sacoches latérales en battée, pour aller faire quelques cols favoris près de Pau. Tout va bien. Je suis heureux d’avoir retrouvé le moral et les forces nécessaires pour gravir les cols…je ne pensais pas que la remorque freinait autant la cadence !! Je me sens beaucoup plus léger. En cours de chemin, je pense au prochain voyage et les modifications que j’apporterai dans l’organisation et le paquetage.
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MessageSujet: TRAVERSEE PIEMONT PYRENEEN   Mar 08 Nov 2011, 15:03

le 29 mai, étant en congés pour un mois, je me décide à partir… de Magescq dans les Landes, à travers les petites routes forestières en direction de Mont de Marsan…Je traverse donc une ribambelle de hameaux jusqu’à Buglose, où je m’arrête un instant pour écouter jouer le carillon …Lesgor, St Yaguen…et Mont de Marsan. L’ancienne voie ferrée ayant été transformée en piste cyclable jusqu’à Villeneuve de Marsan, j’en profite, sachant que dans ce village il y a un camping, cher mais confortable. Le lendemain, levé aux aurores, j’enfourche ma bicyclette en direction du Gers… ici, les routes sont moins rectilignes et le relief légèrement plus vallonné que dans le Marensin. Labastide-d’Armagnac est un gros bourg où la place du village est bordée de « couverts « qui témoignent d’une activité commerciale importante autrefois. Je continue mon parcours en passant devant « Notre Dame des Cyclistes » chapelle reconvertie en musée en mémoire à tous les cyclistes. Arrivé à Séviac, j’en profite pour visiter la villa gallo romaine et ses superbes mosaïques… Arrivé au village fortifié de Larressingle, je m’arrête et suis étonné d’apprendre que les beaux châteaux, colombiers, moulins, que j’ai vu aujourd’hui sont détenus par…des anglais ! À en croire les gens du village de Cassaigne. Je passe devant l’abbaye de Flaran rapidement car il commence à faire une chaleur orageuse et je crains le pire pour ce soir…et j’arrive à Fleurance, village typique gersois où une nouvelle m’attend : le camping de Fleurance est fermé définitivement ! Le lendemain, levé au chant du coq, la tente imbibée comme un escargot, je prends mon vélo pour me rendre sur st Nicolas la Grave, près de Montauban. Le lendemain, je dors au départ de la piste cyclable de Sainte-Rustice près de Toulouse. Comme tous les soirs, je marche tranquillement une heure pour me détendre et m’assouplir un peu les jambes. Un copain m’héberge pour deux nuits, ce qui me permet de faire sécher ma tente, mes vêtements de pluie, et laver mon linge. Ici, les voies cyclables sont dangereuses.
Le lendemain, on parcourt tranquillement les rues de la « ville rose » et, bien que je connaisse déjà cette ville, je prends plaisir à flâner, et à contempler les divers édifices et maisons anciennes. Je me lève tôt pour profiter de la fraîcheur du matin et donc me lance sur la piste cyclable en direction de Ramonville. Le long du canal du midi sont alignées des péniches, dont certaines sont sédentaires, vétustes, flottant par je ne sais quel miracle…j’approche du pont canal des Herbettes, Port sud d’Auzeville Tolosane et fait une pause à Castanet Tolosan pour regarder le château de Rabaudy. J’observe un moment une péniche à l’écluse de Castanet. L’écluse est de forme ovoïdale et a paraît-il servie de modèle pour la construction des autres écluses. Un moulin, au pied d’elle, construit en 1674 sur la dérivation de l’écluse, est maintenu par l’aqueduc qui le relie. Successivement, je traverse la maison éclusière de Montgiscard, son pigeonnier, son vieux lavoir, puis je parviens à Port Lauragais. Je m’y arrête un peu le temps de faire une halte à la buvette et pour manger. Je prends par erreur le GR 653 qui conduit à Saint Ferréol, ce qui m’oblige à bifurquer rapidement par la D433 et reprendre l’autre rive du canal… Castelnaudary est une petite ville occitane très particulière avec ce bassin où de très nombreux bateaux séjournent. Des plaisanciers étrangers, pour la plupart empruntent un bateau et non une péniche pour parcourir le canal du midi à ceci près que l’on va beaucoup plus vite en cyclo qu’en bateau ! Le revêtement du chemin de hallage étant de moins en moins bien entretenu, je décide de le quitter le lendemain à Carcassonne, tout comme le couple de cyclistes qui font route avec moi depuis le camping de Villepinte. Il est midi et je m’arrête dans un restaurant avec vue panoramique sur la cité et sur mon vélo sur lequel je veille comme sur un enfant …j’ai droit au fameux cassoulet dit de « Castelnaudary » et une petite sieste s’impose car il fait top chaud malgré un petit vent. J’ai prévu l’après midi de faire une virée dans les Corbières…jusqu’à Lagrasse. Je me dirige donc vers Palaja, sur la D42 et après trois heures de …
route en plein soleil (heureusement que j’ai tardé un peu auparavant) me conduit à Lagrasse après avoir traversé deux belles collines avec un point de vue remarquable sur la montagne noire (j’y avais fait un séjour à vélo pendant quinze jours et j’en ai gardé un très bon souvenir). Lagrasse est une petite bourgade méridionale pittoresque lotie dans une auge auquel un vieux pont (romain ?) enjambe l’Orbieu. J’arrive trop tard pour visiter l’ancienne abbaye, mais je prend le temps d’admirer les vielles bâtisses et la place du marché, ainsi que les ruelles étroites…qui vont jusqu’au bord de la muraille qui protège le village des crues de la rivière. Le camping de Lagrasse est perché sur la montagne sur la D212 et j’installe ma tente sur le bord de la falaise pour avoir en soupant l’agréable vue du soleil couchant sur ce petit village charmant. Je déchante quand je vais prendre ma douche car le camping est mal entretenu. Il est 22 heures et le soleil commence seulement à se coucher. La route sur laquelle je roule borde l’Orbieu et une petite grimpette me conduit à un village où sur un roc subsiste une ruine d’origine cathare très certainement. Il s’agit du château de Dufort et du château de Termes jusqu’au col du Paradis, qui n’est pas si haut que ça, pour descendre sur Arques. A la sortie du village sur le côté droit, j’aperçois une tour de gué très haute, flanquée de quatre tours. A Serres, je prends la direction de Rennes les Bains, Cubière sur Cinoble, Soulatgé pour me rendre aux châteaux de Peyrepertuse. Grandiose ! Ce qu’il y a de curieux, c’est que, malgré le gigantisme de cette forteresse, on ne l’aperçoit qu’au dernier moment du fait qu’elle est construite avec les pierres environnantes. Je prend la peine de visiter aussi un autre château cathare du nom de Quéribus. IL est temps pour moi de chercher un camping car il est déjà 18 heures et que je n’ai pas l’intention de dormir à la belle étoile, quoiqu’il fasse beau et chaud. Je fais ma petite ballade dans le village et en profite pour goûter au pâtisseries d’ici : les rousquilles, les craquants aux amandes, et une croustade avec une crème onctueuse. Peut-être pas très diététique mais suffisamment »plombé » pour bien dormir. A l’aube, je me réveille ayant mal dormi car les oiseaux se sont chamaillés toute la nuit pour défendre leur territoire. Forcément, il n’y a pas assez d’arbre pour chaque oiseau! Da D117 étant un route très utilisée, je suis contraint de m’orienter vers un autre itinéraire moins fréquenté et donc par conséquent plus montagneux et plus reculé…tiens…je vais faire un petit tour vers le col d’Aussières- y a quelques années j’avais fait du camping dans ce coin là vers la Toussaint et il avait neigé dans la nuit- il faut impérativement que j’arrive à Axat ce soir car il y a un camping. Le lendemain, je me retrouve à Puivert en début d’après midi et je m’installe au camping, situé au bord du lac artificiel avec vue sur le fort cathare…que je prend la peine de visiter rien que pour gambader. Mon objectif étant de me reposer en vue de monter au Port d’Envalira près de l’Andorre à près de 2000 mètres d’altitude. Je n’y arriverai pas car le temps n’est pas favorable : trop de brouillard, et trop froid…Je n’ai pas envie de me gâcher le voyage alors je m’arrête au Pas de la Case fatigué…et puis il y a ce défilé de voitures et de cars qui devient pénible : je tremble de froid…et de peur. Ce brouillard froid devient dangereux et je me résigne à descendre dans la vallée grelottant de froid jusqu’à Ax les Thermes.
Je commence à accuser la fatigue et je décide de faire une trêve ce jour tranquillement, d’autant plus que le temps s’est levé et que le relief, lui, est toujours orageux alors qu’au village, il fait chaud et humide. On se croirait dans une étuve ! Ayant repris des forces mentales et physiques, je reprend le cyclo le lendemain de bonne heure, de bonne humeur en me disant que je dois impérativement faire des journées moins fatigantes et c’est la raison pour laquelle j’abandonne mon idée de passer par la vallée d’Ustou, mais de m’orienter davantage vers Tarascon sur Ariège et Foix. A Tarascon, il y a de quoi faire du tourisme : entre les grottes et abris préhistoriques, les vieilles églises romanes…J’arrive à Foix et son imposant château sur son rocher dominant cette charmante ville où je prend plaisir à flâner dans les rues, d’autant plus que je suis rasséréné car j’ai trouvé un camping à la sortie de la ville et que je me ballade sans mon chargement. Je décide de séjourner dans cette ville le temps de faire un ou deux cols ou plus si le temps me le permet. Il fait chaud, beau et sans mes bagages je pense que je me sentirai plus à l’aise. N’est ce pas? Deux jours plus tard je quitte cette ville le temps aussi de remettre de l’ordre et de m’organiser un peu mieux. De Vernajoul, je prend la D1 en direction du Mas d’Azil,(comme le dit la pancarte « Mas d’Azil, terre d’asile ») car en effet, la route qui passe sous cette immense grotte a abrité des hommes préhistoriques. Des objets, des outils, en témoignent. A mi-journée, je fais une halte casse-croûte au bord de la rivière au bord du Baup, affluent du Salat. Le lendemain, vaillant, je me sens d’attaque pour passer le col de Portet d’Aspet, c’est certes moins ambitieux que le Port de la Bonaigua, que je n’ai jamais réussi à gravir. La route est très belle, une ribambelle de petites localités mènent au col d’où je discerne un moment le massif du Mont Valier encore enneigé… la descente rapide sur Aspet m’incite à pousser la promenade jusqu’à Saint Gaudens où je connais un camping municipal agréable. Je monte sur Saint-Gaudens par une voie cyclable mal adaptée et dangereuse. Je pars tard du camping, expliquant à un cyclo anglais la route à prendre pour aller à saint Bertrand de Comminges. Ayant quelques difficultés de langage, je l’accompagne jusqu’à ce lieu chargé d’histoire où la civilisation romaine avait fondé Lugdunum 72 ans avant notre ère. Pourvu d’un temple, d’un théâtre, de thermes, et d’une basilique paléochrétienne, il ne subsiste que des ruines car en 517 elle passa sous l’autorité des francs et en 585 un conflit opposa Gontran et Gondobald pour la succession au trône. C’est ainsi que les réemplois de pierres ont servi à construire les villes environnantes, et que dans Saint Bertrand de Comminges, il n’y a pas un mur qui ne soit construit avec les pierres et les marbres de la villa gallo romain. Je visite avec lui la cathédrale et le cloître et midi arrivant, on s’installe pour manger au restaurant du village… mais après le repas, on se
Sépare pour prendre chacun son chemin, le mien me conduisant à Bagnères de Bigorre. Le col du Tourmalet étant encore fermé à la circulation, je me rabats sur le col de Spandelles dans la vallée d’Argeles- Gazost en prenant soin de passer par la « coulée verte », piste cyclable qui relie Lourdes à Pierrefite Nestalas. Le col de Spandelles est une petite route très peu utilisée qui permet d’accéder à la vallée d’Asson, Nay et Pau. Après une journée de trêve, je rentre sur Magescq… où je reste trois jours avant de reprendre de nouveau mon vélo en direction de Bordeaux. Cette fois-ci, je décide de ne pas utiliser la piste cyclable du littoral (qui part du Boucau, à côté de Bayonne- jusqu’à Mimizan…) Je prend donc le chemin le plus rectiligne qu’il soit, c’est à dire Castets, Naboudé, le lac d’Uza, Mézos, Escource, Lüe Ychoux, où je longe la voie ferrée depuis la gare jusqu’à Lugos et Salles où je retrouve un camping conseillé à juste titre par la fédération de cyclisme. Le lendemain, je prend la piste cyclable de Salles à Facture à Andernos…puis sur le chemin du retour, je me remémore tout le trajet que j’ai parcouru : près de 1500 kilomètres en 28 jours…et seulement trois jours de mauvais temps…et je réfléchis déjà comment je vais et où je vais faire mon prochain voyage. Je suis très heureux, tout à fait reposé pour reprendre sereinement mon travail.
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MessageSujet: Re: CYCLOCAMPING EN FRANCE   Mar 08 Nov 2011, 16:27

merci pour ton récit!

tout plein de coins que je connais....nostalgie!

------------------------------------------------
oui,les Corbières :
-c'est très beau ,
-(ça manque peut-être de sources?!...).
-très délaissées par les cyclistes,
-pas trop de circulation routière,
-quelques cols interressants,sans être trop longs,...
-fin aout:des belles figues "vertes"* à cueillir à même l'arbre (*:en fait jaunes et bien sucrées).

---------------------------------------------
-dommage pour le port d'Envalira,car la plupart des voitures s'arrêtent au Pas de la Case,ou sinon juste un peu plus haut pour y faire le plein d'essence:la route est alors belle,avec beaucoup de vue (sur la vallée et sur les larges pistes de ski).
(j'ai l'habitude de pousser depuis le col sur la piste à main gauche qui monte jusqu'aux citernes (point de vue exceptionnel),ce qui est sans doute plus facile à faire avec un trike?!
-idem quand on redescend de l'autre côté car la plupart des andorrains utilisent le tunnel pour passer en dessous du Pas de La Case (camping internationnal par terrible avant Andorre La Vieille,à...Encamp???),.
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MessageSujet: Re: CYCLOCAMPING EN FRANCE   Mar 08 Nov 2011, 17:05

Merci également pour le récit , peut être as-tu quelques photos , histoire de voir les beaux endroits dans lesquels tu es allé .
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MessageSujet: Re: CYCLOCAMPING EN FRANCE   Mar 08 Nov 2011, 17:44

cela me donne envi de partir sans attendre le mois d’août car c'est ce que je compte faire en 2012 mais d'Est en Ouest et en partant d'Orléans,je prévois un périple de 2500 à 3000km sur 2 mois
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MessageSujet: Re: CYCLOCAMPING EN FRANCE   Mer 09 Nov 2011, 10:07

randonneur des landes a écrit:
[…] je décide de partir seul (Grand Pédaleur Libre)

T'es pas seul... http://www.grandpedaleurlibre.org/

Pour ce qui est de ton lien vers ton site, il ne fonctionne pas >>> "Connectez-vous pour accéder à cette ressource"

c'est une critique que je fais à d'autre, mais dommage de perdre tout ton récit, si long, au milieu d'un forum. Quelques petites images seraient les bienvenues aussi.

Surement une très belle aventure en tous cas qu'on ne peut ici qu'encourager.
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MessageSujet: Re: CYCLOCAMPING EN FRANCE   Mer 09 Nov 2011, 13:46

ça c'est un récit. J'ai trouvé de quoi lire pour les longues soirées d'hiver !
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