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 BRM 400 d'Auffay 21/22 mai (76)

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Le Héron
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MessageSujet: BRM 400 d'Auffay 21/22 mai (76)   Jeu 12 Mai 2011, 22:04

Je serais au départ à 20h30 pour ma plus longue distance depuis mai 2005 (alors en pleine prépa pour Bordeaux-Madrid) hormis le Bordeaux-Madrid lui même de juillet de la même année.
Ce sera sans doute une nuit seul sur le vélo à moins que d'autres VC soient au départ auquel cas un groupe pour la nuit serait sympa...Fpelu peut être (ou en es tu de ta prépa pour une possible participation au PBP ?) je devrais être éclairé comme il faut, mieux que sur le 300. (Je vais ouvrir un sujet pour mon éclairage, j'ai des questions)
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MessageSujet: Re: BRM 400 d'Auffay 21/22 mai (76)   Mer 25 Mai 2011, 16:01

420 kilométres en 27h30 donc pas validé car pas terminé, je suis rentré chez moi plutôt qu'au point de départ....je crois que l'aventure 2011 s'arréte là.

CR à suivre.
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Le Héron
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MessageSujet: Re: BRM 400 d'Auffay 21/22 mai (76)   Lun 06 Juin 2011, 15:55

Un "petit" CR pour exorciser la déception.

Le dilettante

La possibilité de faire le PBP 2003 n’avait pas été envisagé puisque ce n’est qu’en 2004 lors de ma préparation pour Bordeaux-Paris que j’avais su que Pierric et Jean-Louis y avait pris part, ce fut d’ailleurs un échec, les deux ayant été mal accompagnés par une assistance laborieuse et sans doute furent-ils partis un peu vite. L’édition de 2007 avait été envisagé comme une possibilité d’autant que je disposais de l’expérience réussie du Bordeaux-Paris 2004 et de la participation inachevée au Bordeaux-Madrid 2005, mais la naissance de ma puce et une maison neuve (qui bien que neuve nécessite d’y faire des travaux…) avaient reporté ma participation de 4 années supplémentaires….Pierric avait terminé cette édition pluvieuse et Jean-Louis ne l’avait pas tenté.

2011 sera l’année de ma participation, nouveau pratiquant du vélo-couché j’ai décidé de prendre les BRM qualificatifs les uns après les autres sans certitude de réussir à m’inscrire d’autant que je ne suis pas pré-qualifié n’ayant pas fait de longue distance l’an passé…à dire vrai pas vraiment de courte distance non plus en 2010. La reprise de l’entrainement date en fait de fin février et fut marquée par une grosse déception me filant le doute sur mes possibilités de participer à l’édition 2011.

Je suis parti de la maison à 19h30 dans une ambiance morose, toujours pas évident de quitter femme et enfants pour aller rouler toute la nuit et une bonne partie du dimanche qui va suivre….je retrouve des têtes connues sous la Halle couverte d’Auffay. Les 2 cyclos attablés sur le 300 au café à Cabourg sont là et s’exclament de me voir encore là avec sympathie. Je procède à mon inscription, nous devrions être 15 au départ à partir à 20h30. Je m’installe au sol sur le parking prés de Pierric et Jean-Louis, Pierric se félicite de mon temps sur le 300 (à peine 3 heures de plus que leur groupe de furieux) il ne misait pas sur une telle réussite après ma participation au 200. Jean-Louis qui me déclarait la veille un mal de dos au téléphone espère pouvoir accompagner les rapides tandis qu’un jeune homme est assis à proximité. Jean-Louis fait les présentations il s’agit en fait du plus jeune participant au PBP 2007 auquel il a pris part alors âgé de 18 ans et 11 jours (rien que cela ça force le respect…) pour me présenter Jean-Louis utilise l’appellation de Dilettante eu égard à mon manque de préparation et à ma pratique récente du moyen de transport que j’envisage d’utiliser pour boucler le PBP. Je n’avais pas été qualifié ainsi depuis le collège ou un professeur au regard de mes notes plus élevées que la masse de travail que je fournissais m’avait indiqué que je me reposais sur mes lauriers. Pour ce qui est du vélo l’expression me semble exagérée tant mes performances ne sont pas excessives, sans doute les distances sont elles un peu grandes compte tenu des kilomètres parcourus jusque là.

Nous partons tous à 20h30 pour plus ou moins une journée complète de vélo, pour ma part je table sur 22 à 24 heures ce qui serait une belle satisfaction. Les groupes se constituent vite, un groupe de 6 prend la tête dont Pierric et Jean-Louis, je m’intercale et les autres suivent. En 7éme position de ce brevet j’enroule la première bosse à la sortie d’Auffay. Les 60 premiers kilomètres proposent 6 bosses pour prés du tiers du dénivelé total du parcours. Mon objectif est d’accrocher un groupe sur toute cette partie pour pouvoir basculer avec eux après la dernière bosse et traverser la nuit accompagnée sur un parcours qui ne devrait pas me poser trop de difficultés. Ainsi placé en tête mon allure semble convenir au groupe qui me suit, seul un cyclo semble tenté de rejoindre les « furieux » que nous voyons déjà s’éloigner à bonne vitesse. Les 3 autres cyclos se calent dans mon rythme et la bosse 1 est dans l’escarcelle. Je suis bien en cette fin de journée, détendu et confiant pour le moment. Je fais la descente suivante serein sans aucune appréhension et prend le large pour la seconde montée vers les Grandes-Ventes. Le groupe me reprend, seul le cyclo solitaire, repris entre deux, part à nouveau pour cette fois ne plus être revu. Mon rythme convient toujours aux 3 autres et je fais le tempo, j’y laisse un peu plus d’énergie qu’eux mais c’est le prix à payer pour tenter de passer la nuit en groupe. Petite hésitation avant les Grandes-Ventes, mais je connais la route et le jeune cyclo choisit de me faire confiance, nous nous regroupons tous les 4 au stop et direction Osmoy St Valery, je fais la descente. Dans la remontée sur Croix-Dalle, je roule aux cotés du jeune cyclo, mon éclairage fonctionne bien, nous sommes repris par deux autres cyclos plus âgés qui roulent un ton au dessus. L’un deux m’interroge sur le fait que je sois un ami de Didier Varin, je lui réponds que Didier a roulé sur ce vélo. Notre groupe est à présent constitué de 6 unités et nous descendons sur Londinières, je suis un peu plus prudent dans les descentes avec la nuit qui s’est installée, mon éclairage est efficace mais la portée limitée malgré tout invite à freiner un peu si bien que je suis le groupe. Je continue de guider les autres, fort de ma connaissance du parcours nous n’hésitons pas sur les directions à prendre. La montée de Londinières était celle que j’appréhendais le plus à raison d’ailleurs car je ressens un peu plus précisément la pente que dans les autres bosses. Je pédale toujours de front avec le jeune randonneur sur cycle Gilles Berthoud (magnifique randonneuse verte très bien équipée avec moyeu dynamo également), les 4 autres prennent un peu d’avance et bien que pouvant me lâcher et les recoller, le cyclo reste à mes cotés. Sur le final de la bosse nous faisons un effort pour les reprendre sans trop de difficultés, je suis heureux de cette montée et d’être toujours accompagné alors que la nuit est à présent bien tombée. J’annonce à l’avance les directions à prendre, difficile d’avoir des doutes nous allons descendre sur ma commune. Un salut en traversant la commune aux habitants encore réveillés (je ne sais si certains auront fait le lien avec le cyclo du coin que je suis qu’ils croisent parfois sur son drôle de vélo), direction la prochaine bosse vers Guerville en passant par la forêt, nous nous retrouvons à deux avec mon jeune randonneur, l’occasion d’amorcer la conversation. Je le questionne sur sa participation de 2007, il semble que le fait de savoir ce qui l’attend l’inquiète d’avantage que pour sa première participation , il a fini l’édition 2007 en moins de 89 heures en ayant rouler avec des cyclos plus expérimentés et sans trop souffrir à priori. Nous sommes repris par les autres en pleine forêt, il semble qu’ils se soient arrêtés dans mon village sans doute ont-ils quelques doutes sur les directions à prendre, je finis de les rassurer en leur indiquant ma connaissance de ces routes qui seraient mes routes d’entraînement si l’on pouvait dire que je suis entrainé. Je mets en garde sur la prochaine descente pas très propre et sur les travaux en cours dans la prochaine traversée de commune. La dernière bosse avant le répit se profile et je dois dire que je la connais bien : Gamaches mainte fois empruntée, elle était au programme de la boucle de 30 kilomètres le mercredi soir pendant des années. Jamais encore empruntée sur le VC, je suis un peu à la rue et je m’accroche à distance pour ne pas me retrouver seul juste avant la partie plane qui devrait durer un bon moment. Je suis en retrait mais je garde le contact, je me motive du mieux possible pour ne pas lever le pied et je les retrouve un peu plus loin, l’un deux ayant perdu un accessoire.

Tout va bien, la partie délicate a été bien négociée et je peux à présent dérouler tranquillement dans les roues, avec une telle confiance acquise cela devrait être dur de me décrocher pendant un moment. Pour fêter cela mon porte bagage commence à applaudir la situation, il claque et claque de plus belle, je trouve cela désagréable et déplore d’imposer un tel vacarme à mes compagnons dans la tiédeur de la nuit qui s’est installée. Puis ma roue pour elle aussi fêter cela se met à danser la lambada mais sans la musique, elle chaloupe de droite à gauche puis me dirige sans hésiter vers le talus : pas de doute crevaison, le porte bagage ne claquait pas il me signalait juste cet état de fait. Déjà à l’arrière et en retrait, je signale ma crevaison et 2 des 4 cyclos viennent pour m’aider. Ce sont les deux anciens qui décident de me prêter main forte, je suis-je dois dire assez heureux de ne pas me retrouver seul dans cette situation. Il convient de prendre la bonne chambre pour la bonne roue et de réparer assez vite pour ne pas pénaliser tout le monde. Vérification du pneu et de la jante à la lumière de la frontale, la roue est remise en place et le pneu regonflé avec la petite pompe télescopique, impossible de faire tourner le plateau pour repartir, la roue est coincée, la chambre est sortie sur un coté de la jante et je dois recommencer. Je m’en excuse auprès de mes assistants et les remercie de leur bienveillance à mon égard, nous repartons à trois à la poursuite des trois autres. Si j’avais été seul et sans moral, j’aurais pu me laisser tenté par la maison de mes parents j’étais alors à moins de 5 bornes. Il n’en est rien et la confiance est toujours là, nous sommes en direction de St Valéry Sur Somme lieu du premier pointage. Une légère brume nous entoure mais rien qui n’empêche le plus rapide des deux d’ouvrir la route sans difficultés, je suis avec prudence et me méfie des quelques descentes, nous traversons Ribeauville et mes compagnons font quelques allusions au vin d’Alsace. Direction St Valéry, faute de commerce ouvert nous cherchons une boîte aux lettres pour valider le passage, puis nous arrivons devant un restaurant auprès duquel les 3 autres cyclos ont déjà effectués leur pointage. Café pour certains et pause salutaire, je mange mon premier sandwich et profite des toilettes de l’établissement pour procéder à une vidange avant la nuit et ôter la crasse accumulée sur les mains suite à ma crevaison. Déjà plus de 80 kilomètres d’effectués sans trop de soucis et avec un bon groupe qui semble décidé à rester ensemble, peu avant notre départ nous sommes rejoints par les deux cyclos d’Auffay avec lesquels j’avais presque terminé le 200. Ils sont habitués à rouler tous les deux et maitrisent très bien leur sujet.

Direction la prochaine Etaples par la route côtière roulante et plane ou la seule difficulté est de prendre les bonnes directions : Noyelles sur Mer, Le Crotoy, Rue, Quend (petite erreur pour certains qui au-delà des directions vont jusqu’à traverser les communes indiquées et s’écartent de la route tracée…), Conchil le Temples et Etaples. Le pointage raté auprès d’un hôtel sans cachet sera compensé par une carte postale glissée par les uns et les autres dans une boite aux lettres (je me rend compte que nous aurions pu faire un seul envoi pour 6 mais pas un seul n’y a pensé…pour ma part il s’agissait de mon premier pointage de la sorte mais je suis jeune en terme d’expérience de BRM), nouvelle restauration pour tout le monde voir micro sieste pour le plus jeune (les plus expérimentés ne sont pas forcément ceux que l’on croit !).130 kilomètres à présent de parcourus et la forme est toujours là, à noter qu’au cours de ces 50 kilomètres le rythme des plus anciens semblait indiqué une certaine envie de partir plus vite mais que le groupe est resté ainsi malgré tout. Nous remontions plein nord depuis le début, premier changement de direction et cap à l’est. Le prochain pointage est prévu dans 100 bornes à Arras en début de matinée au rythme ou cela roule, c’était sans compter les multiples hésitations dues aux soucis d’orientation que nous rencontrons entre Montreuil et Hesdin nous cherchons notre voie si bien que nous nous retrouvons sur des passages en 2 x 2 voies interdites aux cyclos. Il fait nuit et nous ne roulons pas ou nous devrions à la recherche de la bonne route. Nous quittons cet axe inapproprié pour essayer de retrouver la route prévue. Direction Campagne les Hesdin pour retrouver la route d’Hesdin, si j’avais été seul j’aurais fait une photo eu égard aux nombres de blagues entendues à propos de cette ville dont je suis sensé être originaire puisque je m’appelle Dehesdin. A nouveau sur le bon axe nous fixons le prochain objectif sur Arras, les 2 cyclos roulant ensemble souhaitent faire une pause avec le matin qui arrive tandis que les anciens poursuivent, j’en profite pour à nouveau manger un bout, les sacoches sont remplies et il faut bien les vider un peu. Micro-sieste et restauration, les cyclos sont peu loquaces bien que le jour se lève il convient de réveiller encore les esprits. Nous repartons toujours à 4 et un peu plus loin nous faisons une nouvelle pause dans un petit café pour prendre chacun un grand café pour finir de nous réveiller, je dois dire que je me serais bien passer de celle-ci et j’ai hésité à partir devant d’autant que depuis un moment les légères montées sont un peu plus pénibles pour moi et bien que je les autorise à me laisser mes compagnons ne semblent pas encore disposer à le faire, l’état d’esprit est vraiment bon dans ce groupe. Je leur dis de le faire après Arras ou nous prévoyons le petit-déj, un peu tardif d’ailleurs car il sera prés de 10 h. Depuis Arras le cap change à nouveau, sud/ouest et vent de face, nous somme au kilomètre 245 et celui-ci ne nous quittera plus jusqu’au retour. Avant la pause et alors que je stoppe à un feu en retrait de mes compagnons, mon pneu avant perce d’un seul coup et en 3 secondes je suis à plat. Petite réparation, 2 crevaisons en une seule sortie je peste un peu mais tout va encore bien, si je devais crever encore ce sera rustine et colle car je n’ai plus de chambre neuve, mais bon le hasard fait bien les choses puisque j’ai crevé roue avant et roue arrière. Passage à la boulangerie et pointage en même temps, un croissant et un pain au chocolat, plus un coca. J’engloutis le tout dans le café que nous choisissons pour la pause et j’en profite pour faire le plein de la poche à eau aux toilettes. Les branches des arbres qui s’agitent sur la place toute proche ne présagent rien de bon sur la météo du retour, vent c’est certain voir pluie à la couleur du temps.

Arras km 245, direction Amiens dont nous peinons à trouver la bonne route, nous nous engageons sur la D265 qui est bien trop roulante et dangereuse pour être la bonne direction, nous croisons les 2 anciens en sens inverse dans Arras qui semblent-ils peinent eux aussi à trouver la route, nous ironisons sur le sens de l’orientation mais nous se sommes guère meilleur, j’ai assuré la partie que je connaissais, certains semblaient connaitre celle-ci mais il n’en était rien et j’ai commis l’erreur de suivre bêtement. Il faut maintenant quitter cet axe pour tenter de retrouver la bonne trace, nous errons d’improbables villages en improbables villages, nous multiplions les pauses et les errances et je commence à être un peu à la dérive de mes compagnons. Le vent m’épuise, je ne perçois pas l’avantage de la position allongée et je dois dire que je suis à la traîne, chaque bosse les fait me distancer et chaque interrogation sur la direction me permet de les reprendre. Nous sommes sur la trace inverse d’un brevet cyclo et nous croisons de nombreux groupes qui filent vent dans le dos, frais et réveillés eux. Nous prenons une nouvelle pause vers 280 kilomètres de parcourus, la pause du midi a peu de chose prés, un talus prés d’un champ de blé mes compagnons sont déjà installés en cours de restauration, une bosse leur ayant accordé de l’avance, je mange puis me couche, le vent pousse le blé dans mon dos, l’instant est paisible et intemporel, je pourrais m’endormir je crois sans difficultés, c’est le jeune randonneur qui nous sort de notre torpeur et donne le signal. Ce seront les derniers instants partagés avec mes compagnons, nous rejoignons la D11 pour Amiens (ce n’est pas l’itinéraire prévu mais nous n’avons pu faire mieux, et nous n’y gagnons à coup sur aucun raccourci…) la bosse suivante assez raide bien que courte finit de me laisser seul sur la route. Il doit me rester prés de 25 kilomètres pour arriver à Amiens, j’avais évoqué la possibilité avec Wil et Math de faire un bout de route avec eux le matin, heureusement que nous n’avions rien planifiés car je vais passer plus tard que prévu à Amiens. C’est d’ailleurs Wil qui tente de me joindre en premier et vient aux nouvelles de savoir si je suis déjà passé sur Amiens, voir si je suis déjà rentré ! Sur la base de ses calculs, je pourrais après on va dire 15 heures de route être rentré (soit au bas mot 27 de moyenne non stop et en s’accordant ne serait ce qu’une heure de répit 28,5 de moyenne roulée….je veux bien être gentil mon Wil mais même en grande forme je te mets au défi d’une telle performance !!!!) Je l’appel pour l’informer de mon retard et lui dis que dés que je suis arrivé à Amiens je le préviens. Longue ligne droite et tôle ondulée pour rejoindre Amiens tant bien que mal, j’arrive par les quartiers Nord et j’essaye de joindre Wil sans succès cette fois ci. J’aurais aimé une bouteille d’eau pour faire le plein de la poche et ses conseils pour rejoindre la route de Conty….je me lance dans Amiens et c’est le début de la galère, quartier St Leu je suis paumé à coup sur et personne ne sait quelle route m’indiquer…je visualise le plan tracé sur Openrunner mais n’étant pas arrivé du bon coté je m’embrouille….je fais un contrôle sous un arrêt de bus pour me guider…je repars vers le parc de la Hotoie puis vers le Stade de la Licorne….je galère, 2 pêcheurs du cru m’indique le moyen de rejoindre Pont de Metz ou je devrais pouvoir trouver la route pour Conty…j’erre à présent dans Pont de Metz pas très loin de chez Wil mais pas sur de ou je me trouve. Miracle Wil a écouté ses messages et alors qu’il pense que j’ai quitté Amiens depuis un moment, je peux passer chez lui pour une pause salvatrice. J’ai droit à un accueil de champion par Wil et Axel, tandis que je prends un coca en terrasse, Marie donne le biberon à Camille et Wil me fait la pression des pneus qui en ont un grand besoin. Je pourrais rester là des heures mais il faut repartir, depuis un moment avec le coup de fatigue j’envisage de demander à Wil de me charger le vélo en voiture et de me déposer à Auffay ou à la maison. Je ne lui demanderais pas et bien que lui voyant mon état y ait pensé, il ne me le proposera pas : je lui en suis reconnaissant car si j’avais accepté (à coup sur je l’aurais fait) je l’aurais regretté très vite, alors que le souvenir de cette pause est une plus belle image qu’un possible abandon même compréhensible….j’ai laissé plus d’une heure et demi dans la traversée d’Amiens…il doit être 16h30 quand je quitte Wil.

J’ai le droit pour repartir à un vrai GPS (Guidé Par Sueur) qui m’accompagne en VTT et me dépose enfin sur la bonne route au pied de la Côte de Vers (pour Vers sur Selle), le moral est de retour pour un petit moment, je crois alors qu’il me reste moins de 100 bornes mais en fait ce n’est qu’à Conty qu’il me restera ce compte rond…je pointe par carte postale et je ne m’attarde pas car rien ne m’empêche alors d’être encore dans les délais. J’ai faim et je me ravitaille en roulant, j’essaye les minis saucissons secs (idée piochée sur le forum des rubans blancs) cela passe plutôt bien. La pause m’a fait du bien mais pas au point d’avoir la super forme, le vent est toujours là et il faut faire l’effort, pour autant je traverse un moment de grande sérénité, malgré la difficulté je pédale en décontraction et le moral est bon… Après Conty le prochain repère est Poix de Picardie, je galère un tout petit peu pour trouver la direction mais je suis encore lucide pour prendre les bonnes décisions. Peu après il doit être 18h30 lorsque j’appel le club d’Auffay pour les prévenir que je serais en retard sur l’horaire prévu la veille et je prévois un retour alors plutôt vers 23h00 compte tenu du rythme d’escargot qui me caractérise depuis un moment…je suis dans le dernier tronçon du parcours puisque tous les pointages intermédiaires sont validés, le vent ne me lâche pas et la perspective d’une nouvelle nuit se profile. Je me traîne 12 à 15 km/h et des pointes à 20 km/h, je calcule et recalcule mon horaire prévisible d’arrivée cela passe toujours mais faudra prendre la voiture derrière et rouler ¾ d’heure avant de pouvoir rentrer….je cogite et retourne la situation dans tous les sens….j’ai soif, une pause cimetière pour faire le plein et miracle est-ce de l’eau bénite…hier soir dans les sacoches j’ai glissé le GPS de la voiture pour ne pas renouveler les hésitations du 200 bornes….et merde j’ai la solution à ma galère depuis hier soir dans les sacoches et je l’avais zappé… la trace me confirme la route sur laquelle je me trouve et me donne des délais de route en mode cyclo sans rapports avec ma vitesse de progression actuelle….Direction Gaillefontaine, il va être 21h quand je décide de couper au plus court pour rejoindre Auffay (- 5 km selon le GPS par rapport à la feuille de route), j’assumerais la décision quitte à ne pas valider ce brevet mais j’aurais plus de 400 bornes sans aucun doute. 21h30 appel de ma chérie « est il possible de rentrer direct à la maison sans aller à Auffay, pour faire plus court et rentrer plus tôt ? » elle me sent en galère et perçoit déjà un retour tardif avec le trajet voiture en plus…interrogation du GPS et chemin restant quasi identique mais au bout le lit et la maison….c’est foutu l’idée à déjà fait son chemin….je rentre 21h35 j’appel l’organisation et signal mon abandon alors que le délai pouvait encore passer (bien que je me traine vraiment) la perspective du retour me donne un peu de jambes.

La décision prise n’est pas la plus logique mais faut assumer, il va me falloir 3 heures pour boucler les 45 bornes restantes et les 300 mètres de D+ de cette fin de parcours, le retour par Auffay un poil plus long présentait prés de moitié moins de D+ et pas de vrai longue bosse pénalisante pour la moyenne générale (je le sais maintenant après coup et après étude des 2 parcours…)

22h00 : Neufchâtel je rassure Wil et l’informe de ma décision sur son répondeur, il me reste 30 bornes à faire et 2 vraies bosses à passer, je monte Neufchâtel avec la nuit qui s’installe, je n’ai à présent plus de notions de temps, de pente, de distances….le compteur n’enregistre plus rien depuis un moment donc impossible de savoir à quelle allure cela montait, je suis anesthésié par la fatigue, la bosse n’en finit pas et pourtant le temps passe vite, je suis cramé mais je ne souffre pas….c’est indescriptible je crois….

La descente qui suit est du même ordre, j’ai froid et je chante des conneries sans nom pour me tenir éveillé, je frissonne, j’écarquille les yeux et je récite à voix haute les communes à venir comme un décompte pour me rassurer, je crois être fatigué mais je ne suis pas encore au bout…

23h00 : Londinières, appel à la maison encore une bosse à monter, le compteur ne marche pas donc impossible de comparer la dérive de ces instants avec l’euphorie de la même montée 25 heures plus tôt….je monte tant bien que mal et je dois dire que cela pourrait être pire….la fatigue m’envahit, après celle là une commune une belle descente et je suis rentré…un cyclo en vélo droit pédale à mes cotés…je délire il n’y a personne, j’ai des sortes d’images résiduelles de ma journée qui s’affichent….je n’ai jamais été aussi cramé sur mon vélo….je suis en haut, je me suis vautré une fois dans le fossé mais je suis reparti aussitôt.

Descente sur Grandcourt depuis Fresnoy-Folny, une éternité de difficultés, impossible de lâcher les freins tant je ne suis pas sur de moi, c’est pire que de monter en fait, je suis au-delà de la fatigue, cette descente n’en finit pas, ce n’est pas une délivrance c’est un calvaire…je suis frigorifié, je n’en peux plus et pourtant si puisque je continue…..le cyclo est revenu….il roule à ma gauche….enfin de la lumière, mes voisins sortent de la salle communale et accompagne mon retour….00h00 je suis chez moi, douche et dodo demain debout 7h00.

Bilan après 15 jours :


Cette sortie aura été source de beaucoup d’enseignements tous très utiles pour ma particpation a Paris-brest-Paris que je sais déjà ne pas pouvoir mener à bien cette année faute non pas de capacité mais plutôt de disponibilité suffisante à consacrer à ce projet.

Du point de vue matériel le baron roule bien sur de telles distances, il aurait encore besoin à mon sens d’un appui tête, car j’ai ressenti une vrai gène sur la fin de ce parcours, j’aimerais aussi voir ce que donne un guidon en U pour de telles sorties, il me faudrait à coup sur m’équiper d’un GPS pour pouvoir rouler seul en fait. Je ne me suis trop laissé « endormir » par le confort de rouler en groupe au point d’oublier que j’avais un GPS dans les sacoches, je n’ai pas fait les pauses quand je l’aurais choisi et j’en ai trop fait à mon gout. Une autre satisfaction est celle d’avoir monté ma propre roue avant dynamo dans les délais et d’avoir pu rouler sur ces 420 bornes sans pépin.

Niveau physique je suis sans doute juste cette année même si en fait la confiance arrivait avec les longues sorties, je n’ai pas connu de douleur sur ces 400 bornes, alors que sur le 300 oui. Le parcours pas très exigeant en fait à été rendu beaucoup plus dur du fait du vent de face de retour. Le 600 dans les mêmes conditions n’aurait pas été gérable dans le même état de forme avec une nouvelle nuit sans sommeil. Je dois acquérir du rythme pour augmenter la moyenne roulée et me permettre d’avoir plus de marge pour les pauses. Pour autant je reste persuadé que l’effet groupe sur PBP aurait été un gros avantage et que l’expérience aurait pu être sympa même dés cette année.

En fait c’est le moral qu’il faut bosser, ce 400 passe dans les délais et je suis sur que le jour du 600 prévu le 18 juin je vais voir en moi et autour de moi des tas de signes qui me laisseront entendre qu’il était faisable. Je dois apprendre à rouler seul sur la route mais aussi à créer le contexte favorable à la réussite, il faut une place pour tout et tout le monde : vie pro, vie perso et vie cyclo….difficile de trouver la balance équitable…je dois éviter les tentations de laisser tomber…

Je ne serais pas le pratiquant avec le moins de bornes sur son VC au départ du PBP 2011…j’ai 4 ans pour améliorer le coup de pédale…bonne route à tous ceux qui s’élanceront en août !
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MessageSujet: Re: BRM 400 d'Auffay 21/22 mai (76)   Lun 06 Juin 2011, 17:04

Il faut reconnaitre ton courage et ton objectivité ; et, en effet, une année PBP demande beaucoup de temps pour pédaler ; parfois les choix sont délicats... il te reste un peu plus de 4 ans pour le prochain, tu devrais avoir la patate ;-)
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MessageSujet: Re: BRM 400 d'Auffay 21/22 mai (76)   Lun 06 Juin 2011, 17:26

A toi le Heron.
Au vu de ton récit détaillé on ne peut que te féliciter pour ta lucidité à analyser et accepter ce fâcheux contretemps à la participation du prochain PBP.
Cette expérience te permettra d'être plus fort à la prochaine tentative. Bon courage
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MessageSujet: Re: BRM 400 d'Auffay 21/22 mai (76)   Lun 06 Juin 2011, 17:53

Je confirme que l'appui-tête et un guidon U-bar sont un plus dans les longues distances. ils me permettent de rouler en positioçn plus allongé et avec moins de fatigue.
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MessageSujet: Re: BRM 400 d'Auffay 21/22 mai (76)   Lun 06 Juin 2011, 19:46

Merci beaucoup pour vos témoignages de sympathie, la semaine passée fut assez amére mais je suis satisfait du parcours jusque là même si plus de dispo me permettrait de rectifier le tir de cet "échec" (même si dans ma tête il a déjà changé de catégorie pour passer dans celle des expériences...)
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MessageSujet: Re: BRM 400 d'Auffay 21/22 mai (76)   Lun 06 Juin 2011, 21:34

"le confort de rouler en groupe "

j'ai terminé la série des brm pour la 7ème fois

La première je suis resté avec le groupe, et j'en ai tiré immédiatement qu'à moins d'être costaud, ce qui n'est pas mon cas, le groupe contraignait en fatigue (le rythme n'est jamais totalement ajusté pour le plus faible) et en comportement imposé, sans compter les contraintes qu'on s'impose en essayant de ne pas perturber l'homogénéïté du groupe (j'attends pour pipi, je mène ma part bien que je n'en soit pas capable, je force pour suivre dans les montées, j'ai sommeil mais je ne m'arrête pas pour me refaire, ...).

Je ne suis pas un fana de la préparation, pour la convivialité les clubs sont là toute l'année, et le but premier étant de finir les BRM avant l'heure limite, les 6 séries suivantes je les ai faites seul sans pour autant rester occasionnellement avec les autres à l'occasion de retrouvailles au hasard de la randonnée.

Ce week-end sur le 600 nous avons eu droit successivement à la canicule, à l'orage, et au vent de face sur les 300 du retour. Je ne me suis retrouvé que 4 fois en compagnie du groupe des VD, mais il ne m'est jamais venu à l'idée que je ne finirais pas mon dernier 600 (je serai atteint par la limite d'âge en 2015).

Savoir et accepter de se retrouver à rouler seul est à mon avis un plus pour les LD et pbp.


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MessageSujet: Re: BRM 400 d'Auffay 21/22 mai (76)   

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BRM 400 d'Auffay 21/22 mai (76)
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