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 Ces petits riens

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bison couché
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Dim 28 Aoû 2011, 21:25

Histoire pas vélo-istique ou presque pas. Ce matin, à la faveur d'une petite ballade en forêt avec mon fils sur son 'scooter' (=comment il appelle son vélo sans pédales à pousser), je tombe sur des muriers qui s'étendent sur une petite dizaine de mètres.
Normalement je n'aime pas trop les mûres mais là -la vue des buissons au soleil sans doute- je me suis laissé tenté et j'en ai gouté une ... je n'avais jamais gouté des mûres aussi bonnes. Mûrs à point, sans doute que c'est de là qu'ils sortent leur nom.
Du coup, et c'est ce qui me permet de poster l'anecdote ici, n'ayant pas de récipient, j'ai pris le casque de mon fils, j'ai drapé un mouchoir dedans et je l'ai rempli pendant que j'ai laissé pateauger le bonhomme dans le petit cours d'eau qui est au même endroit.
Ce soir il y avait une tarte aux mûres au menu (ou gâteau aux mûres pour les amis français.) Very Happy Very Happy
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Yoplait
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Dim 28 Aoû 2011, 21:43

Le long de l'Allondon ?
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bison couché
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Dim 28 Aoû 2011, 22:38

Non, la Laire.
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Zwoofff
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Dim 28 Aoû 2011, 22:43

bison couché a écrit:
Ce soir il y avait une tarte aux mûres au menu (ou gâteau aux mûres pour les amis français.) Very Happy Very Happy
???
On dit tarte au mures en France. C'est une blague suisse?
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Pimprenelle
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Dim 28 Aoû 2011, 23:05

magnum_592 a écrit:
les 1000 km dépassés avec le Vortex+ en allant porter des croissants à des amis ce matin. Bon je sais, j'ai mis deux mois
Et tes croissants, ils étaient déjà racies ou encore frais… c'est bon, c'est vrai elle est nulle geek
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pierre1911
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Lun 29 Aoû 2011, 01:17

CC 2011

Nous sommes le vendredi 27 aout 2001. Il est 20h55. Dans la nuit les phares tentent de se frayer un chemin au milieu du rideau de pluie qui s'abat. Le pare brise n'est qu'un étal de brouillard que la soufflerie ne désencombre pas. Trient (Suisse) apparaît timidement par son architecture et son église en contre bas. Le car s’immobilise devant la caserne des pompiers. C'est un grand bâtiment rectangulaire avec deux grands portails métalliques enroulés à la couleur rouille. Tous les deux sont flanqués du titre «service du feu » en lettres blanches. Une grande avancée protège le devant du bâtiment où les accompagnants qui attendent les bus ce sont regroupés. Je déplie mon petit siège et pose mon sac militaire de 140 litres pratiquement plein à mes cotés. J'enfile toutes les couches à ma taille qu'il me reste et sors le sac de couchage dans lequel je glisse mes pieds délestés de mes chaussures. Je suis en position attente. Je suis là pour le dossard 7576 et uniquement pour elle. Elle ne sera pas là avant au moins 3h. Je rallume le portable qui m'accueille avec un « batterie faible ». Sourire crispé. Il démarre. J'ai juste le temps d'envoyer un sms à 7576 pour lui signaler exactement où je suis. Je reçois sa réponse «  Martigny » le point check juste avant Trient. C'est la plus mauvaise configuration possible: la direction de course a décidé de modifier le parcours suite à dégradation de la météo. De Martigny les coureurs doivent monter directement au col Forclaz. 1000m de dénivelés positifs sur 8km dans les bois. Ensuite il doivent faire 4 km dans les bois pour redescendre sur Trient. Il y a moins d'une heure, le car est passé à Martigny et les bourrasques d'un vent très violent soulevaient des nuages de poussière. Nul doute qu'il doit y avoir là bas le même déluge qu'ici maintenant. Tout au long du voyage l'afficheur digital du car a annoncé de températures de plus en plus basses. Nous sommes bien en dessous des 10°C. Les coureurs passent. Vu le timing ce sont des sportifs qui sont dans les 14h de temps total, ce qui est déjà une très belle performance. Ils n'ont pas du prendre beaucoup la pluie et pourtant ils affichent de la souffrance, des foulées hasardeuses au ¾ e la course. Cela ne me dit rien qui vaille. Je calcule : ils ont du subir au plus 45 minutes de pluie dans la descente sur Trient et très peu dans la montée. Derrière c'est l'enfer. Mon portable s’éteint... Merde....

Flashback
Nous sommes quelques semaines avant la course. Marie a le dossard 7576 et nous nous connectons sur son compte sur le site de l'UTMB. Nous sommes dans le concret. Entre les réservations pour le bus, la gestion des enfants qui devaient venir et qui finalement ne seront pas avec nous, l'hébergement et les achats, chaque jour suffit sa peine.
Son stage à L 'UCPA de préparation l'a mise dans le bain. Le parcours a été reconnu sous des trombes d'eau et même une tempête de neige au grand col Ferret avec un mélange boue/neige jusqu'à mi-mollet. Et pourtant ce stage a eu lieu la semaine à cheval sur Juillet et Aout. On ne badine pas avec la montagne qui vous rappelle sans cesse qu'elle est beaucoup plus forte, plus dure, intraitable. Marie a eu l'occasion d'essayer les MoonRace de LAFUMA pendant le stage qui lui ont fait une très bonne sensation. Elle venait d'acheter des Trabukos et commence à imaginer un changement au milieu de la course. Je dégote une paire de MoonRace sur internet à prix soldé et elle les étrenne sur nos quelques entraînements communs. Viendrons complété la panoplie, une powerplate dégotée d'occasion pour une bouchée de pain, sur le bon coin pour qu'elle puisse s’entraîner chez moi au lieu des séances qu'elle se paye à coté de chez elle achat motivé à 50% pour ses besoins et 50% pour les miens. Vient ensuite une corde à sauter et enfin une belle paire de bâtons en carbone Leiki 3 brins avec le système d'accroche rapide.
Sa semaine de vacances en Corse va lui permettre de faire quelques sorties tests et lui montrerons qu'elle a la forme physique. Ses bâtons Décathlon rendrons l'âme làbas après 5 ans de loyaux services. Nous partons 3 jours la semaine avant la course à Tignes pour qu'elle s'acclimate. Malheureusement dès la première sortie je me foule la cheville dans une descente ce qui m'oblige à stopper net tout entraînement pendant x semaines. Elle s’entraînera seule la fin du séjour et fait deux sorties les jours suivants, mais le coeur n'y est pas. Elle a l'occasion de tester mes bâtons Black Diamont deux brins que j'ai acheté pour les raquettes et le ski de rando nordique, bâtons d'une solidité à toute épreuve mais un poil lourds. Et surtout par rapport à sa taille des deux brins dépassent de beaucoup quand ils sont dans son dos.
Les jours s'enchaînent mais paradoxalement la pression ne monte pas ; elle n'est pas dans la course. Elle est totalement détachée de l'objectif et ne sens pas vraiment prête. Elle vacille. Elle n'estime ne pas avoir le morale pour une telle épreuve. Pourtant je l'estime affûtée, certes crevée des ses semaines de libérales qui l'épuisent. Elle a essayé d’arrêter de fumer mais a repris. Elle a du mal à ne pas boire de vin en communauté et parfois le soir pour se détendre. Son séjour en Corse avec ses amis a été l'occasion de quelques soirées bien arrosées. Et forcément toutes ses choses qui sont « normales » pour le quidam dans une période estivale et de vacances et bien ces choses là risquent de peser très négativement dans la course au moins déjà dans la culpabilité de pas avoir tout fait pour. Et dans un second temps dans nos relations quand je la vois jouer avec le feu pour un tel challenge. Mais c'est son challenge, pas le mien. Je m'efforce d'être le meilleur « coach », attentif, moteur, producteur, mais c'est elle qui coure.
Elle devient plus exigeante et un peu plus noire. Vivement la course.
D'un commun accord comme la course est longue, en montagne, sur trois pays (France, Italie et Suisse) je ferais le pc sms. Nous invitons tout le monde à m'envoyer les sms et je ferai le relais avec Marie pour qu'elle n'ait que les synthèses. Rien de plus stressant pour un coureur d'avoir un téléphone qui sonne à tout bout champs ; il faut qu'elle reste totalement concentrée. Je suis en toute logique le seul à le lui faire sonner si besoin donc c'est uniquement pour les choses importantes.
Nous sommes la veille le Jeudi. Je dépose ma fille chez une amie et prend la direction de chez elle. Elle est en repos depuis 1 jours et son salon est l'anti chambre de la course. Les affaires rassemblées, mises dans les sacs et sont chargées dans la voiture et nous prenons la direction de Chamonix où nous attendent Guillaume et Albertine un couple d'ami à elle qui l'ont assisté pour les Templiers en 2009. Le projet de la CCC a été insufflé à Marie par Guillaume qui l'a contaminé. C'est grâce à lui que nous avons un logement prêté à Argentière que nous partageons avec leur nouveau né. Ferdinand a été adorable. Son papa Guillaume fait la CCC. Nous retirons les dossards. La course est là. Marie toujours pas dedans. Je découvre cet univers et Chamonix que je ne connais pas. L'après midi passe très vite. Nous rentrons et prenons un plat de pâtes en début de soirée avant de finir de préparer les affaires et mettre le réveil à 5h.
5h le portable déchire le silence mais pas les sommeils. Guillaume et moi sommes réveillés depuis plus d'une heure, Marie somnole. Albertine et Ferdinand sont debout, enfin Ferdinant gazouille. Petit déjeuner vite fait, nous prenons en voiture la direction de Chamonix où nous trouvons une place très proche du gymnase. Nous sommes proche de là où ont été retirés les dossards et du départ des bus. Le jour se lève sur Chamonix et la place des départs de bus se remplit de coureurs et d'accompagnateurs. Nous avons été convoqués dans la première vague de 6h45. De longues processions humaines se dirigent vers les cars qui les avalent et démarrent. Le tunnel sous le Montblanc passé et nous voilà à Courmailleur une ville italienne magnifique. Les coureurs prennent d’assaut les cafés, nous choisirons une belle terrasse au soleil. Ce sont les derniers préparatifs tout en buvant du breuvage noir si caractéristique au pays qui nous accueille. Les sacs sont de nouveau vérifiés. Marie n'a pas ses lunettes de soleil.... Je lui temps mes Oakley et dois insister pour qu'elle les mette au bout de son nez. Nous nous approchons du départ mais il est encore trop tôt. Alors nous nous asseyons sur le banc de l'église où je resterai pour les regarder partir. Le début de course est donné 200m plus dans le village et les coureurs vont faire un crochet pour passer devant l'église. Crème solaire, derniers échanges, derniers rappels de consignes, il est temps pour eux de rejoindre la ligne. Marie part dans la première vague. C'est l'euphorie, les cris la joie, un sentiment d'être porté par toute cette force humaine concentrée. Marie me retrouve devant le parvis de l'église le temps d'un bref baiser et de lire enfin la joie dans ces yeux. Enfin de ce que je peux en voir derrière mes lunettes fumées titane qu'elle porte à ma plus grande fierté.
Je redescends là ou le bus nous a déposé. Le premiers départ pour Anuva est programmé pour 11h. Au bout de 30 minutes on nous indique que le bus se prends à 1km de là. La distance est faite au pas de course. Ce sont des petits cars qui s'ébranlent et grimpent dans la montagne sur des routes très fréquentées et peu larges. Le trajet de 10km est interminable. Je reçois un coup de téléphone de Marie qui me fait sursauter. Tout en courant elle m'apprend que la direction de course à fait des modifications suite à une météo s'annonçant très défavorable. Nous mettons presque une heure pour arriver sur place vers 12h. Très vite le premier coureur en tête passe. La première modification concerne le premier tronçons du parcours et c'est plus de 1/2 heure d'avance que les premiers passent. Je rallume mon portable qui s'est mystérieusement éteint et constate que ma batterie c'est presque totalement déchargée. Et impossible de ré animer ma batterie malgré 3 systèmes de recharge de secours différents. C'est la grosse tuile. J'attends. Passe Guillaume. Il a un problème avec les sangles de son sac à dos acheté la veille... Comment ruiner 1 an de préparation physique avec des bêtises... Forcément ce genre de risque se paye cash. Nous bricolons des arrêts, avec des élastiques à cheveux renforcés que nous coupons en deux. Il repart. 10 minutes plus tard. Marie arrive et me reconnaît dans la foule grâce au gilet fluo que j'ai sur le dos. C'est un très bon repère visuel au milieu de tout le monde. Je l'embrasse et la pousse dans la file pour badger. Je la retrouve à la sortie du ravito. Elle est fraiche. Elle a de très bonnes sensations. Elle gère très bien. Elle ne veut pas cramer des cartouches dans l'euphorie des premiers km. Elle suit scrupuleusement les conseils conjoints de son prof de stage Jérémy, de moi même et a l'expérience. Je l'informe de mon problème de téléphone et lui donne rendez vous àla Foully mais au pire à Champex si je n'arriverai jamais a être à la Foully avec le système de bus. Je ne prends même pas le temps de la regarder grimper sur le coteau et file au car. Mon petit doigt me dit que cela ne va pas être de tout repos avec les moyens de transport. Nous descendons sur Courmailleur qui nous n'atteignons pas et sommes « déversés » devant le parking du tunnel du Montblanc. Arrive pour nous prendre un premier car à 13h15 qui vient de Courmailleur mais qui est pratiquement plein. C'est la foire à empoigne car il n'y a pas de file d'attente. Les accompagnants se livrent à une lutte sans merci pour monter dans les bus. Leur attitude me débecte. Impossible de monter dedans. Patiemment je suis assis sur mon siège pliant. Je regarde les autres accompagnateurs. Je suis le seul avec un sac de 140 litres plein. Beaucoup ont de vague sac à dos des tenues très légères, voir même des survêtements légers. Rares sont ceux qui comme moi ont des vêtements techniques. Je fais figure d'extra terrestre avec mon bardas mais je m'en contrefiche. Nous attendons 20 minutes. Je commence a regretter de ne pas avoir pris le Brompton. C'était mon idée initiale ; faire les gros déplacements et ceux comme la traversées sous le tunnel en car et faire les sauts de puce en vélo. Mais j'ai eu peur que ma cheville me lâche. Un autre car arrive et je suis le dernier à trouver une place assise.... Enorme bouchon à l'entrée du tunnel du Montblanc. J'essaye de repenser ma stratégie vu le bin's des cars. Dois-je prendre la voiture pour foncer à la Foully ? Sur la carte fournit par l'organisation la route qui monte a Champex-lac sera fermée. Est-ce la bonne solution. Et nous n'avançons pas... Le stress monte. Rester positif. Nous arrivons à 14h45 à Chamonix et il nous est demandé de descendre du car qui ne repart pas. Je sais que je ne pourrais pas être à la Foully. C'est le même car qui part à Champex-lac... Nous attendons 20 minutes dehors dans une file d'attente organisée avec des barrières. Le chauffeur est d'une extrême prudence et ne connaît pas la route. Je discute un peu avec les personnes autour de moi. Echange de Sms avec Marie qui m'informe que de toute façon elle a passé la Foully vers 17h. Je lui signale mon arrivé à Champex-lac pour le plus important des ravitos. Nous arrivons à 18h15. Je saute du bus avec mon énorme sac à dos. Une des personnes avec qui j'ai discuté me confie qu'elle n'a pas pris de veste.... Nous sommes à 1800m d'altitude et elle doit attendre en tee-shirt dans la nuit tombante son mari. J'éprouve des sentiments divergeant la concernant entre pitié et colère. Comment peut on faire de telles imprudences ? Car en plus elle me confie qu'elle a les affaires chaudes de son mari pour la nuit.... A aucun moment elle a imaginé qu'elle pouvait le rater.... Je m'installe avant l'arrivée et attend celle qui a toute mon attention.
19h05 mon dossard 7576 arrive le visage un peu marqué mais toujours de la joie. Contrôler ses émotions, je suis là pour elle, être positif. Je la repousse dans la file. Elle badge et s'engouffre dans le ravito pour prendre pitence. Nous nous retrouvons à la sortie. J'ai repéré un canon démilitarisé exposé sur une belle dalle de béton, surface parfaite pour se changer, manger, bricoler...
Il faut s'habiller chaudement. Je lui hôte ses chaussures, pour découvrir des pieds qui ont déjà soufferts. Je lui les lave avec ses de l'eau du camel et ses chaussettes sales. J'aurai du amener la bassine pliante et le réchaud pour pouvoir la laver correctement. Mais j'ai entendu de sa part quelques réflexions sur la quantité de matériel que je transporte, jugé trop importante. Je lui pose des chaussettes propres et ses Moonrace. Entre temps elle a enfilé son 3/4 en lieu et place de son short Salomon. Elle garde les booster et enfile un tee shirt manches longues et se couvre par dessus de son coupe vent. Elle qui a toujours chaud quand elle coure, elle grelotte. J'essaye de la faire manger son plat de pâtes à la bolo, des bouts de bananes. Elle dégoupille un gel, alors que nous faisons le plein de sa sacoche ravito mais je vois son regard partir dans le vide. Elle accuse le coup. Elle a de plus en plus froid. Vite il faut repartir. Pas pour la perf, mais pour qu'elle le puisse encore avant d'avoir le coup de mou. Elle essaye d'avaler le gel mais est prise de nausées. Elle re remplit le camelback et s'élance dans la nuit avec les bâtons. Elle doit rejoindre Martigny. Elle adore cette partie du parcours, un faux plat descendant où techniquement elle va très vite. C'est son grand point fort elle le sait et va gagner beaucoup de temps. Au stage même le moniteur de 24 ans qui fait 8ième au trail de la grande Casse ne la suit pas dans les descentes. Je lui emboîte le pas et lui fait un dernier signe. Elle me fait signe avec les bâtons. Elle fait la forte, mais je lis qu'elle a déjà entamé son capital optimisme. Je saute dans un bus qui prend la route 3 minutes plus tard. Il est 19h45. La nuit tombe à grande vitesse. Il a été demandé au chauffer de passer par Martigny pour prendre des abandons. La route qui y descend nous permet de voir le sentier qu'empruntent les coureurs en contre bas de l'autre coté de la vallée. Je fais le voyage avec une jeune femme qui a été pratiquement dans tous les bus avec moi. Nous échangeons. Elle est de Caen. Son mari est passé à Champex avant son arrivée. Elle vise Trient où elle espère le retrouver. Elle a les yeux rivés sur l'horloge digitale du bus qui affiche dans un cycle inlassable, heure, date et enfin température. Il faut qu'elle arrive pour 21h à Trient sous peine de le rater de nouveau. C'est l'occasion pour nous de voir la chute vertigineuse de la température. La nuit tombe trop vite ; ce n'est pas normal. Nous arrivons à Martigny. Il y a énormément de vent. Le ciel est totalement noir par des nuages aussi sombres que ceux en mer. Commes ces coups de grains maritimes. Nous ramassons un abandon qui est accueillit sous un tonner d'applaudissements. A propos de tonner, des clairs traversent le ciel. Nous remontons en direction du col de la Forclaz. Le chauffeur est nettement plus rapide que pour l'aller. Il pleut bien que le vent redouble. A Forclaz c'est le déluge. Je fais des calculs dans ma tête. Il est 20h50. Même avec la modification du parcours entre Martigny et Trient il va lui falloir au moins 2h30 voir 3h pour faire Martigny Trient. Auxquels s'ajoutent les au moins 1h30 pour aller à de Champex-lac à Martigny. Je regarde a travers la vitre la direction du vent. Elle n'échappera pas à ce terrible orage qui se dirige droit vers elle. Vu la vitesse du vent elle va avoir au mieux 10 minutes de répit avant d'être douchée.

Je suis a Trient donc et j'attends. J'ouvre mon portable essaye de nouveau de le relancer. Il redémarre péniblement j'ai juste le temps de jeter des mots forts dans un sms, « ne lâche pas, bas toi, c'est dur, très dur mais c'est pas grave.. » le message part dans l'agonie de la batterie et s’éteint. Je vais essayer de le relancer en vain. Rester positif. Elle sait que je suis là. C'est maintenant qu'elle a besoin de moi.
Il est 22h30 je suis là depuis 1h30 et je suis témoin d'une hécatombe. La pluie et le vent douchent et cinglent les fantômes de la nuit affublés de pâles frontales. Ils descendent de la montagne comme des mineurs qui s'engouffrent dans un enfer plus bas. De plus en plus de gens boitent, de plus en plus marchent. Parfois un accompagnateur s’extirpe du groupe pour aller enlacer celui ou celle qui vit cet enfer. Parfois un car vient déverser son lot d'accompagnants et en prend un paquet mais quelques soient les rotations et même si le groupe tend légèrement à diminuer, jamais les gens qui pourtant sont gelés de froid et subissent aussi partiellement la pluie, jamais ce groupe ne cessera d'applaudir les coureurs de les encourager. Tous les coureurs sont surpris d'un tel accueil dans la nuit, dans la pluie et applaudissent à leur tour, avec leurs mains, leurs bâtons... C'est un échange touchant, des anonymes saluent des anonymes. A chaque fois leur leur disons de traverser la route et que le ravito est dans 300m dans le village.
J'observe les accompagnants et la même sensation qu'en arrivant à Champex m'envahit. Partout des jambes découvertes. Un italien à des tatouages qui grelottent sur ses mollets. Une américaine en corsaire essaye de danser pour se réchauffer. Mais surtout il y a des enfants en bas age. Un petit garçon âgé de 2 ans fait une crise de nerf. Sa maman est débordée ; Mais que fait elle dans la nuit avec ces trois enfants sacre bleu au milieu de la montagne Suisse alors que les enfants ne sont même pas habillés chaudement ? Je sors de mon sac de couchage. Je glisse mes pieds dans des sacs plastiques avant d'enfiler mes chaussures de trail pour avoir les pieds au sec quoi que je fasse. Ma cheville gauche encore strappée ne me fait pas trop souffrir et je suis assez libre de mes mouvements. Je ne boite plus depuis 2 jours. Je m'approche de la maman et lui cède mon siège pour qu'elle puisse s’asseoir et essayer de calmer son enfant. En vain ; Il s'époumone et au fil des longues minutes sa voix se raille. Il était déjà dans le bus entre Chamonix et Champex et nous avait gratifié d'au moins 1heure de pleurs. Mais là je ne peux pas lui en vouloir, la responsabilité de son mal être repose entièrement sur l'inconscience de sa mère. Le désarroi de cet enfant plombe l'atmosphère et les applaudissements pour les coureurs se fait timide. Rester positif. C'est maintenant que Marie a besoin de moi. 23H30 Guillaume arrive. J'ai juste le temps de l'encourager en criant et je note déjà une très nette différence de sa foulée... Il file au ravito sans que j'ai le temps de l'embrasser de lui donner un peu de chaleur et de tout mon soutien ;
ça de plus pour Marie. Il faut que d'un geste d'une parole je sois juste ; je puisse analyser. Rester calme et positif. Un bus arrive. La maman et ses enfants partent. Je plie le sac de couchage et prépare les affaires pour ma 7576. En même temps que je manipule tous les sous sacs de contingent, je fais l'inventaire. Elle a le top du matériel pas de doute. Je lui ai même prêté ma frontale magicshine ma lampe de vélo qui éclaire 340 lux. J'ai du guerroyé avec elle car elle trouvait la batterie assez lourde et est du lui montrer que les pros de trails ne juraient que par une Petzel qui fait la même puissance et le même poids vendue 400 euros.... Finalement elle a accepté de la prendre. Je suis certain de la reconnaître par la puissance du faisceau.
Je ne m'impatiente pas alors que j'attends ici depuis déjà 2h30. Je suis là pour elle. Je suis là à 200% pour elle. Un bus passe mais je ne sais pas que ce sera l'un des derniers. À 0h00 je fonce au ravito pour avoir une estimation de son temps de passage ici. Je découvre un véritable hôpital de campagne. Sous les tentes s'entassent les coureurs transis. Dans une tente annexe les accompagnants mêlés aux coureurs échanges des mots. Je lis dans les premiers l’anxiété que les regards fatigués des seconds n'arrivent pas à rassurer à faire croire que tout va bien. Je suis saisi. Rester positif, ne pas lui faire voir mes doutes, être là pour elle. Une très gentille Suissesse me répond en pianotant sur son clavier : ma 7576 est annoncée tantôt. Je file à la caserne sous une pluie battante. Je suis au sec dans mes vêtements techniques et mes sur couches étanches. La moitié d'une vie passée dehors vous donne des réflexes, des bons réflexes ; enfin je crois. Je retrouve ma place, mes voisins transis. Et sur la route toujours le même spectacle de la pluie qui tente de tuer ceux qui tiennent à peine sur leurs jambes... Portés pour les « bravos et les applaudissements » nous tentons de leur donner le courage de rejoindre la tente du ravito plus bas.
Je calcule. Nous sommes au km 70 il y a encore 25kmde course. Même avec les coupes sombres dans l'une des deux dernières bosses (ce que je ne sais encore pas c'est que les deux sommets prochains ont été annulés pour rejoindre Chamonix uniquement par de la descente) il faut au moins 3h minimum pour rejoindre la ligne d'arrivée... C'est à dire avec les deux ravitos et checkpoint suivants et quelques aléas au moins 4h encore à souffrir. Rester positif, je suis là pour elle, je suis 200% là pour lui donner l'énergie...
0h30 un groupe qui a succédé a temps d'autres arrive. Au milieu un phare bien plus puissant. Un frisson : c'est elle. Ne pas lui faire voir mon émotion, rester positif, avoir les mots justes. Je sors du rang avec mon gilet fluo elle s'écroule dans mes bras. Je saisi son regard. Je comprends. Elle est à bout. Trouver les mots justes. Rester positif, je suis là pour elle, je suis 200% là pour lui donner l'énergie.
« Pierre je peux plus, j'ai trop froid »
« Marie il reste 25% de la distance ! Tu as fait les 3/4 !! ne lache pas ! »
« Pierre, ça ne m'amuse plus. Je n'ai plus de plaisir. C'est trop dur »
Je suis dans ses yeux.
J'analyse toutes les options
« Marie je marche avec toi!  On finit en marchant même s'il faut te porter, on finit, tu finis » Je sais que je prends de gros risques avec ma cheville et la charge de mon sac à dos qui doit faire dans les 15 kg mais j'ai la rage. Rester positif, je suis là pour elle, je suis 200% là pour lui donner l'énergie de finir.
Elle tremble de tous ses membres. J’éteins la magicshine.
Elle me dit qu'elle a vomit tout du long depuis Champex. Que son repas est totalement reparti et que tous les gels ainsi que l'eau avalée depuis a été rendu tout au long. Aucun doute : nous sommes dans le rouge à l'instar de notre périple en vélo couché. Je compte, qu'elle n'a rien dans le ventre depuis 5 heures avec une dépense énergétique de folie avant et après, tant pour l'effort que pour lutter contre le froid. Je prends son visage entre mes mains.
« Tu ne regretteras rien ? Tu es sure ? »
« Oui » dit elle résignée
« Tu es sure Marie ? »
« Oui Pierre » Elle baisse les yeux.
Je comprends que c'est critique. Rester positif, je suis là pour elle, je suis 200% là pour lui assurer sa sécurité. Alors je la presse vers notre abris commun de fortune. Les autres s’écartent. J’ôte son dossard. Elle insiste pour que j'aille le porter au ravito ce que je refuse de faire vu son état. Je sors un gote tex en rab. Je le mets pratiquement nue pour l'habiller avec ce qui me reste de vêtement à sa taille et en même temps je me déshabille pour lui donner mes chaussettes, ma polaire. Un quinquagénaire très sympathique nous prête main forte et va tendre ses gants en polaire pour qu'elle tente de se réchauffer. Elle glisse de plus en plus vers l'hypothermie. Je ne suis pas très adroit, ni très tendre car j'essaye d'être efficace donc je la secoue par maladresse. Elle râle sur le ton de l'humour mais n'a plus d'énergie. Je l'enfile dans le sac de couchage en plume normalement assez chaud pour de la mi-saison. Rien n'y fait. Assiste sur le siège les pieds en hauteur sur le sac pour faire redescendre le sang vers les organes vitaux j'essaye de la réchauffer. Elle a mon bonnet en polaire la collerette du sac de couchage bouclée. Je sors le matelas gonflable et ouvre sa gore tex pour le glisser en double épaisseur autour du buste. Je souffle dans le sac de couchage. Elle s’endort en quelques secondes et j'essaye de la tenir éveillée. Je prends sa température aux extrémités comme sur des parties du corps avec mon nez pour voir s'il y a un delta ce que je note malheureusement avéré. Je lui mets le gilet fluo, je lui donne tout ce que j'ai. Un autre coureur arrive. Il est encore assez frais mais abandonne lui aussi. Les minutes s'égrainent, nous attendons un bus, il est 1h00. Nous échangeons avec les voisins pour nous rendre compte que le dernier bus est passé il y a plus d'une heure trente.... 1h15 deux autres coureurs arrivent dont un très mal en point. En même temps que je m'occupe de Marie j'essaye de leur donner des consignes. Ils se calent tous contre les portails métalliques assis par terre. Je leur fait glisser leurs sacs mêmes mouillés sous les fesses pour les isoler du sol. Je leur fait sortir leurs couvertures de survie que nous déplions avec une jeune femme anglaise. Dans lesquelles nous les enroulons. Je suis très inquiet pour l'un des coureurs. Nous nous organisons pour prendre ces coureurs en charge. Et les bus qui n'arrivent pas. 1H30 Marie sort son portable et arrive tant bien que mal à composer le numéro de l'organisation course que tout à chacun à sur son dossard. La direction dit ne pas être au courant de la situation. Je sens Marie très très mal. D'autre coureurs sont venus renforcer les rangs. Le coureur qui m’inquiète est dans les choux. Je reprends le téléphone de Marie et rappelle la direction. Je suis très directif. La standardiste qu'a eu Marie m'informe que deux cars sont partis depuis 15 minutes et seront là dans 30 minutes. Elle n'est pas aimable ni très convaincante. J'invite tout le monde a appeler le PC course pour mettre la pression. Je crie dans la nuit les chiffres que tout le monde compose. L'objectif est de leur faire comprendre à la direction de course que c'est un vrai problème, pas un épiphénomène et que la liste va s'allonger au fil des minutes au point de devenir critique. Beaucoup de gens ont le standard et l'organisation s''énerve. Nous attendons. Une jeune femme arrête une voiture de pompier immatriculée du 69 qui passait. Ils ne descendent pas de voiture et repartent. La pression monte vraiment. La jeune femme arrête des voitures. Elle demande a des particuliers de redescendre le coureur qui est si mal de toute urgence à Chamonix ce qu'ils feront de bon coeur. A cette heure je n'ai pas de nouvelle de ce coureur mais suis encore inquiet pour lui. Un organisateur arrive du ravito, flanqué de deux pompiers. Il a été alerté par le PC. Ils donnent 2 conseils en 3 minutes et repartent en disant que les cars arrivent. En effet les deux cars passent mais ne s’arrêtent pas. C'est un tollé général. Je rappelle PC. Je tombe sur le directeur de course. Le ton est sec. Je lui dis qu'il ne tient pas ses engagements contractuels avec les accompagnateurs qui ont payés pour avoir des bus toutes les heures mais que pire encore il met en danger les coureurs qui doivent être évacués et qui eux ont payé pour une assistance . Ors tous mise à part Marie sont ici parce que le PC de secours basé sur le ravito plus bas leur a demander de remonter seuls pour être évacués par les cars... Vu le problème le directeur de course me passe l’antenne médicale et c'est le médecin chef qui prend l'appel que nous payons à raison d'un euros la minute.... Il me demande d'organiser les secours alors qu'il y a une antenne médicale à moins de 300m d'ici. Soit l'antenne est débordée plus bas, soit ils s'en fichent mais de toute façon la situation n'est absolument pas satisfaisante. Il me demande ce que je fais dans la vie. Je l'envoie sur les roses ne voyant pas ce que cela vient faire dans le problème. Le médecin chef m'explique qu'il essaye de voir s'il peut compter sur moi. Ben merde alors. Ma copine est là en hypothermie. Elle est infirmière depuis 20 ans et à fait 15 ans de service de réanimation. Elle a fait 10 ans de rapatriement sanitaire est allée deux fois en mission caritative en inde en et elle s'est auto diagnostiquée l'hypothermie. C'est une quiche ? Non, bordel, non ! Et j'ai suffisamment d'expérience à me peler les miches dehors, à crapahuter de partout depuis l'age de 10 ans pour savoir reconnaître une situation critique même si je n'ai pas ses capacités et ses connaissances médicales. Nul doute que j'ai au moins 4 autres coureurs dans le même état. Je ne peux pas demander à Marie de les diagnostiquer elle ne tient pas debout et n'arrive pas à garder les yeux ouverts. Je compte 8 autres coureurs a évacuer. Et je dois encore montrer patte blanche ?
La direction de course a pris la décision à 10h la veille de changer le parcours en raison des conditions climatiques. Ils savant partout a travers les outils informatiques de la météo, à travers leurs observateurs statiques et volants les conditions sur la course et donc auraient pu anticiper depuis longtemps le besoin. Depuis des années la CCC et l'UTMB enregistrent des taux records d'abandon et l'année dernière la course a été même arrêtée avant la fin. L'organisation est parfaitement rodée au problème climatique et ses impacts. C'est donc qu'elle n'a pas voulu prendre en compte le problème, ce n'est pas un problème d'anticipation de connaissance et d'expérience. C'est de l'économie financière au détriment de la sécurité des participants. Affligeant !

Je parle avec chaque coureur tout en ayant le chef médecin sur une oreille. Les consignes sont « à poil dans les couverture de survie avec les sacs sous les fesses ». Je ne parle pas italien et il me souvient qu'il y a toutes les nationalités. Nous échangeons en anglais. Ça roule pour 8 d'entre eux mais 4 sont pas bien du tout. Je répète des gestes simples, leur parler, toucher leurs vêtements, juger de leurs capacités intellectuelles ; Essayer des les protéger du froid en faisant une barrière humaine avec les valides devant qui sont debout. Réajuster les couverture de survie. Je donne celle de Marie a un qui est mal en point pour le protéger plus. J'ai toujours le médecin chef en ligne. Il est 2h15 enfin le car arrive. Je coupe avec le médecin. Je charge Marie sur mon épaule comme on porte un sac de ciment et m'engouffre dans le bus. Enorme solidarité. Mon sac, mon siège, son sac et ses bâtons sont pris sans que nous ayons à nous en occuper. Nous les rassemblons à l'avant du bus et demandons au chauffeur de fermer la porte avant et de mettre le chauffage à fond. Par paires, nous les blottissons les uns contre les autres. Nous redescendons sur Chamonix et découvrons que les coureurs qui poursuivent, courent sur la route. Ils sont séparés de la route par de frêles cônes de signalisation tous les 10m. Barrière illusoire à la moindre embardée c'est le strike.... Les conditions de sécurité me semblent totalement oubliées. Marie me confirme qu'elle ne regrette rien à son abandon quand elle voit les conditions de course. Son voisin contre lequel elle est blottie a fait la diagonale des fous l'année dernière et il trouve la CCC dans ces conditions bien plus dure. Il a fini la diagonale et pas cette CCC, c'est dire.... Tour à tour les coureurs dans un ultime sursaut viennent me remercier. J'en lis plus dans leurs yeux qu'un diplôme de secouriste qu'il faudrait que je finisse par passer nom d'une pipe. Nous échangeons quelques numéros de téléphone. Les accompagnateurs aussi viennent me parler, pensant que je suis de l'organisation et médecin. Rien de tout ça. Je suis là pour le dossard 7576 point barre. Je suis là à 200% pour sa sécurité.
Nous arrivons à Chamonix. Il est 3h passé. Je prends mon sac à dos sur mon dos et reprends mon sushi sur mon épaule pour la porter sur les 500m qui me séparent de la voiture. Allongée sur la place passager en position couchette je n'ai pas d'autre choix que de conduire ce qui me rebute mais je n'ai pas d'alternative. Elle veut rentrer chez elle à Meximieux. Il y a deux heures trente de route. Je passe récupérer le sac de ravitaillement, rendre la puce, reprendre la caution. Je perds une heure dans de l'administratif alors qu'elle est mal dans la voiture. Je garde mon calme je suis positif, je suis là pour la sécuriser. Mais je tiens a dire que toutes les personnes bénévoles sont d'une extrême gentillesse, Une leçon de maîtrise, dans la fatigue, dans la nuit et dans le stress. Marie dort dans la voiture. Je file à l'appartement récupérer nos affaires. Guillaume et Albertine arrivent à l'instant. Guillaume a fini en 17h45. Bravo à lui. Il a faillit lui aussi abandonner un peu plus bas que Marie. Il n'a pris la saucé que sur le haut de la montée vers Forclaz. C'est là toute la différence. Je les embrasse. Guillaume saute dans un bain pour essayer de se réchauffer.
Je jette tout dans la voiture. Je prend la route sur les derniers crachins. Il est 5h du matin le jour pointe à peine. A 6h je manque de m'endormir au volant. Je m’arrête près de Genève après un péage pour dormir une heure avant de repartir. Nous sommes à 8h a Meximieux. Marie marche péniblement à peine réchauffée. Elle a dormi tout du long du voyage.
Je file acheter du pain car elle veut essaye de déjeuner un peu. Je m’arrête chez le fleuriste pour lui offrir un bouquet de 7 roses, 7 comme le nombre de dizaines de km effectués. Elle le mérite. Elle s'est fait couler un bain et s'est endormi dedans. Je la fait sortir car beaucoup trop dangereux ; le risque de noyade est là. Nous petit déjeunons mais l’appétit n'y est pas. Nous allons nous coucher. Je dors 2h à peine et ne peux plus rester au lit.
Je range ce que je peux de mes affaires, des siennes et refais mon sac. J'ai son dossard dans ma poche. Je prends du scotch et vais l'accrocher dans ses toilettes en haut de tous ceux de toutes les courses qu'elle a fini. Pour elle elle a fini cette CCC, ce n'est pas vraiment un abandon. Elle méritait de finir. Elle mérite de le regarder et de l'avoir accroché. Elle force mon admiration. Je ferme la porte derrière moi de chez Marie, Marie qui dort profondément. Une page se tourne.


Dernière édition par pierre1911 le Lun 29 Aoû 2011, 11:13, édité 1 fois (Raison : correction des fautes (s'il en reste encore merci de me faire un mp))
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Lun 29 Aoû 2011, 06:42

super récit on s'y croirait.
Bravo Marie, c'etait vraiment une Course à la Con à Chamonix...
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Lun 29 Aoû 2011, 10:22

C'est un gros petit rien ce truc!
Félicites Marie pour nous !
Pas de regrets, il faut regarder devant soi...
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bison couché
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Lun 29 Aoû 2011, 10:26

Zwoofff a écrit:
C'est une blague suisse?
Non, pas du tout! Suis pas francophone moi, alors parfois le français me joue des tours.
J'imagine qu'il pourrait s'agîr alors des mots gateau et biscuit qui sont utilisés à l'envers chez vous Laughing
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Lun 29 Aoû 2011, 10:29

bison couché a écrit:
Je n'avais jamais gouté des mûres aussi bonnes. Mûrs à point, sans doute que c'est de là qu'ils sortent leur nom.

Non, rien à voir, contrairement aux apparences : la mûre dérive du latin mora, alors que l'adjectif est issu du latin maturus. C'est un cas de convergence phonétique également illustré par :
lat. mola > "meule" (de moulin)
lat. metula > "meule" (de foin)
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Lun 29 Aoû 2011, 10:31

Jéjon a écrit:
bison couché a écrit:
Je n'avais jamais gouté des mûres aussi bonnes. Mûrs à point, sans doute que c'est de là qu'ils sortent leur nom.

Non, rien à voir, contrairement aux apparences : la mûre dérive du latin mora, alors que l'adjectif est issu du latin maturus. C'est un cas de convergence phonétique également illustré par :
lat. mola > "meule" (de moulin)
lat. metula > "meule" (de foin)
T'as oublié
argo > meule > mobilette jocolor
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Lun 29 Aoû 2011, 10:36

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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Lun 29 Aoû 2011, 10:40

On apprend tous les jours!
Peut-on parler d'une mobilette de fromage?
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Lun 29 Aoû 2011, 10:44

non mais on dit à quelqu'un qui nous saoule de parole :
et ta soeur elle bat l'beurre sur son vélomoteur à 90 à l'heure?

Et il se dit aussi par grand froid :
Ici on se caille les meules !

bon là le mot meule prend encore un autre sens
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Lun 29 Aoû 2011, 10:55

Dans le registre familier, la meule -> dentition.
Il y a aussi la meule qui sert à affuter, aiguiser et la meule de fromage.

Côté meule de foin, on parle aussi la meule de charbon (de bois), ou la meule de fumier pour la culture des champignons
Il me semble qu'on parle aussi de meule à un moment de la fonte des cloches et à propos des bois des cervidés, mais les détails m'échappent.
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Lun 29 Aoû 2011, 11:06

Dans notre canton dire
-la meeeeeeeeeule !!!!!!!!!

s emploie pour dire -on as compris ,inutile de repeter x fois ton truc

les djeuns dirait -tu me soules
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Lun 29 Aoû 2011, 14:59

Et dans le Doubs, les mauvaises langues disent que l'hiver (qui commence fin septembre et finit début juillet), les habitants disent souvent:

ça meule, ici !

__________________________________
Le vélo couché est au vélo droit  ce que la chaise longue est au tabouret ...
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Lun 29 Aoû 2011, 21:46

Après un an et demi de tricyclette, 15 jours de méta 26x26, ça roule, ça chute, ça fait mal au c.., mais j'apprends, superbe... Smile
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Lun 29 Aoû 2011, 22:03

j'aime bien le mot "tricyclette" ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Mar 30 Aoû 2011, 08:34

olivier25 a écrit:
Et dans le Doubs, les mauvaises langues disent que l'hiver (qui commence fin début septembre et finit début fin juillet), les habitants disent souvent:

ça meule, ici !
D'ou l'expression : Ca meule les miches
ou bien : Ca meule les couannes
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Mar 30 Aoû 2011, 08:37

hum hum, revenons à notre "ces petits rien" plein de poésie, moments de grace et douceur SVP

vous finirez vos digressions lexicales plus loin.
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Mar 30 Aoû 2011, 08:42

Pour une fois qu'on s'amusait...

RRRrr ! je me suis fait gratter par un VTT ce matin...
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Mar 30 Aoû 2011, 08:56

Un moment plein de poésie et de douceur, j'en ai un!
En allant chez des amis avec le Vortex, je me fait doubler par deux Els Angels en herbe sur des "motos" de 50 cm cubes juste avant un feu rouge. Comme je n'avais pas envie de respirer leur échappement, je me suis casé entre eux deux au pied du feu et l'idée m'est venue de voir comment démarraient les pétrolettes. Alors, au vert, j'ai mis du charbon dans la chaudière et surprise... Carrément déposés les djeuns. Ils m'ont rattrapé au rond-point suivant (environ 150 mètres.
Je savais que ça marchait avec les voitures (un jour, j'avais beaucoup amusé 4 jeunes dans une clio diésel en les tenant sur une centaine de mètres) mais les deux roues, j'avais jamais essayé.
On s'amuse comme on peu. jocolor
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bison couché
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Mar 30 Aoû 2011, 10:39

Sacré Magnum, à ces accélérations là, vérifie quand-même que les carénages de tes futurs vm's ne soient pas porteurs. Sinon tu risque de dépasser Lindbergh dans la traversée de l'Atlantique!
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MessageSujet: Re: Ces petits riens   Mar 30 Aoû 2011, 11:10

Mon accélération n'a rien de phénoménale, c'est la leur qui n'est pas ébouriffante.
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